La Foire en ville encore menacée

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Rendez-vous toujours très couru en juin, la Foire en ville est encore menacée en 2016, étant donné que l'Association des gens d'affaires du secteur Shawinigan-Sud met fin à ses activités.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Incapable de trouver une relève, l'Association des gens d'affaires du secteur Shawinigan-Sud vient d'entreprendre une démarche de dissolution auprès du registraire des entreprises.

La conseillère du district Almaville, Josette Allard-Gignac, tente de trouver une solution pour sauver la Foire en ville, cette mégavente de garage organisée par l'AGASSS depuis 15 ans sur la 5e Avenue.

Déjà au début 2015, le président de l'organisme, Jean-Pierre Hamel, avait dû revenir sur sa décision de quitter pour assurer la continuité de l'événement présenté en juin.

Déçu de l'intérêt manifesté par les commerçants locaux envers l'association et du manque de relève, il décide de simplement fermer les livres. «Il ne restait plus que Frédéric Lemire et moi (sur le conseil d'administration)», soupire M. Hamel. «J'arrête tout.»

La suspension de la subvention annuelle de 15 000 $ de la Ville de Shawinigan a fait mal aux associations de gens d'affaires en 2015, d'autant plus qu'elle ne revient pas en 2016. 

«Je pense que j'ai fait ma part», mentionne M. Hamel. «Cette année, sans subvention, j'en ai fait, des coupes et des efforts pour trouver des bénévoles. Nous avons eu deux belles journées à la Foire en ville et j'étais content. Les commerçants de Shawinigan-Sud aiment bien cet événement, mais il faudrait qu'ils s'impliquent un peu plus.»

Le président sortant comprend que les gens d'affaires aient d'autres chats à fouetter, ces années-ci, dans un contexte économique difficile. Les locaux à louer s'additionnent un peu partout à travers la ville, constate-t-il.

«Les commerçants n'ont plus d'argent. Il y a 309 places d'affaires à Shawinigan-Sud et j'ai ramassé 38 membres l'an dernier. Nous avons une dizaine de restaurants sur la 5e Avenue, pleins à craquer pendant la Foire en ville, mais seulement deux d'entre eux s'impliquent en me donnant un coup de main.»

Mobilisation

La conseillère du secteur Almaville, Josette Allard-Gignac, déplore évidemment la disparition de l'AGASSS. Pour le moment, sa priorité consiste à trouver un organisme pour assurer une continuité à la Foire en ville. Un groupe s'est déjà manifesté et il reste à voir si une entente pourra se matérialiser.

Pour le reste, elle souhaite que les commerçants s'organisent dans une structure pour être représentés.

«Sans regroupement, comment peut-on revitaliser un secteur?», questionne-t-elle. «Ça passe par l'implication des commerçants en place. Sans association, ce sera l'affaire de tous et de personne à la fois. Je trouve important que des gens se mobilisent pour que ce soit actif. Parfois, ça prend des actions comme ça pour réaliser qu'il se passe quelque chose. Sans ça, on a toujours espoir que quelqu'un va continuer.»

«Je comprends très bien que les commerçants mettent beaucoup d'heures dans leurs commerces», ajoute Mme Allard-Gignac. «Mais s'il n'y a pas cette mobilisation dans un secteur, tout le monde sera touché. Peut-être que ça ne changera rien à court terme, mais à long terme, ça peut avoir une incidence.»

La conseillère comprend la déception à la suite du retrait des subventions aux associations de gens d'affaires, mais du même souffle, elle fait remarquer que cette aide n'a pas toujours existé.

«Auparavant, il n'y avait pas ces montants et les associations étaient plus actives qu'aujourd'hui», pointe-t-elle. «Est-ce que ces montants font foi de tout? Je n'en suis pas certaine. Il faut que les commerçants se prennent en main, payent leur cotisation pour que leur association soit en santé financière.»

Avant M. Hamel, Sylvie Picard et André Deschesnes avaient rencontré les mêmes problèmes quand ils avaient voulu passer le flambeau, à l'AGASSS. Un défi récurrent qui force à se questionner sur la structure, réfléchit la conseillère.

«Les gens d'affaires se demandent toujours s'ils sont gagnants de payer un membership», détecte-t-elle. «Faut-il avoir une prise de conscience sur ce qu'il faut faire? Je vais plus loin: doit-on avoir une seule association pour toute la ville ou continuer à avoir trois associations? Ça prend un questionnement.»

La Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan pourrait-elle remplir ce rôle de force mobilisatrice pour les commerçants? «Je n'ai pas la réponse; je pense que ce sont les gens d'affaires qui l'ont», termine Mme Allard-Gignac.

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