Services supralocaux: pas question de reculer, assure Angers

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne compte... (Stéphane Lessard)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne compte pas lâcher le morceau dans sa recherche de partenariat pour les services supralocaux.

Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Ce n'est finalement pas 476 000 $, mais plutôt près de 520 000 $ que la Ville de Shawinigan souhaite obtenir des neuf municipalités ciblées dans l'étude de Raymond Chabot Grant Thornton sur les dépenses engendrées par l'utilisation des services supralocaux par les gens de l'extérieur.

En retour par contre, les citoyens de ces communautés paieraient les mêmes tarifs que les Shawiniganais pour s'inscrire au hockey mineur ou à une activité au Centre des arts.

Cette importante nuance a été apportée mercredi après-midi par le maire, Michel Angers. Il avait convoqué les médias à l'hôtel de ville pour faire le point sur la réaction de ses homologues sollicités par cette offre de partenariat, pas très populaire jusqu'à maintenant. En fait, seul André Léveillé, à Saint-Tite, a exprimé une ouverture pour négocier jusqu'ici.

M. Angers ne comprend pas cette réserve. Il cite les exemples de Drummondville, Victoriaville, Sorel-Tracy, Mont-Joli et même en Haute-Mauricie pour démontrer que Shawinigan ne réinvente pas la roue.

«Lac-Édouard, une petite municipalité de 165 habitants à l'année, paye 193 000 $ à la Ville de

La Tuque», cite-t-il. «La Bostonnais, avec 800 citoyens, paie un peu plus de 194 000 $ à la Ville de La Tuque pour ses services supralocaux, incluant la bibliothèque, le centre de ski, le Colisée, le centre culturel Félix-Leclerc.»

«Tous les maires présents le 20 octobre dernier (lors de la présentation de l'étude de RCGT) comprenaient parfaitement le bien-fondé de la démarche de Shawinigan», ajoute M. Angers. «Mais ils ne voulaient pas payer. Pire, ils ne voulaient pas discuter.»

La Ville a déjà imprimé sa programmation du service des loisirs pour l'hiver et le printemps 2016. Sans entente, les non-résidents devraient payer des frais excessivement élevés pour leurs activités préférées. Par exemple, rappelons les cas du hockey mineur (1698 $), du patinage artistique (2938 $), des cours d'aqua-forme pour les 40 ans et plus (jusqu'à 1542 $), de la formation pour devenir sauveteur national (1028 $) ou du badminton (363 $).

Le maire répète qu'il ne voit pas pourquoi il demanderait à ses contribuables d'éponger ces coûts. Il ne souhaite pas davantage égorger les visiteurs, d'où l'importance, selon lui, de s'entendre avec les municipalités avoisinantes dans le cadre d'une franche négociation.

«J'ai la couenne dure», assure M. Angers. «Je peux vous assurer qu'on va tenir la ligne. Ça va se faire. À moyen ou à long terme, mais ça va se faire.» «Ceux qui pensent qu'on va fléchir, qu'on va plier, qu'on va battre de l'aile ou reculer, ils se trompent royalement.»

Éliminer la surtarification

Rappelons que l'étude réalisée plus tôt cette année par RCGT évalue à 476 004 $ la différence entre la valeur des services dispensés par la Ville de Shawinigan aux citoyens des neuf municipalités visées et les tarifs réclamés à ces utilisateurs jusqu'ici. 

Or, la démarche en cours ne vise pas simplement à équilibrer les comptes en demandant aux neuf municipalités de faire un chèque à Shawinigan tout en maintenant les tarifs actuels. M. Angers souhaite que ses homologues acceptent de payer la valeur totale des services rendus. Ainsi, les citoyens des municipalités voisines paieraient les mêmes tarifs que les contribuables de Shawinigan et bénéficieraient des mêmes gratuités, comme au patinage libre, par exemple.

Par contre, ce scénario implique une facture un peu plus salée. RCGT l'estimait à un peu plus de 539 000 $, mais elle a rajusté la contribution de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, la faisant passer de 276 307 $ à 256 619 $. La firme a simplement suggéré d'appliquer le même coût horaire pour l'utilisation du Centre Gervais auto que les autres arénas, une proposition que supporte M. Angers. 

La contribution recherchée des neuf municipalités s'établit ainsi à 519 492 $.

En fait, le coût total pour les services de loisirs et de culture à Shawinigan s'établit à 13,5 millions $. Sur cette somme, 12 millions $ sont investis pour les besoins des contribuables locaux et un montant de 952 118 $ doit être payé pour les utilisateurs des municipalités autres que celles qui ont été ciblées. Ce qui fait dire à M. Angers que même si Shawinigan percevait tous les montants réclamés dans le cadre de cette recherche de partenariat, elle paierait toujours 96 % de la facture.

Tout le monde y goûte!

Bien que l'étude de Raymond Chabot Grant Thornton cible neuf communautés autour de Shawinigan, les citoyens de n'importe où en Mauricie sont touchés par les nouveaux tarifs imposés aux résidents de l'extérieur. Les négociations pourraient donc s'étendre à plusieurs autres municipalités.

Ainsi, une personne de Saint-Narcisse ou de Trois-Rivières, dans les conditions actuelles, est assurée de payer le gros prix dès 2016 si elle pratique une activité à Shawinigan puisque ces municipalités ne font même pas partie des discussions en cours. Le tarif pour les non-résidents s'applique pour tous ceux qui habitent à l'extérieur de Shawinigan et on sait que la nouvelle programmation du service des loisirs impose des hausses assez spectaculaires.

«À Victoriaville, ils ont commencé avec un certain nombre de municipalités, puis d'autres se sont ajoutées», explique le maire, Michel Angers. «Parfois, ce ne sont pas de gros montants. Tout est dans le principe.»

Si des cas se présentent, M. Angers se dit donc tout à fait disposé à négocier une entente avec la municipalité concernée. 

«Les directeurs de loisirs vont s'asseoir ensemble et si j'ai plus de monde de chez nous qui va à Trois-Rivières, par exemple, on va payer notre juste part. Il n'y a pas de problème avec ça. Nous sommes d'accord avec le principe, que ça aille d'un bord ou de l'autre.»

D'ailleurs, M. Angers fait remarquer que Shawinigan paye un montant à Saint-Tite depuis quelques années pour des jeunes qui s'adonnent au patinage courte piste à cet endroit.

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