Une facture salée... sans droit de regard

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les citoyens de Saint-Christophe-d'Arthabaska peuvent bénéficier des services de Victoriaville sans défrayer de coûts supplémentaires grâce à une entente intervenue en 2011, qui vient d'être renouvelée pour deux ans.

Par contre, l'administration municipale se rend compte que sa contribution ne lui donne aucun droit de regard sur les rénovations aux infrastructures utilisées, en plus de laisser une désagréable impression de payer dans le vide.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a brandi cet exemple lors de son point de presse mardi, pour illustrer que la Ville était demeurée très raisonnable dans ses exigences à l'endroit des neuf municipalités avoisinantes pour partager les frais des services supralocaux.

Rappelons que Shawinigan réclame un montant total de 476 000 $, alors que Saint-Christophe-d'Arthabaska, à elle seule, verse près de 600 000$ à Victoriaville pour bénéficier des mêmes avantages que les citoyens de cette ville.

Une première entente de quatre ans est entrée en vigueur en 2012 et elle prévoyait le versement d'une somme de 507 833 $, indexée à 2,5 % par année. Il s'agit d'une grosse bouchée pour une municipalité qui possédait un budget de 2,7 millions $ à ce moment.

La communauté d'environ 3200 habitants vient de signer une nouvelle entente, de deux ans cette fois, selon laquelle Victoriaville encaissera 560 552 $ en 2016 et 574 560 $ en 2017. 

Francine Moreau, directrice générale de la municipalité de Saint-Christophe-d'Arthabaska, précise que cette quote-part permet aux citoyens de bénéficier de toutes les activités sportives et culturelles au même coût que les Victoriavillois. Les mêmes gratuités s'appliquent également.

Victoriaville avait réalisé une étude par Raymond Chabot Grant Thornton, la même firme retenue par Shawinigan, pour vérifier l'impact de l'utilisation de ses services par les communautés environnantes. Même si la facture était très salée, la démonstration a convaincu les gens de Saint-Christophe-d'Arthabaska d'adhérer au principe, conscients qu'ils utilisaient les services de la ville à profusion.

Cette décision a fait passer la taxe des loisirs de 0,085 $ à 0,25 $ par tranche de 100$ d'évaluation. En 2015, elle a été réduite à 0,22 $ par tranche de 100 $ d'évaluation. La taxe foncière de base, elle, était fixée à 0,57 $ par tranche de 100 $ d'évaluation pour l'année en cours. 

«Notre taxation n'a pas augmenté à cause de la taxe sur les loisirs», fait remarquer Mme Moreau. «Nous avons baissé la foncière générale.»

Cette nouvelle taxe a dérangé quelques citoyens, mais les familles n'ont rien trouvé à redire, raconte la directrice générale. Par contre, l'été dernier, le conseil municipal a dû se pencher sur cette entente. Victoriaville a produit une nouvelle étude qui confirmait que la facture à payer demeurait dans les mêmes eaux. 

Les élus de Saint-Christophe-d'Arthabaska auraient souhaité une nouvelle entente d'un an seulement, mais ils ont finalement convenu de se rendre jusqu'en 2017. «C'est une bonne chose pour l'accessibilité», analyse Mme Moreau. «Nous n'avons pratiquement plus de frais d'administration pour les inscriptions à des activités à Victoriaville. C'est plus facile pour tout le monde.»

«Par contre, nous n'avons pas de droit de regard sur les investissements», ajoute la fonctionnaire municipale. «C'est ça le hic. Victoriaville peut investir et elle nous impose les coûts. Nous payons au début de l'année et c'est tout. Nous n'avons aucun droit de regard sur les investissements, l'entretien. Si Victoriaville veut se doter d'un service chromé à cinq étoiles, ils le décident et nous, il faut payer!» 

Mme Moreau note également que la municipalité investit des sommes d'argent importantes sans qu'il en reste quoi que ce soit. «Nous n'avons pas beaucoup d'infrastructures», mentionne-t-elle. «On n'investira pas là-dedans parce que dans le fond, on les paye à Victoriaville. Il n'y a rien qui nous reste.»

Les élus profiteront donc des deux prochaines années pour bien analyser les avantages et les inconvénients de cette entente avant de décider de s'engager à plus long terme.

Lévesque discret

Cette semaine, Michel Angers mentionnait que Trois-Rivières étudiait également la possibilité d'exiger une quote-part des municipalités environnantes pour l'utilisation de ses services. 

Le maire, Yves Lévesque, n'a pas voulu s'avancer sur ce sujet pour le moment. Yvan Toutant, porte-parole de la Ville, qualifie ces discussions de «très embryonnaires» jusqu'à présent.

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