Ouverture officielle de la caserne Champlain: de l'ombre à la lumière

La caserne de l'avenue Champlain a retrouvé ses... (Photo: François Gervais)

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La caserne de l'avenue Champlain a retrouvé ses airs de jeunesse. Elle a été officiellement inauguré hier en présence, notamment, du directeur du service de Sécurité incendie, François Lelièvre, de l'architecte Renée Tremblay et de Michel Angers, maire de Shawinigan.

Photo: François Gervais

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Pratiquement condamnée par la Ville de Shawinigan en 2002, la caserne de l'avenue Champlain savoure aujourd'hui une douce revanche en devenant le poste d'incendie attitré à la couverture du centre-ville et du quartier Saint-Marc - Christ-Roi. Vendredi matin, l'administration municipale et les pompiers ont officiellement procédé à l'inauguration de ce site historique, que le public pourra également visiter samedi.

La journée de vendredi aurait paru complètement illusoire en 2002, alors que la Ville étudiait sérieusement la possibilité de démolir cette caserne, de même que le marché public, pour accueillir le nouveau poste de la Sûreté du Québec. Une citoyenne, Danie Bernard, avait demandé l'intervention du ministère de la Culture et des Communications pour protéger cet immeuble construit en 1921 et 1922. Québec a reconnu le Poste d'incendie et de police Numéro-Deux-de-Shawinigan monument historique en 2003, ce qui l'avait épargné du pic des démolisseurs. Il a été classé officiellement en octobre 2012.

Ironie du destin, non seulement la caserne et le marché public ont survécu au sombre dessein, mais ils célèbrent pratiquement au même moment un nouveau départ à la suite d'investissements majeurs.

La Société de développement de Shawinigan a injecté 4,7 millions de dollars pour donner une nouvelle vie à la caserne. Ce plan était devenu nécessaire pour répondre adéquatement aux exigences du schéma de couverture de risques. Depuis mercredi, l'équipe située à l'hôtel de ville est déménagée sur l'avenue Champlain, une stratégie qui améliorera le temps d'intervention dans le quartier le plus à risque de Shawinigan.

François Lelièvre, directeur du service de Sécurité incendie, célébrait hier son 30e anniversaire de carrière comme pompier. Aujourd'hui, il intègre la nouvelle caserne avec beaucoup de satisfaction.

«Je suis content du résultat», témoigne-t-il. «Le bâtiment a été un peu abandonné durant plusieurs années. Présentement, nous avons quelque chose qui sera bon pendant quarante ou cinquante ans !»

Au cours des dernières années, le service de Sécurité incendie a commandé deux études, sur la position optimale des casernes et la cote d'assurance, qui ont confirmé la nécessité de déménager les pompiers du centre-ville dans le quartier Saint-Marc. Mais des rénovations majeures devaient être apportées au vieil immeuble, ne serait-ce que pour accueillir les camions d'incendie modernes, qui ont pris beaucoup de volume depuis près de cent ans. 

La nouvelle caserne Champlain hébergera également les véhicules d'intervention en feux de brousse, en désincarcération automobile et en sauvetage sur plan d'eau et espace clos. Auparavant, ils étaient remisés à trois endroits différents.

Avec ce transfert, le réaménagement des casernes est maintenant complété. Celle du secteur Shawinigan-Sud vient d'intégrer le parc industriel Albert-Landry. Le quartier général du secteur Grand-Mère et la caserne de Saint-Georges bouclent le réseau. 

Économie

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, se réjouit de cette nouvelle conversion d'un édifice patrimonial sur son territoire. Il fait remarquer que le projet de rénovation était d'abord estimé à 5,4 millions $ ; la SDS est donc parvenue à retrancher 700 000 $ sur le budget initial sans sacrifier d'éléments majeurs.

La plus grande partie des travaux a été réalisée par Construction Mario Gélinas. La conception avait été confiée à l'architecte Renée Tremblay en 2011. Elle convient que cette cure de rajeunissement représentait tout un défi.

«C'est un bâtiment de sécurité publique qui doit rencontrer des normes encore plus élevées que celles du code de construction pour un bâtiment standard», explique-t-elle. «Il a fallu intégrer toute une infrastructure dans les vieux murs de la caserne, qui ne laissaient pas beaucoup d'espace technique pour laisser passer tous ces équipements.»

Mme Tremblay reconnaît que certains compromis ont été faits, principalement pour la tour à boyaux de 60 pieds, qui a dû être ramenée à 45.

«Le ministère de la Culture nous a demandé de réduire la hauteur pour ne pas attirer l'attention sur cet élément proéminent», précise l'architecte. «Il fallait conserver le bâtiment original comme élément principal du décor. Nous avons trouvé une solution avec les pompiers, soit de sécher les tuyaux en demi-longueur.»

La population pourra observer de près le résultat de ces travaux samedi, de 10 h à 16 h, lors d'un événement portes ouvertes dans le cadre des Journées de la culture.

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