Noms de rues: le dévoilement du scénario final repoussé

Le maire de Shawinigan avait demandé au directeur... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan avait demandé au directeur du Service de sécurité incendie, François Lelièvre et au directeur du poste de la Sûreté du Québec à Shawinigan, Jean-Pierre Cossette, d'être présents mardi soir pour répondre aux questions des citoyens sur les enjeux de sécurité liés à l'harmonisation des noms de rues.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Autre soirée mouvementée au conseil municipal de Shawinigan mardi soir, où deux agents de sécurité avaient été assignés pour expulser les citoyens indisciplinés, une première depuis l'arrivée de Michel Angers à l'hôtel de ville en 2009.

Une fois de plus, l'harmonisation des noms de rues a accaparé une bonne partie de la période de questions, mais la nouveauté dans ce dossier a été confiée par le maire en entrevue, à la fin de la séance publique: le dévoilement du scénario final est repoussé.

En effet, au moment des consultations publiques en février, l'échéancier présenté prévoyait que le comité de toponymie remettrait son travail au conseil municipal au printemps. Les élus adopteraient ensuite la proposition d'harmonisation des noms de rues en mai ou plus vraisemblablement, en juin.

Mardi soir, au termes d'échanges musclés entre des opposants entêtés et un maire irrité, M. Angers a confirmé que l'adoption de la résolution pour officialiser ce projet ne surviendra finalement pas au printemps. «Ça va aller à l'automne», laisse-t-il tomber. «On travaille avec la commission de toponymie. Il y a des délais. Des travaux additionnels devront être faits.»

Plus tard en entrevue, M. Angers a mentionné qu'il ne souhaitait pas préciser un nouvel échéancier. «Quand ce sera prêt, on va le faire», laisse-t-il tomber. «Mais ce ne sera pas en juin.»

Rappelons que la commission de toponymie a reçu quelque 200 nouvelles suggestions à la suite du dernier processus de consultation. Parmi les éléments délicats, elle doit trancher l'avenir de la 5e Rue au centre-ville. Lors de l'assemblée d'information du 16 février à l'Auberge Gouverneur, M. Angers avait annoncé en grande pompe que cette artère deviendrait la rue Jean-Chrétien.

Mais la Commission de toponymie du Québec a émis de sérieuses réserves, parce qu'elle ne peut officialiser un odonyme qui honore une personnalité toujours vivante. Pour modifier l'appellation d'une voie déjà reconnue par l'organisme, comme la 5e Rue, la situation se complique davantage.

Mardi soir, Patrice Bolduc est revenu à la charge au sujet de la rue Jean-Chrétien. M. Angers a simplement réitéré que le conseil municipal attendait la proposition finale, mais que «l'objectif n'était pas de se mettre en porte-à-faux» avec la Commission de toponymie du Québec.

Pendant la période de questions, lors d'une nouvelle intervention colorée d'Alain Huard sur ce sujet, le maire a mentionné que «le conseil municipal a confirmé l'objectif (d'harmonisation) à nouveau» en séance privée lundi soir. Invité à préciser la nature de ce tour de table en entrevue, M. Angers n'a pas voulu en dire beaucoup plus. «On discute à toutes les réunions plénières de tous les dossiers, incluant celui de l'harmonisation», souligne-t-il. «Le plan de match ne change pas.»

Longue période de questions

Une fois de plus, le maire a laissé la chance à tous les intervenants de s'exprimer pendant l'interminable période de questions qui a duré tout près de 90 minutes, soit trois fois plus de temps que ce que prévoit le règlement municipal.

M. Angers a toutefois servi une sérieuse mise en garde aux quelque 75 citoyens réunis dans la salle. Le chahut et les cris qui avaient ponctué la séance régulière d'avril ne seraient pas tolérés cette fois-ci. La période de questions s'est finalement déroulée dans l'ordre, bien que le maire ait dû endurer quelques rires sarcastiques lorsqu'il s'évertuait à défendre la nécessité du projet d'harmonisation des noms de rues. Diane Borgia, porte-parole de Shawinigan citoyens avertis, a d'ailleurs déposé une nouvelle pétition de 679 citoyens contre ce projet, dont près de 200 gens d'affaires, selon elle.

Après de longues minutes d'échanges sur des arguments maintes fois avancés d'un côté comme de l'autre, M. Angers s'est cabré lorsque le débat a dévié sur l'endettement de la ville. «Le travail ne se fait pas assis sur une chaise en attendant que ça tombe du ciel», s'emporte-t-il. «On peut toujours dire qu'il ne se passe rien et que c'est mal géré, mais on peut aussi se dire qu'on va toujours trop loin pour ceux qui ne vont nulle part, comme disait Pierre Falardeau. Si on ne fait rien, c'est sûr qu'il n'arrivera rien.»

Mme Borgia est aussi revenue avec sa demande d'appui pour un vérificateur général à Shawinigan, mais elle a évidemment reçu un nouvel accueil glacial. «Vous habitiez à Laval auparavant», fait remarquer le maire. «Est-ce qu'un vérificateur général a empêché l'ex-maire Vaillancourt de frauder? Nous avons un conseil municipal qui fait attention aux dépenses et qui est sans aucune tache.»

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