Services supralocaux à Shawinigan: une rencontre mardi

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Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les représentants des neuf municipalités qui ceinturent Shawinigan sont invités à une rencontre cet après-midi, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, afin de partager leurs observations au sujet des compensations demandées pour l'utilisation des services supralocaux offerts par la ville centre.

L'initiative vient du maire de Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus, qui souhaitait provoquer les choses à la suite de la décision des élus de Shawinigan de demander une médiation à la Commission municipale du Québec, le 15 décembre en assemblée publique. Il s'agira d'une première rencontre formelle depuis que les élus concernés ont pris connaissance de la fameuse étude de Raymond Chabot Grant Thornton, le 20 octobre dernier.

Rappelons que selon ce document, il existerait un écart de 476 004 $ entre les tarifs payés par les citoyens des neuf municipalités visés lorsqu'ils utilisent des équipements récréatifs et culturels à Shawinigan et le coût réel de ces services. Ce montant est ramené à 456 316 $ lorsqu'on applique le tarif horaire régulier des arénas au Centre Gervais auto, une hypothèse à laquelle souscrit la Ville.

Le conseil municipal de Shawinigan recherche ainsi à obtenir un montant de 539 180 $ de ses partenaires, ce qui permettrait aux citoyens des municipalités visées de bénéficier des mêmes tarifs que ses résidents. La Ville souhaite en venir à une entente avec Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Saint-Boniface, Saint-Étienne-des-Grès, Saint-Élie-de-Caxton, Saint-Mathieu-du-Parc, Grandes-Piles, Saint-Paulin, Hérouxville et Saint-Tite.

Tous les maires ont condamné le montant qui leur est réclamé. Les sommes annuelles varient de 6875 $ pour Grandes-Piles à 256 619 $ pour Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Avant d'aller plus loin, les maires impliqués dans cette négociation ont donc convenu de se rencontrer.

«Pour moi, avec la Commission municipale, on saute une étape», déplore M. McManus. «On aurait pu se parler autrement. Là, on entre dans une démarche légale. Il y aura la médiation, mais aussi une autre facette, si ça ne fonctionne pas. Il y aura un rapport, une recommandation au ministre et on pourrait imposer une décision.»

Le maire de Saint-Mathieu-du-Parc préférait la main tendue du député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, proposée le 10 décembre. Une démarche moins contraignante qui aurait pu donner des résultats intéressants, mais qui a été court-circuitée par le conseil municipal de Shawinigan.

«Ils ont adopté leur résolution le 15 décembre et le 18, nous recevions une lettre de la Commission municipale du Québec qui nous demandait qu'on adopte une résolution (pour confirmer l'intérêt de la municipalité)», précise M. McManus. «Si c'était toujours aussi rapide au gouvernement, ça irait bien!»

Orientation

Jusqu'ici, certains maires se parlaient entre eux, mais aucune rencontre coordonnée n'avait été organisée sur ce sujet délicat. M. McManus a donc tâté le terrain et sa démarche a mené à l'organisation de la réunion de cet après-midi.

«Je me disais que ce n'était pas normal qu'on ne se rencontre pas», commente-t-il. «Il faut que chacun donne son point de vue et indique l'orientation qu'il compte donner au dossier, voir si une action commune doit être faite. On n'a pas tous les mêmes choses à perdre ou à gagner.»

Par exemple, M. McManus convient que Saint-Mathieu-du-Parc est étroitement liée à Shawinigan.

«On vit avec eux, en réalité», fait-il remarquer. «Pour nous, aller à Trois-Rivières, c'est une exception. C'est pour ça que je déplore la tournure de ce dossier. Je ne vois pas beaucoup de collaboration, mais beaucoup plus un fossé qui se creuse entre Shawinigan et ses municipalités limitrophes.»

À Notre-Dame-du-Mont-Carmel, le maire, Luc Dostaler, a déjà mentionné que les sommes réclamées incitaient le conseil municipal à vérifier les opportunités du côté de Trois-Rivières. Il n'a même pas exclu la possibilité de construire un aréna.

M. Dostaler participera évidemment à l'importante rencontre d'aujourd'hui.

«L'important est d'entendre des opinions de tout le monde», corrobore-t-il. «Depuis la demande de la Ville de Shawinigan, il n'y a pas eu de rencontre officielle entre les maires. On veut savoir si tout le monde fait la même lecture avant d'entamer les négociations pour arriver à quelque chose.»

En séance publique le 15 décembre, la Ville avait également annoncé la suspension des nouveaux tarifs à ses activités pour les non-résidents, jusqu'au 1er juin.

Charette avait rapidement annoncé ses couleurs

Lorsque Michel Angers avait manifesté son intention de solliciter les municipalités environnantes pour l'utilisation des services supralocaux, en janvier 2015, le conseil municipal de Charette avait réagi promptement. Dès le mois suivant, en séance régulière, les élus avaient adopté une résolution unanime pour prévenir qu'ils ne participeraient pas à cette démarche.

L'absence de Charette dans les municipalités ciblées a suscité une certaine confusion lors de l'assemblée publique régulière du conseil municipal de Shawinigan, le 15 décembre. François St-Onge, directeur des communications à la Ville, mentionne que si cette municipalité ne se retrouve pas dans l'étude de Raymond Chabot Grant Thornton, c'est sans doute parce que le nombre d'inscriptions de citoyens provenant de cet endroit aux activités de Shawinigan ne justifie pas une offre de partenariat.

M. Angers avait annoncé son plan devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan, le 21 janvier 2015. Certains maires des municipalités environnantes avaient alors réagi prudemment, préférant attendre les conclusions de l'étude. Mais à Charette, en séance régulière le 2 février suivant, les élus adoptaient une résolution pour exprimer que «nos citoyens sont des contribuables positifs nets à l'économie de Shawinigan» et que «nous ne sommes pas intéressés à conclure d'entente de transfert de fonds entre nos deux municipalités».

Le maire, Claude Boulanger, trouve normal qu'une compensation soit exigée pour les services offerts par une municipalité voisine. Des ententes existent déjà avec Saint-Boniface et Saint-Étienne-des-Grès.

«Il faut s'entendre sur un montant qui n'est pas exorbitant», prévient-il toutefois. «Ce n'est pas à tous les citoyens de payer parce qu'il y en a un qui suit un cours de musique! Ça ne finirait plus. Je suis en faveur de l'utilisateur payeur, mais la Municipalité peut apporter une aide aux parents pour qu'ils n'aient pas 100 % du montant à défrayer.»

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