La charge fiscale, une préoccupation

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Beaucoup de chaises vides lundi soir pour la rencontre citoyenne sur les finances publiques de Shawinigan, à l'Auberge Gouverneur.

Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Une soixantaine de personnes avaient réservé leur lundi soir pour assister à la rencontre citoyenne sur les finances publiques organisée par la Ville de Shawinigan, à l'Auberge Gouverneur. Cette participation plutôt décevante n'a pas empêché le maire, Michel Angers, de dresser un portrait de la situation et d'aborder les défis à relever, le tout couronné par une période de questions d'une heure sur un ton très courtois.

La présentation, qui se retrouvera en ligne sur le site web de la Ville au cours des prochaines heures, survole la provenance des revenus et l'origine des dépenses, l'incontournable taux de taxation et la charge fiscale des citoyens, l'endettement et le coût d'une propriété à Shawinigan par rapport aux autres villes.

M. Angers a surtout voulu démontrer que les sources de revenus étaient très limitées dans les municipalités et que les dépenses étaient difficiles à compresser. Il a dû défendre certains choix de son administration, par exemple celui d'investir près de cinq millions de dollars pour acquérir des propriétés pour aménager un parc industriel à grand gabarit ou de choisir du pavé de béton imbriqué pour enjoliver la 5e Rue. Le maire a répété les raisons qui ont justifié ces choix, des explications qui ont visiblement satisfait les citoyens.

M. Angers n'a pas caché que la dette de Shawinigan représentait un défi important. Même si à 4099 $ par unité d'évaluation, elle se retrouve nettement sous la moyenne provinciale, sa proportion par rapport aux revenus de fonctionnement est beaucoup plus élevée qu'au Québec. À 16,2 millions $, le service de la dette représente 20 % des dépenses annuelles de la Ville.

«Ma préoccupation, ça reste la charge fiscale», mentionne M. Angers. «Nous sommes parmi les plus bas et il faut que ça reste comme ça. Si nous avons des investissements à faire, des dépenses devront payer. Je préfère investir et couper ailleurs. Pour garder la charge fiscale la plus basse possible, il faut faire des choix.»

M. Angers a présenté un tableau de l'Union des municipalités du Québec qui démontre qu'à 5,2 % par année, Shawinigan se classe sous la moyenne des cités régionales et celle du Québec en ce qui concerne le taux de croissance annuel moyen de sa rémunération globale entre 2008 et 2013. En entrevue, le maire convient qu'il s'agit d'une croissance tout de même assez considérable. Actuellement en négociation avec ses employés syndiqués, il n'a pas voulu donner d'indice sur l'augmentation anticipée de la masse salariale au cours des prochaines années.

Quant à la participation du public, M. Angers ne se formalisait pas trop du faible intérêt démontré. Notons qu'on retrouvait une douzaine de conseillers ou d'employés municipaux parmi la soixantaine de citoyens présents. «J'aurais peut-être aimé avoir 100 personnes, mais nous avons pris la peine d'enregistrer la rencontre et ce sera sur le site de la Ville», précise-t-il.

SCA en réserve

Diane Borgia, porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis, s'était évidemment déplacée pour cette présentation, mais elle n'est pas intervenue à la période de questions.

À la prochaine séance publique régulière, le 15 décembre, elle reviendra toutefois sur le sujet. «Le maire a fait un bel effort pour renseigner le public, on ne peut pas nier ça», convient Mme Borgia. «Mais il y a des données importantes qu'il faut considérer, soit la charge fiscale par rapport au salaire moyen. Ce sera notre débat en décembre.»

«Moi, quand j'habitais à Montréal ou à Laval, je ne me cassais pas la tête pour payer mon hypothèque même si je payais 2500 $ de taxes», illustre-t-elle. «Je paye encore ça aujourd'hui, mais je n'ai plus des revenus de 100 000 $! À Shawinigan, quel est le salaire moyen des nouveaux entrepreneurs? Vingt-cinq, trente mille par année? Aujourd'hui, des gens ne sont plus capables de demeurer dans leur maison parce qu'ils n'en ont pas les moyens.»

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