Travaux à Shawinigan: aussi douloureux que l'an dernier

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Même si ça circule beaucoup mieux que l'an dernier au centre-ville, des commerçants encaissent encore des pertes importantes cet été en raison des travaux majeurs sur la 5e Rue.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Tous les commerçants de la 5e Rue, à Shawinigan, auront partagé à un moment ou l'autre les frustrations de voir dégringoler leurs chiffres d'affaires en raison des travaux de réfection et d'embellissement entrepris l'an dernier. Même si la circulation se déroule beaucoup mieux cet été, les ventes ne se sont pas améliorées pour tout le monde.

À la Cordonnerie Lemay, Hélène Périgny n'ose pas imaginer les conséquences de ce chantier si Hockey Lemay n'était pas déménagé sur le boulevard Royal il y a trois ans. Le magasin spécialisé entreprend actuellement sa période la plus importante de l'année et les travaux en cours auraient même découragé les plus mordus de notre sport national, croit-elle.

«Depuis une semaine, c'est plus tranquille», constate la femme d'affaires. «C'est sûr que ça nous affecte. Je sais que la Ville n'a pas le choix de faire ces travaux, mais ce qu'on perd, on ne le regagnera pas.»

À compter de lundi, l'intersection de la 5e Rue et de l'avenue des Cèdres sera bloquée à la circulation. Les automobilistes devront effectuer un détour jusqu'à Broadway, compliquant encore davantage la tâche des consommateurs qui veulent atteindre les boutiques sur ce tronçon de la 5e Rue. Déjà qu'au cours de l'été, les piétons ont dû faire preuve de débrouillardise pour trouver leur chemin, avec les détours et les accès interdits.

Les restaurants ont été particulièrement affectés, étant donné que le paysage lunaire de la 5e Rue n'inspire guère ce genre de sortie. Plusieurs responsables ont dû réduire leur personnel ou à tout le moins, le nombre d'heures travaillées.

Alain Auger, propriétaire du Radoteux et président du Regroupement des gens d'affaires du centre-ville de Shawinigan, résume son état d'esprit en peu de mots qui en disent long: «Pas de commentaires!»

Au restaurant Chez Auger, Stéphane Lambert convient qu'il a beaucoup souffert au cours des dernières semaines.

«C'est bien pire cette année que l'an dernier», confie-t-il. «L'an dernier, les gens pouvaient quand même circuler sur la 5e Rue. Cette année, les gens locaux savent que la rue est fermée et ils viennent beaucoup moins. Heureusement que la Cité de l'énergie nous envoie du monde.»

M. Lambert mentionne que son chiffre d'affaires avait fondu d'environ 20 % l'été dernier. En 2015, ce sera deux fois pire, prévoit-il. «C'est l'enfer! Le midi, habituellement, j'ai beaucoup plus de monde. J'espère qu'on n'aura pas un troisième été comme ça, parce qu'on va tous fermer!»

Julie Poliquin, copropriétaire de la boulangerie Tous les jours dimanche, reconnaît que ses repas du midi encaissent le coup. Heureusement, il ne s'agit pas du coeur de ses activités. De plus, l'expérience de l'été 2014 l'a aidée à mieux prévoir ce qui l'attendait.

«L'an passé, on ne savait pas trop comment aborder la bibite!», sourit-elle.

«Les ventes sont un peu plus basses, mais nous avons réaménagé nos heures, nous avons modifié notre production. Nous avons les restaurants sur Willow comme clients et de leur côté, ça a l'air de bien rouler. Ça vient équilibrer un peu! Les repas ne représentent qu'une petite partie de notre chiffre d'affaires. Si nous n'avions que ça, on mangerait nos bas!»

Même le populaire Café Morgane subit la secousse cet été, particulièrement la fin de semaine étant donné que les travailleurs des commerces et entreprises à proximité n'y sont pas.

«En juin et en juillet, les gens avaient peur et ils restaient chez eux», observe le gérant, Simon Picard Lagacé. «C'est mieux depuis quelques semaines. Nous remarquons beaucoup de touristes, surtout avec Dragao

Claude Villemure, propriétaire des Ailes Buffalo et du Me Men To, trouve que le chantier n'avance pas très vite entre Tamarac et Mercier. Malgré tout, en général, il mentionne qu'il ne s'en tire pas trop mal. Surtout aux Ailes Buffalo, où les habitués ont découvert un meilleur accès, par la ruelle à l'arrière.

«Ça m'a touché; ça montre que les travaux n'ont pas arrêté ma clientèle», fait-il remarquer. «Mais on s'en est ressenti un peu plus au Me Men To.»

Même constat à la boutique Harnois. En plein coeur du chantier, les affaires vont quand même bien, selon le propriétaire, Guy Boisclair, qui observe une légère augmentation de ses ventes par rapport à la période comparable en 2014.

«J'ai des clients fidèles!», se réjouit-il. «Même si ça va mal pour venir ici, ils viennent quand même.»

guy.veillette@lenouvelliste.qc.ca

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