Shawinigan veut que ses voisines contribuent

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Les municipalités avoisinantes devraient-elles compenser financièrement Shawinigan pour l'utilisation des services supralocaux comme le Centre Gervais auto (ci-dessus), le Centre des arts et le Parc de l'Île-Melville?

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La volonté de la Ville de Shawinigan d'exiger des sommes correspondant au coûts des services dont bénéficient les municipalités limitrophes rencontre de fortes résistances. La majorité des participants à la rencontre du 20 octobre dernier, à l'hôtel de ville, font savoir ces jours-ci par écrit qu'ils ne verseront pas les milliers de dollars réclamés.

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Sylvain Mayer

En début d'année, le maire Michel Angers avait mentionné qu'une approche serait effectuée auprès des municipalités avoisinantes pour les inviter à contribuer plus significativement aux services dispensés par sa ville.

La firme Raymond Chabot Grant Thornton a été mandatée pour établir les coûts par activité pour tout ce qui touche les loisirs, la culture et la vie communautaire. À partir de ces données, l'étude devait déterminer la proportion d'utilisateurs provenant de l'extérieur de Shawinigan et ainsi, mesurer l'impact sur le budget de la Ville.

Neuf municipalités ont été particulièrement ciblées. Raymond Chabot Grant Thornton estime que leur utilisation des services et des infrastructures coûte 539 180 $ aux contribuables shawiniganais. Une tarification particulière pour les gens de l'extérieur dans certaines activités, par exemple lors de l'inscription au hockey mineur, permet à la Ville de récupérer 63 176 $. Shawinigan accuse donc un manque à gagner de 476 003 $ et c'est ce montant qu'elle veut obtenir des municipalités environnantes.

Les élus doivent communiquer leur position avant le 27 novembre. Or, une tendance assez lourde se dégage déjà.

Notre-Dame-du-Mont-Carmel devrait avaler la moitié de la facture : 241 773 $. Le maire, Luc Dostaler, estime qu'il s'agit d'un montant complètement hors proportion. «La Ville de Shawinigan considère les non-résidents comme une dépense, alors que je considère que les gens de ma municipalité contribuent au développement économique de Shawinigan», fait-il remarquer. «Je me demande d'ailleurs si les commerçants sont d'accord avec cette position... »

«Si personne autour ne va au Centre des arts, ils n'auront pas les moyens d'en avoir un», ajoute M. Dostaler. «On parle de faire passer notre taxe pour le hockey mineur de 400 $ à 1700 $. En faisant ça, ils s'exposent à perdre des joueurs.»

À Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus comprend le poids de supporter des services et des infrastructures pour une ville, mais il déplore que le pouvoir d'attraction d'un Centre Gervais auto, d'un Centre des arts ou d'un Parc de l'Île-Melville ne soit pas considéré positivement dans le calcul réalisé par Raymond Chabot Grant Thornton. Il n'est pas fermé au principe de partage équitable, mais pas sur la base des données de ce rapport.

Une opinion partagée par le maire de Saint-Tite, André Léveillé. «Nous ne pouvons pas verser 45 000 $ à Shawinigan, parce qu'on n'a pas la clientèle qui justifie ça. Cette année, nous avons six joueurs de hockey double lettres qui vont à Shawinigan! Pour le reste, l'adulte qui bénéficie du Centre des arts ou du Club de curling, il va payer ce que ça coûte.»

À Saint-Boniface, le conseil municipal a adopté une résolution pour signifier son refus le 2 novembre. «Voyons donc, on n'a rien à payer, nous avons toutes les infrastructures!», fait remarquer le maire, Claude Caron. «Je dirais même que 50 % des utilisateurs de notre aréna et de nos terrains de balle viennent de Shawinigan.»

Comme plusieurs autres, Robert Landry, maire de Saint-Étienne-des-Grès, s'insurge particulièrement contre la charge imposée pour la fréquentation du Centre des arts. «Je n'étais pas surpris d'être convoqué à cette rencontre, mais j'ai été pas mal surpris du montant! C'est un jeu dangereux. Les gens qui vont au Centre des arts vont possiblement au restaurant. Ils amènent de l'eau au moulin!»

Bernard Thompson, maire de Hérouxville, comprend très bien la pression financière qui s'exerce sur Shawinigan, mais les communautés environnantes ne doivent pas en faire les frais, selon lui. «Une municipalité doit toujours se demander si elle a les moyens d'offrir ce qu'elle veut.»

La volonté de la Ville de Shawinigan d'exiger des... (Infographie Le Nouvelliste) - image 2.0

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Et les retombées ?

À Saint-Paulin, le maire, Serge Dubé, ne s'est même pas senti interpellé par l'invitation lancée par la Ville de Shawinigan. «Nous n'avons aucun intérêt pour ce dossier», tranche-t-il. «Nous sommes partisans du principe de l'utilisateur-payeur et de la tarification des services au coût réel. Ça force les organisations à offrir des services au prix que les gens sont prêts à payer. À Saint-Paulin, nous avons aussi nos problèmes financiers et on ne compte pas sur les villes pour les payer.»

Très peu d'ouverture également du côté de Saint-Élie-de-Caxton. Une résolution exprimant le refus des élus a aussi été adoptée à la séance régulière du 2 novembre. «La firme a été très pointue sur l'analyse des coûts, mais pas autant sur l'analyse des retombées», pointe le maire, Réjean Audet. «Si Shawinigan n'a pas les moyens d'avoir un Centre des arts, on ira à Trois-Rivières. Ce n'est pas en éloignant les villages voisins qu'on attire les gens.»

Du côté de Grandes-Piles enfin, le conseil n'a pas encore officiellement tranché la question mais le directeur général, Pierre Beauséjour, laisse entendre que le principe de participer davantage semble accepté par les élus.

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