Parc industriel à Shawinigan: Michel Angers aurait pris la même décision

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne sait... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne sait pas pourquoi la compagnie RIMA ne s'est pas établie dans le parc industriel à grand gabarit de Shawinigan. Il demeure toutefois convaincu qu'on y retrouvera éventuellement des centaines d'emplois.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne peut cacher un certain inconfort en se remémorant la précipitation avec laquelle les citoyens ont été avisés qu'ils devraient être expulsés de leur domicile pour un projet industriel qui ne s'est finalement jamais réalisé. Toutefois, il demeure convaincu qu'un jour ou l'autre, ce vaste espace de 170 hectares accueillera des centaines d'emplois. «Est-ce que nous avons fait une bonne affaire?», questionne le maire à voix haute.

«Dans les mêmes circonstances, j'aurais pris la même décision parce que j'avais un potentiel de 350 emplois et 200 millions $ d'investissements. C'est une usine que j'ai vue, j'ai vu les plans. Tout me portait à croire, avec l'entente et leur volonté, que ça se réaliserait. Pourquoi ont-ils viré de bord et sont-ils allés aux États-Unis? Je ne le sais pas.»

M. Angers considère que jusqu'à maintenant, au-delà du drame émotif vécu par les citoyens, ces derniers ont obtenu une juste compensation pour les désagréments encourus. «Presque la totalité des gens sont satisfaits aujourd'hui», observe-t-il. «Pour la plupart, ils ont amélioré leur sort. Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous avons fait ça. Mais j'ai appris que lorsqu'on transige avec d'autres pays, comme le Brésil et l'Espagne par exemple, il faut plus qu'une entente.»

Force est d'admettre que le degré d'urgence qui prévalait au printemps 2012 fait mal paraître les élus trois ans plus tard. «Si j'avais su ce que je sais aujourd'hui, nous aurions agi différemment», convient le maire. «On ne déplace pas des gens pour le plaisir. Aurait-on pu faire les affaires différemment? RIMA voulait la totalité du site. Nous avons négocié, mais ils voulaient la totalité et pas de résidences autour. Et nous, on voulait ce projet.»

Nouveau portrait

M. Angers fait remarquer qu'au printemps 2012, la Ville ne travaillait pas sur la reconversion industrielle de deux sites importants, ceux de Rio Tinto Alcan et de Produits forestiers Résolu. Bien que les fermetures de ces usines demeuraient prévisibles, ces propriétés industrielles ne pouvaient accueillir rapidement un projet aussi important que celui que RIMA laissait miroiter. «Il y avait d'autres projets pour les salles de cuves à ce moment», glisse le maire. «Rio Tinto Alcan a toujours travaillé avec nous pour trouver un projet de remplacement. Le site était un peu réservé.»

D'ailleurs, même dans le dossier FerroAtlántica, la multinationale s'est d'abord intéressée au parc industriel à grand gabarit du secteur Saint-Georges avant d'être attirée par le site de l'ancienne aluminerie.

Le contexte actuel fait dire à M. Angers que Shawinigan dispose d'espaces et d'infrastructures de qualité pour attirer des projets industriels. Pour le moment, du côté du secteur Saint-Georges, il prône encore la patience, même si, en octobre dernier, il avait affirmé, en assemblée publique, que ce site pourrait devenir un parc industriel conventionnel.

«On va le garder pour encore un bout de temps», explique le maire. «Mais avec la démarche que nous faisons en développement de la petite et moyenne entreprise, il y a de plus en plus d'engouement. Si on est reconnu au Québec, je me dis qu'à moyen et à long terme, il y aura des retombées. Aurons-nous besoin d'espace?»

«Pour le moment, ça reste un parc industriel à grand gabarit. Il est dans le porte-folio d'Investissement Québec et des investisseurs viennent voir parce que nous avons un parc industriel à grand gabarit. Mais je ne peux pas garantir qu'on le gardera toujours dans cette fonction.»

M. Angers assure que l'avenir du site sera guidé par les besoins et non par une pression politique ou financière. «Toutes les options demeurent ouvertes, mais il faudra que ça se rentabilise. Ce n'est pas une pression financière, c'est une obligation de résultat. Nous avons pris cette décision pour faire du développement économique. Le premier objectif, c'est de se donner des espaces pour créer des emplois.»

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