Eaux usées au lac à la Tortue: le maire d'Hérouxville outré d'être gardé à l'écart

Le maire d'Hérouxville, Bernard Thompson.... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le maire d'Hérouxville, Bernard Thompson.

Photo: Émilie O'Connor

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La tournure que prend le projet d'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue commence à irriter sérieusement le maire d'Hérouxville, Bernard Thompson. Outré d'être tenu à l'écart de l'évolution du projet, il veut avoir l'heure juste de la bouche du ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Pierre Moreau.

Rappelons que le 14 avril dernier, le conseil municipal de Shawinigan s'engageait dans un partage financier, qui comprend également Québec et Ottawa, pour la réalisation de cet investissement tant attendu. La participation du gouvernement fédéral devrait être confirmée d'une semaine à l'autre.

Le projet est maintenant évalué à 43 millions de dollars, mais les secteurs de la Forteresse et du lac Lafontaine ne seraient plus desservis. Un millier de résidences bénéficieront de ce nouveau réseau d'égout et 280 autres profiteront également de l'aqueduc au même moment.

Bref, de bien bonnes nouvelles, sauf que le maire d'Hérouxville aurait aimé participer aux échanges au cours des dernières années plutôt qu'être bêtement placé devant le fait accompli. Il n'est pas très impressionné par la collaboration du maire de Shawinigan, Michel Angers, dans ce dossier.

«On s'est parlé en avril», raconte M. Thompson. «Il m'a dit qu'il me ferait parvenir une lettre qu'il avait reçue de Québec, mais il ne voulait pas que je parle d'une possibilité d'entente. Une semaine plus tard, il déclarait en assemblée publique qu'il y avait une entente avec le gouvernement pour le projet d'assainissement des eaux au lac à la Tortue.»

«Pourquoi ne voulait-il pas que j'en parle?», se demande M. Thompson. «Probablement qu'il voulait l'annoncer lui-même.»

Le maire d'Hérouxville précise que 230 de ses citoyens sont directement touchés par ce projet, puisque l'extrémité est du lac est située sur le territoire d'Hérouxville.

«Je voulais avoir des détails», reprend M. Thompson. «Non seulement je n'avais pas participé à cette entente, mais je n'ai aucun plan de quoi que ce soit. J'ai 230 citoyens touchés. Il me semble qu'en tant que maire, j'ai le droit de savoir quels sont les plans pour ces gens!»

En avril, M. Angers lui aurait mentionné qu'il obtiendrait sous peu tous les documents pertinents.

«Tout ce que j'ai reçu, c'est la page 176 sur je ne sais pas combien, où on me montre mes habitations et les six bassins de rétention qu'il y aura. C'est tout. Aucune donnée technique, aucun coût, aucun papier faisant état de discussions, de rencontres, de procès-verbaux. Je n'ai assisté à aucune espèce de rencontre là-dessus depuis que je suis maire et ça fait cinq ans! Pourquoi Hérouxville est-elle complètement ignorée dans ce dossier?»

M. Thompson a envoyé au ministre les copies des documents qu'il possède, en plus d'un exemplaire de l'édition de mai du bulletin municipal Le Communicateur, dans lequel il transmet sa frustration. Il vient de recevoir un accusé de réception et il souhaite obtenir des réponses au cours des prochains jours.

M. Thompson rappelle qu'en 2007, les libéraux avaient annoncé que le gouvernement paierait 85 % d'une facture de 17 millions $. Comment le projet a-t-il pu se retrouver à 55 millions $, puis finalement à 43 millions $? Il n'en a aucune idée.

«Qu'on me dise la vérité, c'est tout ce que je demande», résume le maire. «Beaucoup de travail a été fait à mon insu. Mon conseil n'a aucune idée de ce qui se prépare.»

Lors de la dernière séance publique à Shawinigan, Alain Ricard a questionné M. Angers au sujet du mot de M. Thompson dans son bulletin municipal. Le maire de Shawinigan a mentionné qu'il avait envoyé la documentation à son homologue parce que le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire n'avait pas communiqué avec lui.

M. Thompson trouve la correspondance bien mince pour un projet qui représentera un investissement de 3,3 millions de dollars à Hérouxville, ou 14 300 $ par porte.

«C'est le double du budget annuel de la municipalité!», image-t-il. «J'ai la lettre que le ministre a envoyée au maire de Shawinigan et la page 176. C'est tout ce que j'ai sur un projet de trois millions $. C'est formidable, non? Comment voulez-vous que je réagisse? Parfois, on a l'impression que parce qu'on vient des villages, certains pensent qu'on est des innocents. Je n'en reviens pas!»

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