Tremblay remettrait son salaire de conseiller à un organisme

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Jean-Yves Tremblay

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Si jamais il remporte l'assemblée d'investiture néodémocrate mercredi, le conseiller du district des Hêtres, Jean-Yves Tremblay, assure qu'il se retirera de son poste durant la campagne électorale et qu'il remettra son salaire à un organisme qu'il choisira.

En séance publique mardi soir à l'hôtel de ville de Shawinigan, Robert Beaudoin a soulevé la délicate question du traitement des élus municipaux quand ces derniers décident de briguer les suffrages à une élection provinciale ou fédérale. M. Tremblay fait partie des cinq candidats qui souhaitent représenter la bannière néodémocrate dans le comté de Saint-Maurice-Champlain lors de l'élection du 19 octobre.

Dans son intervention, M. Beaudoin a rappelé que le maire a déjà mentionné que dans le contexte actuel, il n'existait pas de petites économies. En ce sens, il souhaiterait qu'un élu municipal qui vise un autre palier prenne un congé sans solde durant la campagne.

À Shawinigan, cette situation s'est présentée à quelques occasions au cours des dernières années. En 2012, Pierre Giguère, conseiller du district Val-Mauricie, avait tenté sa chance comme candidat caquiste. Il s'était retiré de la table et il avait versé son salaire de conseiller pendant la campagne à la Fondation du Centre de santé et des services sociaux de l'Énergie. Il avait aussi remis ses dossiers à ses collègues au cours de cette période.

Jacques Grenier, actuel candidat conservateur dans Saint-Maurice-Champlain, s'était retrouvé dans la même situation en 2011. Il siégeait alors comme conseiller du district de la Rivière et il avait décidé de porter les couleurs de la formation de Stephen Harper. Pour lui, la conciliation de son travail de conseiller avec son titre de candidat fédéral ne posait pas problème.

En fait, la Loi sur le traitement des élus municipaux prévoit un salaire minimal annuel pour les conseillers. Un congé sans solde cadre mal avec cette disposition, mais rien n'empêche un élu de verser son salaire à un organisme quelconque. Mardi soir, M. Beaudoin déplorait que les citoyens doivent tout de même payer un conseiller qui ne remplit plus ses fonctions durant une campagne, même si le geste de remettre son salaire à une oeuvre de charité demeure louable.

Par ailleurs, un conseiller municipal peut être dispensé de siéger pendant 90 jours consécutifs sans conséquence, selon la Loi sur les élections et les référendums. Une disposition suffisamment généreuse pour couvrir l'entièreté d'une interminable campagne fédérale.

Bref, rien n'empêche un élu municipal de se présenter à une élection fédérale ou provinciale tout en continuant de siéger comme conseiller et de recevoir son salaire. Si les militants néodémocrates le choisissent la semaine prochaine, Jean-Yves Tremblay assure toutefois qu'il ne choisira pas cette voie.

«Je me retirerais du conseil et je remettrais mon salaire à un organisme de notre communauté», avance-t-il.

En assemblée publique, le maire, Michel Angers, suggérait au moins d'attendre que la candidature soit officielle avant de débattre des questions d'éthique. Il ne cache toutefois pas que la confusion des genres l'indispose.

«La suggestion que je fais dans ces cas, c'est que la personne suspende ses activités au conseil municipal», lance-t-il. «Je recommande au conseiller de ne pas se présenter à l'hôtel de ville à partir du moment où il devient candidat officiel.»

Le maire est plus nuancé sur la question de la rémunération. «Nous sommes obligés de verser le salaire. Ça appartient au candidat d'en disposer comme bon lui semble.»

guy.veillette@lenouvelliste.qc.ca

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