Soirée des brasseurs: la bière regagne «ses lettres de noblesse»

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Midi sonnait à peine à l'horloge que les amateurs de bière s'affairaient devant la trentaine de brasseurs venus présenter leurs produits.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Certains les préfèrent blondes, rousses ou ambrées, d'autres les aiment noires, blanches, voire rosées. Comme tous les goûts sont dans la nature, il y en avait pour tous les goûts, plutôt pour toutes les papilles à la Soirée des brasseurs de Shawinigan samedi. Ils étaient nombreux, les amateurs de houblon, à passer le tourniquet du chapiteau, verre à la main, pour rencontrer les artisans, mais surtout pour siroter leurs bières.

Jean Hummler, brasseur originaire de Belgique, estime que... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste) - image 1.0

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Jean Hummler, brasseur originaire de Belgique, estime que le Québec a une longueur d'avance en matière de microbrasserie.

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L'organisateur de la Soirée des brasseurs, Louis-Philippe Laroche,... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste) - image 1.1

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L'organisateur de la Soirée des brasseurs, Louis-Philippe Laroche, se réjouit de la popularité grandissante des bières de microbrasserie, au point où la demande est désormais plus grande que l'offre.

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

Depuis quelques années, les bières se raffinent. Loin du produit purement désaltérant, sans autre parfum que celui d'un plancher de taverne, loin des choppes de bière en fût un peu fade qu'on enfilait jadis en rang d'oignon sur une petite table ronde, la palette des bières s'est considérablement élargie, les robes se sont diversifiées, l'échelle des degrés d'alcool a gagné quelques barreaux, les parfums et les saveurs également, tantôt amères, fruitées, douces, liquoreuses, acides ou saugrenues.

La bière regagne ainsi «ses lettres de noblesse», décuple son public cible, attire moult amateurs de malt. Dans le Québec des microbrasseries, il se brasse bon an, mal an, plus de 200 types de bière. Près de 30 microbrasseurs était présents à Shawinigan samedi.

Alors que midi sonnait à peine, des centaines de personnes ont profité du décor bucolique du parc Hamilton, sur les berges de la rivière Saint-Maurice, pour se tremper les lèvres dans le collet mousseux d'une bonne bière artisanale, du public jeune et branché aux dégustateurs d'un certain âge en quête d'expériences nouvelles. Pour l'organisateur de la journée, Louis-Philippe Laroche, la popularité des bières issues des cuves des microbrasseries est telle que les tonneaux se vident à la vitesse grand V. Et glou!

«Dans les microbrasseries de la Mauricie, et partout au Québec, on manque de bière, on ne fournit pas. On est constamment obligé d'agrandir, d'augmenter la production, mais même là, la demande est tellement forte! Ce qui aide à cette popularité, c'est que plusieurs microbrasseurs tiennent également des pubs, des restaurants, donc les gens sont de plus en plus dans une optique de tourisme d'expérience. Ils veulent savoir ce qu'ils mangent, ils veulent savoir ce qu'ils boivent», mentionne M. Laroche, qui oeuvre également au sein de l'équipe du Trou du diable à Shawinigan.

Au Québec, 16 % des parts de marché des microbrasseries provient des consommations lampées sur place. À l'instar du vin, le mariage bière et bouffe prend, d'année en année, une plus grande place sur la table des Québécois.

À l'image de l'alcool qui coulait à flot samedi, les bières québécoises coulent non seulement des goulots d'ici, mais également ailleurs dans le monde. «Ce qui est bien, c'est que même des styles de bière qui ont été empruntés à la Belgique, par exemple, puis modifiés au Québec, retournent en Belgique et gagnent des prix», ajoute Mathieu Richard, du Trou du diable, prenant exemple sur la Buteuse Brassin spécial qui s'est vue accolée le titre de deuxième meilleure bière de style belge au monde.

Bières québécoises à l'étranger

Sous le chapiteau de la Soirée des brasseurs, justement, un Belge. Jean Hummler brasse les bières de la Brasserie Cantillon, dont une lambic à la framboise, la Rosé de Gambrinus, dérivée d'une recette traditionnelle bruxelloise et qui exige pas moins de deux ans de travail avant d'être servie. M. Hummler avoue que le marché québécois est en avance d'un cran sur la Belgique et que, dans son petit pub de la rue Gheude à Bruxelles, les bières québécoises connaissent un véritable engouement.

«Les brasseries québécoises font un très beau travail. Il y a de très très bonnes choses qui sont faites ici», lance le brasseur bruxellois.

«En Belgique, on est un peu en retard [par rapport au Québec], mais ça commence. En Amérique du Nord, vous êtes un peu plus en avance par rapport à ça, c'est-à-dire les bières traditionnelles faites de manière plus naturelle. On sent que les gens ont envi de changer de la bière industrielle. Une réalité qu'on note aussi avec le fromage, le cidre, le pain, les légumes. Les gens aujourd'hui ont envie de manger des choses qui ont du goût», croit M. Hummler qui, lui-même, offre à ses clients une kyrielle de bières en provenance de la Belle Province.

«Il y a un vrai échange culturel. Même si on a des accents fort différents, les Belges et les Québécois sont assez proches.»

Sous le chapiteau, donc, beaucoup de goûts au pied carré, mais également de la musique. Entre autres, Mononc'Serge en trio acoustique a déroulé ses succès les plus décapants samedi soir, précédés par une brochette de bluesmen et de bands de jazz.

Brasser entre brasseurs

Pour les brasseurs, ce contact direct avec le public est certes un moment privilégié pour faire découvrir certains produits qui, généralement, ne sortent jamais plus loin que les pompes à bière des pubs où ils ont fermenté. Qui plus est, c'est là l'occasion de rencontrer d'autres artisans, d'échanger des trucs, de discourir longuement autour d'une bonne bière sur les méthodes et les procédés de fabrication. C'est donc dire que la Soirée des brasseurs n'aurait pas trouvé grâce aux yeux de quelques-uns d'entre eux si ce n'avait été de la grande fête des brasseurs de vendredi, cette fois fermée au public.

«Ce qui est plaisant, c'est qu'ici, c'est plus un meeting de brasseurs qu'un festival de bières. Le vendredi et le samedi soir, on dort tous dans un camp rustique. C'est comme notre party de bureau. Là, on se retrouve paqueté [i.e. mettre en paquet, à ne pas confondre] dans le bois, juste notre gang, et on tripe ensemble», rapporte Mélanie Pilote de la Microbrasserie Charlevoix de Baie-Saint-Paul.

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