Michel Blanchet devant la Commission d'accès à l'information

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Michel Blanchet

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(TROIS-RIVIÈRES) La Commission d'accès à l'information a entendu jeudi la demande de Michel Blanchet, un ancien citoyen de Shawinigan maintenant établi à Trois-Rivières, qui souhaite notamment obtenir les états financiers de la défunte corporation de la Finale des Jeux du Québec, tenue en 2012 Shawinigan. Il s'agit d'ailleurs de la première demande d'une série de 33 adressées à la Commission.

L'homme qui s'est notamment fait connaître de la population à la suite de la diffusion de deux reportages de l'émission Enquête de Radio-Canada sur le hockey junior est appuyé dans sa démarche par le regroupement Shawinigan citoyens avertis et par sa porte-parole, Diane Borgia.

Michel Blanchet a soutenu devant la commission que les documents demandés doivent être rendus publics, car l'organisation des Jeux du Québec a bénéficié de subventions de la part de la Ville de Shawinigan. M. Blanchet a déclaré devant la Commission que si la Ville n'accepte pas de rendre public ces documents, c'est qu'elle a quelque chose à cacher.

«Il n'y a rien de secret et de confidentiel, sinon il y a quelque chose qu'on veut cacher», a-t-il affirmé au commissaire. «Les citoyens ont le droit de savoir ce que les Jeux du Québec ont fait avec l'argent de la Ville.»

De son côté, la Ville de Shawinigan était représentée par sa directrice des affaires juridiques, Me Annie Pagé. L'avocate a soutenu que la Ville estime que les états financiers de la corporation de la Finale des Jeux du Québec de 2012 ont été réalisés par une entité tierce, aujourd'hui dissoute, et que les documents comportent des données financières. Pour ces raisons, les documents ne doivent pas être divulgués, croit la Ville.

Michel Blanchet rétorque que des éléments des états financiers, comme les salaires de certains employés de la corporation des Jeux du Québec, ont déjà été publiés dans Le Nouvelliste. Or, l'avocate de la Ville répond que ce n'est pas parce qu'on connaît le salaire de Carey Price que l'organisation des Canadiens va rendre public ses états financiers.

Par ailleurs, la commission a entendu hier le témoignage d'Yves Renaud, l'ancien directeur général de la corporation de la Finale des Jeux du Québec de 2012. Le commissaire dispose de trois mois pour étudier la demande de Michel Blanchet.

Comme il réside désormais à Trois-Rivières, le regroupement Shawinigan citoyens avertis prend la relève des nombreuses demandes d'accès à l'information de M. Blanchet, affirme la porte-parole du regroupement, Diane Borgia.

Le demandeur s'est fait remettre à l'ordre à quelques reprises par le commissaire. Michel Blanchet a tenté de démontrer, bien qu'il ne dispose pas de preuves, que plusieurs dirigeants d'organismes de Shawinigan ont bénéficié d'avantages. Ne pouvant prouver ces allégations, le commissaire a demandé à Michel Blanchet de se contenter de démontrer la pertinence de sa demande d'accès à l'information.

À la sortie de l'audience, Michel Blanchet et Diane Borgia ne mâchaient toutefois pas leurs mots. «Il y a des faits qui nous laissent croire qu'il y a des choses qui ne sont pas normales», a affirmé M. Blanchet.

«À Shawinigan c'est un petit monde. C'est un petit monde dans lequel il y a des petits amis. [...] Ils se partagent ce qu'il y a comme jobs. Ils se partagent ce qu'il y a comme subventions et ils se partagent l'argent qui entre», a renchéri Diane Borgia.

«Je vais revenir [à la Commission d'accès à l'information] avec ce dossier et avec d'autres informations. [...] Nous sommes très inquiets de la façon dont ça se passe dans notre ville. On se questionne sérieusement sur l'intégrité et la transparence. On voit toujours les mêmes têtes, les mêmes personnes. Tu tires un numéro gagnant une fois dans ta vie, tu dis youpi, mais quand tu tires le même numéro gagnant à toutes les fois qu'il y a de l'argent de disponible, tu te poses de sérieuses questions.»

Michel Blanchet et Diane Borgia affirment avoir des relations avec l'Unité permanente anticorruption (UPAC). Ils soulignent qu'ils ne seraient pas surpris de voir les enquêteurs se rendre à Shawinigan. «Nous avons envoyé des documents à l'UPAC. Et on attend juste qu'un jour, elle débarque», soutient Mme Borgia.

Joint en fin de journée, le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne voulait pas commenter la démarche de Michel Blanchet.

gabriel.delisle@lenouvelliste.qc.ca

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