Foire en ville: la 5e Avenue prise d'assaut

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Entre 12 000 et 15 000 personnes se sont déplacées sur la 5e Avenue à Shawinigan, en fin de semaine, pour dénicher la perle rare dans le bazar présenté par 320 commerçants.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Il y avait de tout sur les 320 tables qui s'égrenaient de chaque côté de la 5e Avenue en fin de semaine. De la cuillère de bois au poste de télévision d'une époque révolue, de tout pour tous les goûts dans le cadre de la 15e édition de la Foire en ville du secteur Shawinigan-Sud. Pendant deux jours, des milliers de personnes ont déambulé à la recherche de l'objet rare à se procurer pour une bouchée de pain.

Ginette et Pierre Bédard dressent leur table dans... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Ginette et Pierre Bédard dressent leur table dans tous les marchés aux puces de la région. La Foire en ville est leur bonbon annuel.

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Claude Pion, commerçant «de la rue» à la... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste) - image 1.1

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Claude Pion, commerçant «de la rue» à la Foire en ville, aime l'événement davantage pour les rencontres qu'il y fait que pour les profits amassés. 

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Du monde, il y en avait. Le soleil incitant à la flânerie, la 5e Avenue, fermée à la circulation, était pour ainsi dire noire de monde. Autant de monde qui, à défaut de faire du lèche-vitrines, s'est adonné dans un esprit festif manifeste au lèche-tables et aux bavardages. Selon le président sortant de l'Association des gens d'affaires du secteur Shawinigan-Sud (AGASSS), Jean-Pierre Hamel, environ 128 000 $ sont ainsi passés d'une main à l'autre durant les deux jours de l'événement. Cela sans compter les retombées économiques indirectes qui ont fait la joie des 73 places d'affaires tenant pignon sur rue sur la 5e Avenue, parmi lesquelles plusieurs restaurateurs et tenanciers dont les terrasses débordaient.

Mais ce n'est pas l'argent qui a attiré Claude Pion dans le giron de cette Foire en ville. Depuis quatre ans, le commerçant «de la rue» vend pour environ 800 $ d'artéfacts divers par année, parfois un peu plus, parfois un peu moins. Une somme bien dérisoire à côté des rencontres humaines et des relations interpersonnels qu'il tisse avec ses clients «de la rue».

«Les gens sont accueillants. C'est absolument plaisant. J'aime le contact humain, pas juste de vendre des trucs. Les gens sont chaleureux, ils s'ouvrent à nous, on leur dit bonjour. Je pense que c'est là l'essentiel de l'événement et ce qui fait que cet événement est tant apprécié», croit M. Pion.

Une idée sur laquelle Ginette Bédard fait du pouce. Elle et son conjoint, Pierre, se mêlent à la Foire en ville depuis deux ans. Originaire de Nicolet, le couple propose aux chalands une kyrielle d'objets divers dans plusieurs marchés aux puces de la région. Shawinigan-Sud est leur bonbon. Même s'ils y font de bonnes affaires, en plein air de surcroît, les liens privilégiés qu'ils développent avec les chercheurs d'aubaines et les curieux valent leur pesant d'or. «On est ici pour participer à la fête. On aime bien ça quand il y a beaucoup de monde», assure Mme Bédard.

Le couple nicolétain a craint, comme d'autres, que cette Foire ne résiste pas au départ à la retraite du président de l'AGASSS, mais qui plus est à la subvention municipale de 15 000 $ retranchée du budget de fonctionnement. «On aurait été tellement déçus si l'événement n'avait pas eu lieu. C'est un beau marché, tu fais des belles ventes, tu vois beaucoup de monde», mentionne Mme Bédard. «On espère qu'il va y avoir une Foire l'an prochain», renchérit son conjoint, en se désolant de ne pas avoir une minute devant lui pour visiter les autres tables tant les clients sont nombreux.

«J'espère que l'événement va se poursuivre, car c'est valorisant à quelque part. Être ici, ça nous fait penser à autre chose, ça nous fait vivre autre chose. Parfois, dans le travail, on s'oublie, mais un événement comme ça, c'est différent», soutient M. Pion en comptant bien être du nombre de commerçants l'an prochain.

Une structure à repenser

Rencontré sur place, le président de l'AGASSS est d'avis que la Foire en ville devra se réinventer si elle veut perdurer. Comme ce rendez-vous attire entre 12 000 et 15 000 visiteurs annuellement, son organisation quémande de plus en plus de temps. Du temps que ce bénévole et son équipe n'ont pas toujours à investir. Déjà, l'homme fort des commerçants de Shawinigan-Sud jongle avec une idée qu'il juge intéressante, mais qui devra être actualisée par d'autres. Si M. Hamel a confiance que l'événement demeure dans l'avenir et soit appelé à grandir davantage, il est bien conscient que l'AGASSS ne peut plus soutenir financièrement cette «activité commerciale» dont les dépenses s'élèvent, grosso modo, à 30 000 $.

«Des gens se sont manifestés pour prendre ma relève. Il y a des organismes bien cotés qui sont capables de faire rouler l'événement. Ce que je leur ai suggéré, c'est que à l'AGASSS, on a un budget pour faire tout ce qu'on fait. Quelqu'un pourrait reprendre juste la Foire en ville, sans prendre la présidence de l'AGASSS, et transformer cette activité commerciale en événement, comme un festival d'été. À ce moment-là, il pourrait générer des profits et aller chercher des commanditaires, des subventions autant gouvernementales que municipales. Sortir l'événement de l'AGASSS, ça serait plus facile comme ça», estime-t-il avant de replonger, visiblement heureux, dans son bain de foule.

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