Surplus rachitique à Shawinigan

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

Agrandir

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) La Ville de Shawinigan a marché sur un fil de fer en 2014 pour finalement réussir à équilibrer son budget. Dans les états financiers déposés hier soir en séance publique, Sylvie Lavoie, directrice des Services administratifs, a précisé que la dernière année s'est conclue avec un excédent de 130 400 $, une goutte d'eau sur un budget de 81,7 millions $.

En fait, si on exclut le déficit de 189 000 $ enregistré en 2002, lors de la première année de la fusion municipale, la Ville de Shawinigan telle qu'on la connaît aujourd'hui a dégagé le plus faible surplus de son histoire en 2014. Autre fait exceptionnel, ce résultat correspond presque parfaitement à la prévision avancée l'automne dernier lorsque le maire, Michel Angers, avait présenté la situation financière de la Ville. Il prévoyait alors un surplus de 132 000 $ pour 2014.

Il faudra toutefois davantage que la justesse d'une prévision pour lui redonner le sourire à ce sujet.

«Si nous n'avions pas compressé nos dépenses au maximum, nous aurions été dans le trouble», commente-t-il. «Notre stratégie d'amener la croissance de nos dépenses autour de 0 % a été la bonne.»

En fait, les charges ont même subi un léger recul de 0,46 % entre 2013 et 2014 à Shawinigan. Au prix de ces efforts, la Ville est parvenue à dégager un surplus rachitique. À titre indicatif, son excédent record s'était produit en 2010, à 3,264 millions $.

M. Angers attend avec impatience de voir ce que le gouvernement du Québec réservera aux municipalités dans le prochain pacte fiscal. Il s'attend à en connaître les grandes lignes en septembre.

Dans ces circonstances, le maire n'avait pas le goût de répondre aux suggestions de la porte-parole de Shawinigan citoyens avertis, à la période de questions de la séance publique.

Dans son exposé, Diane Borgia a rapporté des propos des maires de Lévis et de Hawkesbury sur l'importance d'une gestion serrée, des exemples à suivre, selon elle. Mme Borgia se questionne aussi sur la pertinence de créer une nouvelle structure économique à l'hôtel de ville, pour prendre la relève du Centre local de développement de Shawinigan.

Le maire a remercié la dame pour son «survol médiatique», sans commenter davantage.

«Que voulez-vous répondre à ça», soupire-t-il. «Il faudrait arrêter tout, ne plus rien faire, ne plus engager personne pour faire du développement économique. D'un côté, j'entends ce discours et de l'autre, j'entends 95 % des gens qui veulent toutes sortes de choses. Il faut balancer tout ça.»

En détails

Dans son exposé, Mme Lavoie rappelle que le conseil municipal a autorisé des montants de l'excédent non affecté à divers projets en 2014. Ainsi, 411 000 $ ont été utilisés pour le contrôle des insectes piqueurs, 32 000 $ pour le remboursement des dépenses électorales et 263 000 $ ont aussi été pigés pour pallier la perte de la compensation de la taxe de vente du Québec.

Bonne nouvelle cependant, 154 000 $ ont été envoyés dans l'excédent en raison des travaux de l'aménagement extérieur de l'amphithéâtre qui ont coûté moins cher que prévu. Au 31 décembre 2014, l'excédent non affecté s'établissait à 2 852 000 $.

La vigueur de la construction résidentielle a permis à la Ville d'augmenter ses revenus de taxes de 586 000 $ en 2014. Par contre, les droits de mutation ont diminué de 243 000 $ et les billets d'infraction, de 143 000 $.

Du côté des dépenses, le contrôle des animaux a entraîné des débours supplémentaires de 213 000 $. Heureusement, Dame nature s'est montrée conciliante, puisque la voirie d'hiver a coûté 278 000 $ de moins que prévu.

L'endettement total net à long terme s'établit maintenant à 149,4 millions $. Ce montant grimpe à 191,2 millions $ lorsqu'on y ajoute les sept organismes sur lesquels la Ville exerce un contrôle financier ou administratif. La valeur nette des immobilisations se situe à 362 millions $.

Pour Mme Lavoie, il s'agissait de ses derniers états financiers, puisqu'elle quitte pour la retraite dans une dizaine de jours. Elle met ainsi un terme à une carrière de 17 ans à la Ville de Shawinigan.

«Les règles comptables se sont beaucoup complexifiées au fil des années», fait-elle remarquer. «Ça change continuellement. On regarde les états financiers et il y a des bouts qui sont difficiles à comprendre. Ce n'est pas à la portée de tout le monde.»

guy.veillette@lenouvelliste.qc.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer