Le programme de contrôle des insectes piqueurs pourrait reprendre à Shawinigan

Le conseil municipal s'était résigné à suspendre le... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

Agrandir

Le conseil municipal s'était résigné à suspendre le contrôle des insectes piqueurs dans la préparation de son budget 2015 en raison des pertes de revenus engendrées par le pacte fiscal transitoire de Québec.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Malgré un printemps en demi-teintes qui ne favorise guère les activités extérieures, le maire de Shawinigan, Michel Angers, mentionne qu'il possède déjà sur son bureau une quantité assez impressionnante de commentaires qui déplorent la suspension du programme de contrôle des insectes piqueurs pour cette année.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, en compagnie... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, en compagnie du représentant de GDG Environnement, Richard Vadeboncoeur, lors d'une rencontre d'information sur le contrôle biologique des insectes piqueurs en 2012. 

Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste

Si le gouvernement du Québec redonne un peu d'air aux municipalités dans le nouveau pacte fiscal, pariez que l'épandage du larvicide biologique reprendra dès l'an prochain.

«Nous avons une montagne de plaintes», raconte M. Angers. «Les gens se font piquer, à Saint-Gérard-des-Laurentides en particulier. On ramasse les pétitions, les courriels et il y en a beaucoup.»

Contraint d'identifier des économies de 1,2 million de dollars pour compenser la perte de revenus engendrée par le pacte fiscal transitoire de Québec, le conseil municipal s'était résigné à suspendre le contrôle des insectes piqueurs dans la préparation de son budget 2015.

En octobre 2014, la Ville s'était pourtant engagée, par contrat, avec le fournisseur de services, GDG Environnement. Mais deux mois plus tard, les élus avaient annoncé qu'ils préféraient utiliser ce montant de 837 000 $ à d'autres fins. L'entreprise trifluvienne a accepté de reporter l'entente à l'an prochain.

Après un projet pilote concluant dans le secteur Saint-Gérard-des-Laurentides en 2012, la Ville avait décidé d'étendre l'épandage du larvicide biologique à l'ensemble de son territoire en 2013 et en 2014. Malgré un préjugé favorable, le maire ne peut engager tout de suite le conseil municipal pour l'année 2016. «On va voir, il y a toute une question financière aussi», rappelle-t-il. «Des gens me rappellent qu'à Trois-Rivières, la couverture avait été agrandie alors que nous, on l'enlève! Mais nous devions trouver de l'argent.»

«Si nous avons un peu d'air avec le pacte fiscal, en plus des mesures d'économies potentielles à l'interne, le plan de match sera de remettre le programme en marche l'an prochain. Mais ça reste tributaire des prévisions budgétaires.»

Impossible d'y échapper

Richard Vadeboncoeur, biologiste et directeur au développement des affaires chez GDG Environnement, fait remarquer que la décision de Shawinigan représente un cas unique parmi les clients de l'entreprise en 2015.

En fait, trois nouvelles municipalités ont décidé de s'engager cette année pour l'épandage du larvicide biologique pour le contrôle des insectes piqueurs, sans oublier Trois-Rivières, qui a ajouté le quartier des Vieilles-Forges et le secteur Pointe-du-Lac à la desserte qui comprenait déjà Trois-Rivières-Ouest, Saint-Louis-de-France et Sainte-Marthe-du-Cap.

Le porte-parole insiste sur le fait que la présence d'insectes piqueurs ou de mouches noires demeure un phénomène très local, qui ne touche donc pas également tous les secteurs. Il est convaincu que Shawinigan reprendra le programme car selon lui, les prochaines semaines convaincront les plus sceptiques, avec la résurgence des simulium jenningsi. Les amateurs de plein air connaissent bien ces insectes, dont le plaisir consiste à tourner en orbite autour des têtes, avec quelques incursions dans le nez et les oreilles en prime.

«Elles sont associées à la rivière Saint-Maurice, un peu à la rivière Shawinigan aussi et ce sont des mouches d'été», explique M. Vadeboncoeur. «Les premières vont sortir ces jours-ci. Étant donné qu'elles ont plusieurs générations, il y a un phénomène d'amplification durant l'été. C'est pourquoi on les retrouve encore en très grand nombre à l'automne.»

Le biologiste précise que le traitement dont Shawinigan a bénéficié au cours des deux dernières années ne viendra pas au secours des résidents cet été.

«Quand on retourne au printemps, c'est toujours plein de larves», fait-il remarquer. «C'est la résilience de la nature, qui revient rapidement à son état initial. C'est sûr que si on travaillait au DDT, il pourrait y avoir des effets pendant des années! Mais nous utilisons le Bti depuis 1982, un produit biologique qui se dégrade dans les jours suivants. Le produit tue la génération présente et c'est tout. C'est pourquoi il faut retourner pour le traitement.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer