Compressions récurrentes: Angers n'ose pas y croire

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le maire de Shawinigan, Michel Angers, préfère donner une chance à la négociation plutôt que de fustiger le gouvernement du Québec sur la base de rumeurs concernant les fameuses compressions imposées cette année au monde municipal, qui deviendraient permanentes.

Interpellé sur cette question à la suite de l'assemblée publique de mardi, M. Angers est demeuré vague sur les actions à prendre pour contrer cette orientation. Par contre, il ne fait aucun doute, dans son esprit, que l'effort demandé aux municipalités, l'automne dernier, revêtait un caractère exceptionnel.

La semaine dernière, La Presse révélait que les compressions de 300 millions de dollars deviendraient récurrentes. Pour Shawinigan, il s'agirait d'un effort annuel de 1,2 million $, qui était passé de travers lors de la préparation du budget 2015.

«Je ne comprends absolument pas», laisse tomber le maire, qui avait défendu la position adoptée par l'Union des municipalité du Québec l'an dernier. M. Angers siège sur le comité exécutif de cette organisation.

«Depuis le début, ce que j'ai compris, c'est que le gouvernement a demandé aux municipalités du Québec un effort spécial de 300 millions de dollars dans un objectif d'atteindre l'équilibre budgétaire. Par la suite, il serait en mesure de renégocier un pacte fiscal. Selon le message qu'on entend, ce n'est plus ça.»

«Nous sommes en pleine négociation», poursuit-il. «On va laisser le temps à la négociation de se faire, mais les indices que j'en ai... Je m'attendais à ce qu'on renégocie cette année ces 300 millions $. Si le gouvernement n'atteint pas l'équilibre budgétaire, ce n'est certainement pas en raison du manque d'efforts des municipalités! Je ne voudrais pas que cet effort soit récurrent.»

Lors du dernier budget, le maire avait annoncé le gel de l'aide financière à plusieurs organismes, de même que la suspension du programme de contrôle des insectes piqueurs. Il ne souhaite visiblement pas jouer dans le même film pour l'exercice 2016.

«Il a été prouvé que nos dépenses augmentent à cause des obligations que le gouvernement nous demande», explique le maire. «Par exemple, nous devons emprunter 1,4 million $ pour installer des compteurs d'eau pour être capable de prouver que nous pourrons diminuer de 20 % notre consommation, un objectif du gouvernement! On n'avait pas d'argent pour ça!»

Au bout du compte, les citoyens doivent payer davantage en raison de nouvelles normes imposées par Québec ou Ottawa, dénonce le maire. Pendant ce temps, le gouvernement réduit sa compensation tenant lieu de taxes pour les édifices qui lui appartiennent sur le territoire municipal.

«À quelque part, il faut que quelqu'un paye», résume M. Angers. «Si le gouvernement paye 80 % de son compte de taxes, qui va payer? C'est le reste des citoyens qui devront absorber ce 20 %. C'est au Québec que les municipalités reçoivent le moins de transferts au Canada. On ne demande pas beaucoup, on veut simplement qu'on nous redonne ce qu'on nous a demandé comme effort.»

«Je fais confiance à la négociation», assure-t-il. «Notre effort a été important. Ce 1,2 million $ nous a fait mal. Nous avons dû faire des choix douloureux. Depuis deux ans, la croissance des dépenses de la Ville de Shawinigan est à zéro.»

Quel est le degré de mobilisation de l'UMQ pour s'assurer que l'exercice de compression ne se répétera pas pour le budget 2016?

«Nous sommes confiants que nous déboucherons sur quelque chose», détourne le maire. «Qu'est-ce que ce sera ? Je ne le sais pas. Mais le gouvernement du Québec a presque l'obligation de bien s'entendre avec ses municipalités. Il doit être très à l'écoute ; on doit travailler dans une approche de partenariat. On ne peut pas toujours appliquer du mur à mur. Je m'attends donc à une bonne entente avec le gouvernement du Québec. C'est nécessaire, à mon avis.»

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