Travaux dans le secteur Grand-Mère: contre mauvaise fortune bon coeur

Danielle Huard, propriétaire de La Couturière, réussit à... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Danielle Huard, propriétaire de La Couturière, réussit à voir le bon côté des choses malgré les inconvénients causés par le chantier de la 6e Avenue, dans le secteur Grand-Mère.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Un tantinet angoissés en entendant parler des ravages causés par les travaux de réfection au centre-ville de Shawinigan depuis deux ans, les commerçants de la 6e Avenue, dans le secteur Grand-Mère, s'attendaient au pire lorsqu'ils ont appris que les manoeuvres comparables prévues en 2016 s'amorceraient plutôt cet été. Mais après un mois de chantier, les gens d'affaires rencontrés parviennent à faire contre mauvaise fortune bon coeur.

Dans le contexte actuel, les bonshommes sourires sur le balcon de la boutique La Couturière attirent le regard. Pour la propriétaire Danielle Huard, il s'agit d'une marque d'affection envers ses précieux clients et surtout, une façon de se rappeler que bientôt, de beaux trottoirs permettront aux gens de se rendre à son commerce sans acrobaties.

La dame aurait pu dénoncer les conséquences désastreuses de ces travaux, surtout pendant la première semaine du mois d'août alors que La Couturière était devenue pratiquement inaccessible. Elle préfère savourer le nouveau calme de ses soirées, étant donné que les gamins ne peuvent plus prendre la 6e Avenue pour une piste d'accélération!

«C'est sûr qu'on sent une petite baisse», sourit-elle. «Mais je ne suis pas dans les pires. C'est la rentrée scolaire et les gens ont besoin d'un service! Une bonne partie de la misère est maintenant derrière nous. Il fallait que ça se fasse.»

Dès le début des travaux, au coin de la 8e Rue, l'accès à quelques commerces est devenu problématique. Après des discussions avec le propriétaire du dépanneur Couche-Tard, une bande de béton a été retirée pour faciliter le stationnement à l'arrière de Grand-Mère Nature. Cette collaboration a permis de faciliter l'accès aux commerces pour cette portion, car sans les trottoirs, les piétons ne l'ont pas facile.

«Honnêtement, jusqu'ici, ça va super bien», assure Suzie Gervais, propriétaire de Grand-Mère Nature. «J'avais certaines appréhensions, mais étant donné que nous sommes près de la 8e Rue, nous sommes assez accessibles. Nous ne ressentons qu'un tout petit impact.»

Peu d'échos

Jusqu'ici, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan, Jonathan St-Jean, n'a entendu aucun écho particulier au sujet de ces travaux. À l'Association commerciale du secteur Grand-Mère, Lucie Bourbeau a eu connaissance de certains problèmes au restaurant Subway au début du chantier, sans plus.

Frédérik Tessier a acheté une véritable institution, le Café billard chez Gilles, en compagnie d'Alex-Sandra Lemire en juin. Le jeune homme d'affaires vit tout un baptême, puisque les travailleurs ne gaspilleront pas leur heure de dîner à se chercher un stationnement pour atteindre son restaurant. Mais lui aussi se réjouit de voir que les clients réguliers n'ont pas pris leurs jambes à leur cou.

«Je trouve que les travaux avancent quand même vite», constate M. Tessier. «C'est sûr que c'est plate. Quand ça ne fait qu'un mois et demi que tu es propriétaire, ça rentre dedans! Mais je suis chanceux, notre clientèle régulière nous encourage.»

De l'autre côté de la rue, CarQuest Grand-Mère doit poursuivre sa livraison de pièces d'autos malgré ces travaux. Réal Livernoche, président de l'entreprise, mentionne que l'entrepreneur et la Ville de Shawinigan répondent rapidement à ses besoins. «Jusqu'ici, je touche du bois, ça va bien», commente-t-il. «Ce n'est pas le Pérou, mais je m'attendais à pire. Lors du chantier du boulevard des Hêtres, c'était tout croche!»

Mélanie Richard, propriétaire d'Espace beauté urbaine, ne ressent pas trop non plus les effets négatifs du chantier. Tout au plus, elle souhaiterait que les interruptions de service, surtout pour l'eau, soient communiquées un peu plus à l'avance.

«Ça va assez bien; je ne peux pas dire que j'ai eu une grosse baisse d'achalandage», commente-t-elle. «Mais j'ai hâte de voir comment ça va aller quand il vont arracher le trottoir devant mon commerce!»

Hélène Jourdain, propriétaire de l'entreprise de gestion qui porte son nom, trouve aussi que tout le monde s'en tire plutôt bien.

«Je n'ai pas eu de problème jusqu'ici», raconte-t-elle. «Ça va très bien dans les circonstances. Je pense que l'accès aux commerces est plus facile ici qu'au centre-ville de Shawinigan. De plus, les relations avec employés de la Ville et ceux de l'entrepreneur vont super bien.»

Chez Pomplo, les clients entrent et le téléphone sonne à un rythme assez soutenu. Pour le propriétaire Pierre Gagnon, l'accès à son commerce via la 5e Avenue constitue la clé qui fait en sorte que les affaires se poursuivent rondement, malgré les tranchées. Plusieurs résidents sont également touchés par ces travaux. Ces manoeuvres assez spectaculaires constituent même un passe-temps pour certains d'entre eux.

«C'est sûr que ça amène des inconvénients, mais c'est correct», souligne Michel Gauthier.

Rappelons que ces travaux, estimés à 6,4 millions $, se réaliseront en deux phases. Jusqu'au milieu de l'automne, les remplacements de conduites et les nouveaux aménagements seront apportés sur la 6e Avenue, entre les 8e et 12e Rue. L'an prochain, les manoeuvres se poursuivront jusqu'à la 17e Rue.

À la séance régulière de juillet, le conseil municipal avait accordé le contrat pour ces travaux à Eurovia Québec construction, pour la somme de 3,9 millions $.

guy.veillette@lenouvelliste.qc.ca

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