Eaux usées au lac à la Tortue: «Il y a les deux tiers du chemin qui sont franchis»

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'adoption d'une résolution portant sur un engagement financier de la Ville de Shawinigan pour réaliser le projet d'assainissement des eaux usées autour du lac à la Tortue suscite même l'enthousiasme de l'association qui milite en faveur d'actions concrètes pour sauver ce plan d'eau depuis une trentaine d'années. Un indice comme quoi cette fois-ci, c'est vraiment du sérieux.

Rappelons que mardi dernier, le conseil municipal annonçait qu'il adhérait à la proposition d'un partage financier à parts égales avec Québec et Ottawa sur un projet maintenant évalué à 43 millions de dollars, en raison de l'exclusion de deux zones par rapport au projet initial estimé à 55,1 millions $. Il ne reste plus que la confirmation de la participation fédérale pour boucler le montage financier, puisque le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, a confié que celle du gouvernement provincial était maintenant acquise.

Le projet d'assainissement des eaux usées a suivi une cascade de déceptions au fil des décennies. Le fait saillant s'est probablement produit en décembre 2007, lorsque l'ex-ministre Nathalie Normandeau avait pris même les élus locaux par surprise en annonçant la réalisation de ce projet, qui devait être un baume à la suite de la fermeture de l'usine Belgo. La première pelletée de terre ne s'est jamais produite et cette annonce bâclée a défrayé la manchette pendant la commission Charbonneau, en juin 2014.

Cette fois cependant, l'Association pour la protection du lac à la Tortue croit qu'elle pourra s'appuyer sur du concret très bientôt. Le président, Claude Vaugeois, salue d'ailleurs le travail de son député et du conseiller municipal du district des Boisés, Martin Asselin, qui sont demeurés étroitement en contact avec l'APL au cours des derniers mois pour partager l'évolution du dossier.

«Ça fait énormément longtemps qu'on pousse», reconnaît M. Vaugeois. «On reste prudent, mais il y a quand même les deux tiers du chemin qui sont franchis. Il ne reste plus que le fédéral.»

«Nous sommes restés discrets sur le cheminement, parce que nous avons subi souvent des déceptions», ajoute le porte-parole. «Je suis plus confiant cette fois-ci, parce qu'habituellement, dans le cadre des programmes d'infrastructures, c'est le gouvernement provincial qui établit ses priorités.»

De son côté, M. Giguère ne veut pas se compromettre, bien qu'il ne puisse non plus trahir son optimisme.

«Le premier dossier provincial qui sera déposé (dans le cadre du programme Chantiers Canada), ce sera celui du lac à la Tortue», raconte-t-il. «Je suis donc excessivement confiant, mais il faut attendre la signature avec Ottawa. Le degré d'optimisme du député est extrêmement élevé. Mais je suis capable de comprendre que ça fait des dizaines d'années que ce dossier traîne et que les citoyens attendent du concret avant d'avoir la coupe aux lèvres.»

L'information s'emballe

En attendant, les riverains ne manqueront pas d'avancer des scénarios sur les coûts qu'ils devront absorber pour réaliser ce projet. Un montant moyen de 14 000 $ par propriété a déjà été lancé, mais M. Vaugeois croit qu'il s'agit d'une estimation sommaire incomplète. Il évalue toutefois que les riverains s'attendent à débourser autour de 15 000 $ pour être desservis par le réseau public d'égouts.

«Il se dit toutes sortes des choses, toutes sortes de prix se donnent», observe-t-il. «La subvention couvrira 66 % du réseau, mais pour le traitement et l'interception de conduites, c'est 85 %. Il y a des nuances à apporter. Dans notre esprit, 14 000 $ par résidence, c'est le gros maximum.»

Le projet comprend également le bouclage au réseau d'aqueduc pour environ 280 résidences, dont la facture sera évidemment un peu plus élevée. M. Vaugeois fait remarquer que l'investissement impliquera un autre élément dont on ne parle peut-être pas assez souvent.

«Je vous défie de circuler à 50 km/h autour du lac», souligne-t-il. «La route est atroce. La voirie devra être refaite et quelqu'un devra assumer la facture. Quand on fait un réseau d'égouts, on refait la voirie en même temps et cette fois, elle sera subventionnée aux deux tiers.

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