Les Shawiniganais invités à faire sortir la visite

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Valérie Lalbin, directrice générale de l'Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Tout près de huit visiteurs sur dix à Shawinigan passeront la nuit chez des parents, des amis, dans un chalet ou une maison de villégiature privée. Leur passage échappera donc complètement aux hôteliers et pour l'Office de tourisme, foires et congrès, cette clientèle doit absolument être atteinte pour qu'elle produise des retombées économiques concrètes lors de son passage.

Ce raisonnement est apparu après la lecture d'une étude de Statistique Canada sur les indicateurs globaux de la performance de Shawinigan en tourisme d'agrément. Les données recueillies portent sur l'année 2013 et elles comprennent les visiteurs québécois de 18 ans et plus ayant parcouru au moins 40 kilomètres.

Dans ce rapport bisannuel, Statistique Canada recense 444 000 nuitées à Shawinigan en 2013, une hausse de 27 % par rapport à 2011. De ce nombre, 77 % ont choisi un hébergement non commercial. Seulement 14 % ont réservé dans un motel, un hôtel, un gîte ou un chalet commercial et 8 %, dans un camping ou une roulotte.

Il faut également noter que deux visiteurs sur trois ne coucheront pas à Shawinigan lors de leur passage. Pas surprenant quand on sait que 62 % des touristes ont parcouru moins de 160 kilomètres avant d'arriver ici.

Pour Valérie Lalbin, directrice générale de l'Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan, le défi ne consiste pas tant à convaincre les visiteurs de coucher dans les hôtels, mais bien de trouver une façon de les atteindre chez leurs hôtes. «Il faut, au moins, arriver à les faire consommer autour», explique-t-elle. «Il ne faut pas seulement qu'ils viennent voir leurs parents ou leurs amis. Un BBQ dans la cour, c'est bien, mais peut-on faire autre chose? Il faut vendre nos restaurants, nos microbrasseries, nos activités à proximité.»

Or, pour que les visiteurs soient tentés par ces découvertes, leurs hôtes doivent eux-mêmes les connaître et surtout, les apprécier. Ils peuvent alors jouer le rôle d'ambassadeurs. «Nous faisons des actions auprès des Shawiniganais pour faire valoir le récréotourisme pour qu'ils soient de bons vendeurs et qu'ils soient des consommateurs», souhaite Mme Lalbin.

Les visiteurs connaissent généralement la Cité de l'énergie, mais ils peuvent être entraînés dans de belles découvertes si leurs hôtes les invitent au parc national de la Mauricie, à la vallée de Rocanigan ou aux Divins détours. Ces endroits doivent toutefois avoir charmé les Shawiniganais pour qu'ils puissent les vanter à leur tour.

La directrice générale relève également le fait que sur les 565 000 visites-personnes recensées en 2013, une autre hausse appréciable de 22 % par rapport à 2011, 75 % avaient pratiqué une activité sportive ou en plein air. Les autres avaient préféré une activité culturelle. «Ça oriente toute ma publicité», indique Mme Lalbin. «À mon avis, pendant longtemps, on a oublié de positionner les forces vives liées à cela. Ça explique aussi pourquoi le tourisme sportif fait partie de nos stratégies. Ces chiffres ne sont pas anodins pour nous.»

Parmi les autres données de cette étude, notons que Statistique Canada évalue à un peu plus de 44 millions de dollars les dépenses touristiques à Shawinigan en 2013, une augmentation de 19 % par rapport à 2011. Le nombre d'emplois directs et indirects liés à cette industrie a suivi la même tendance au cours de cette période, passant de 742 à 880.

Ces indicateurs ont été insérés dans le rapport annuel 2014 de l'Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan, un document très étoffé d'une trentaine de pages. Parmi les faits saillants, notons l'augmentation de 19 % du nombre de produits partenaires au cours de la dernière année, un indice qui démontre que le milieu apprivoise de mieux en mieux cet organisme créé en 2012. Mme Lalbin glisse qu'elle s'était fixé un objectif de croissance de 15 %.

Les projets pilotes d'accueil touristiques hors murs ont aussi beaucoup attiré l'attention en 2014, à la suite de la fermeture du Bureau d'accueil touristique de Grand-Mère. Les bornes numériques et l'équipe mobile ont pris la relève et cette initiative a valu à l'OTFC un prix Azimut argent du ministère du Tourisme pour son caractère innovant.

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