Partage des coûts: des craintes au Centre-de-la-Mauricie

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En première ligne, les responsables de hockey mineur savent qu'ils accueillent beaucoup de jeunes joueurs de l'extérieur de la ville. Le défi consiste à trouver un juste prix pour ne pas décourager les parents.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La démarche de la Ville de Shawinigan auprès des municipalités avoisinantes pour faire payer l'utilisation de ses infrastructures provoque beaucoup de réactions dans le milieu. Les responsables joints mardi comprennent tous le raisonnement derrière cette demande, mais plusieurs craignent en subir les conséquences.

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Au Parc de l'Île-Melville comme à la Station plein air Val-Mauricie, les utilisateurs viennent principalement de l'extérieur de la ville. Marie-Louise Tardif, directrice générale de ces deux attractions, souhaite vivement que les communautés environnantes s'entendront avec Shawinigan. 

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En première ligne, les responsables de hockey mineur savent qu'ils accueillent beaucoup de jeunes joueurs de l'extérieur de la ville. Le défi consiste à trouver un juste prix pour ne pas décourager les parents.

«Ça fait longtemps qu'on parle de ce dossier», raconte Jack St-Onge, éternel président de l'Association de hockey mineur de Shawinigan. «Pour les jeunes de l'extérieur, ça a déjà coûté 50 $. C'est rendu 400 $ et la Ville veut monter ça à 1700 $?»

«Il faut que les municipalités s'impliquent», souhaite-t-il. «Ce n'est pas seulement à nous de payer des taxes! Ils devraient payer leur juste part, mais ça dépend aussi du prix. Il ne faut pas exagérer non plus.»

À l'Association de hockey mineur de Shawinigan-Sud, le président, André Baker, reconnaît que Notre-Dame-du-Mont-Carmel représente un bassin important pour ses équipes. Pour lui aussi, le défi consiste à trouver le point d'équilibre qui satisfera tout le monde.

«J'avais entendu parler du projet, mais honnêtement, je ne pensais pas que les montants étaient dans ces eaux-là!»

M. Baker espère qu'il s'agit d'une base de négociation. En même temps, il se demande à quel point une administration municipale peut s'attendre à rentabiliser des services de loisirs et de culture.

«Moi, je pense aux jeunes. Ils vont jouer où, ils vont faire quoi? Nous sommes là pour les enfants.»

Pour les adultes également, un certain questionnement s'impose. Au Club de curling de Grand-Mère, 38 des 180 membres viennent de l'extérieur de Shawinigan. Doivent-ils s'attendre à payer une surprime à l'inscription si leur municipalité ne contribue pas à la formule proposée?

«Je comprends la situation économique», commente Jean-François Morand, président du club. «Nous gérons une enceinte qui appartient à la Ville. Nous sommes assis un peu entre deux chaises. Comment cette démarche sera perçue par la clientèle extérieure?»

Au Parc de l'Île-Melville comme à la Station plein air Val-Mauricie, les utilisateurs viennent principalement de l'extérieur de la ville. Marie-Louise Tardif, directrice générale de ces deux attractions, souhaite vivement que les communautés environnantes s'entendront avec Shawinigan. Des hausses de tarifs pour les citoyens hors Shawinigan nuiraient à ses activités, prédit-elle.

«Le conseil municipal fait ses devoirs», analyse Mme Tardif. «Fallait-il s'attendre à ce que les autres maires soient preneurs? Je ne le pense pas! Est-ce normal de le demander? Je pense que oui. Mais les montants sont assez élevés. Je comprends les deux côtés de la médaille. Je préférerais que les municipalités s'entendent entre elles.»

Rien de plus normal

À la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan, le président, Jonathan St-Jean, ne croit pas que les gens d'affaires locaux seraient pénalisés par cette nouvelle politique. Avant tout, il s'attarde à la légitimité de la démarche.

«Si les autres municipalités ne payent pas, alors les gens de Shawinigan devront payer», calcule-t-il. «Une infrastructure régionale, ça ne se paye pas tout seule. Je suis d'accord pour que tout le monde contribue.»

«La pire affaire qui peut nous arriver, c'est de ne rien demander à personne et que nos infrastructures deviennent désuètes», ajoute le président de la CCIS. «Pour garder les choses au goût du jour, ça prend un partage des coûts adéquat. Plus on a de belles infrastructures, plus les gens viennent et plus ça aide nos commerçants!»

Mardi après-midi, après avoir expliqué son nouveau rôle d'évaluation, le maire de Shawinigan est revenu sur l'importance de cette démarche. À ce moment, tout comme en séance publique en soirée, il a martelé qu'il s'agissait d'une question d'équité. 

«C'est comme se présenter à un buffet à volonté», image-t-il. «On entre, on mange et on sort (sans payer) parce que personne ne nous a vus entrer.»

M. Angers balaie du revers de la main les insinuations selon lesquelles une gestion plus serrée n'aurait pas conduit la Ville dans cette issue.

«Si je faisais payer par les citoyens de Shawinigan les services que les autres municipalités utilisent, là, je pourrais dire que je suis un mauvais gestionnaire», laisse-t-il tomber.

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