Le grand défi de Luc Trudel

Luc Trudel, directeur du Séminaire Sainte-Marie.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Luc Trudel, directeur du Séminaire Sainte-Marie.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Shawinigan) «Créer de l'espoir.» C'est la toute première des quatre missions qu'entend accomplir le nouveau directeur du Séminaire Sainte-Marie, l'ancien député péquiste Luc Trudel. Viennent sur le même plan des priorités l'amélioration de la qualité des services, l'amélioration de l'image de l'école auprès de sa clientèle et l'amélioration de l'image publique de l'établissement.

«Je n'aurais jamais accepté le poste si je n'avais pas cru en la faisabilité» de ces objectifs, assure-t-il.

L'homme a beau inspirer la certitude et la conviction par ses propos, la tâche de donner un nouveau souffle au Séminaire Sainte-Marie de Shawinigan s'annonce de taille.

De quelque 800, dans les années 1990, les cohortes d'élèves totalisent maintenant 240.

Le SSM a déjà drainé, dans ses belles années, jusqu'à 15 % des élèves du secondaire du Centre-de-la-Mauricie. Aujourd'hui, il n'en attire que 9 %. Luc Trudel estime qu'avec 12 %, l'école tirerait facilement son épingle du jeu.

Le nouveau directeur dispose de six mois pour redresser la trajectoire du navire.

En arrivant en poste, en août, il a procédé au diagnostic de la situation pour ensuite proposer son plan d'action en quatre points au conseil d'administration. «On m'a dit que c'était la première fois que ça se faisait», raconte-t-il.

Luc Trudel a rapidement constaté qu'un des principaux problèmes du SSM, c'est que les procédures, dit-il, sont toutes verbales et les transmissions d'informations se font de manière orale, et ce, pour à peu près tout ce qui touche la vie de l'établissement.

Lorsque des retraites ont été prises de façon massive, au cours des dernières années, dit-il, la tradition orale s'est perdue.

«Le style de gestion, l'absence de procédures administratives claires, amènent à éteindre des feux. C'est un job de pompier», constate le directeur. «C'est un état perpétuel de crise dans tous les secteurs. Je comprends pourquoi le conseil d'administration a eu recours, cette année, à quelqu'un du secteur économique ou du secteur de la gestion», dit-il.

Le problème, avec la tradition orale, c'est que tout se perd quand les gens s'en vont, plaide-t-il. Or, il y a eu deux vagues de départs à la retraite massives au cours des dernières années, rappelle-t-il.

En rédigeant les procédures pour que tout le monde «ait les yeux devant les trous», explique le nouveau directeur, «tu peux avoir de la crédibilité et des résultats que tu peux mesurer». Bref, le nouveau capitaine veut faire ramer tout le monde dans la même direction.

Lorsqu'il a rencontré le conseil d'administration, «je ne leur ai pas dit que tout était rose. Au contraire, on ne peut pas se mettre la tête dans le sable», plaide-t-il. Les enseignants sont d'ailleurs conscients de la situation. Ils ont subi des coupes de salaires de 20 % pour assurer la survie de l'école depuis trois ans, illustre-t-il.

Le problème devient urgent car certains parents commencent à craindre d'envoyer leur enfant au SSM, se demandant s'il sera capable d'y faire tout son secondaire, constate M. Trudel.

Ce dernier est persuadé que le déclin des effectifs étudiants au SSM n'a rien à voir avec les difficultés économiques rencontrées par Shawinigan. «Les meilleures années du SSM ont eu lieu bien après les grandes fermetures d'usines», argumente-t-il. «On a perdu 15 000 jobs de 1970 à 1985. Pourtant, c'est 15 ans plus tard qu'on a atteint notre apogée», fait-il remarquer.

C'est de toute évidence ailleurs que la bât blesse, estime-t-il. Luc Trudel se battra donc pour l'avenir du SSM à grands coups d'optimisme et en se fixant des objectifs mesurables que tous pourront connaître. «Le Séminaire Sainte-Marie a une nouvelle direction», dit-il, pas dans le sens qu'il a un nouveau directeur, précise-t-il, mais dans le sens qu'on veut renvoyer le SSM vers la place qu'il occupait il y a quelques années à peine.

Le SSM, raconte-t-il, avait été créé, jadis, «pour former l'élite ou la classe dirigeante», ce qu'il entend toujours faire pour sa clientèle, peu importe les moyens financiers des parents puisque des bourses d'études sont disponibles.

Comment le SSM pourra-t-il sortir du lot parmi toutes ces écoles secondaires devenues hautement compétitives à grands coups de programmes spéciaux du genre sport-études? «Quand une équipe de hockey commence à avoir des difficultés, on revient au jeu de base. On mise sur nos forces. Or, ce qui a toujours défini le Séminaire Sainte-Marie, c'est le niveau académique très élevé», répond Luc Trudel. Le directeur veut donc mobiliser les parents pour qui «l'éducation est une valeur importante».

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