Harmonisation: le maire a-t-il créé un monstre?

Michel Angers aurait aimé expliquer calmement les éléments... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Michel Angers aurait aimé expliquer calmement les éléments qui militent en faveur de l'harmonisation des noms de rues à Shawinigan, mardi soir, mais les opposants ne semblaient pas très réceptifs à ses arguments.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La capacité de Michel Angers à mobiliser les gens sur des enjeux très précis constituera sans doute la signature de son règne à l'hôtel de ville de Shawinigan. Mais à voir la grogne germer autour du projet d'harmonisation des noms de rues, on peut se demander si ce réflexe d'organiser la contestation pour faire pression ne se retourne pas contre lui.

«J'ai participé à de nombreuses manifestations dans ma vie dans un objectif précis, celui de me faire entendre», confie M. Angers. Il qualifie même «d'excellente nouvelle» le fait de constater que ses concitoyens prennent la peine de se mobiliser sur un enjeu.

«Mais il faut voir quelles sont les intentions derrière un certain nombre d'entre eux», nuance-t-il. «Pour quelques-uns, il n'y a jamais rien qui fonctionne. Ces gens réussissent à attirer l'attention et c'est correct. Les médias leur prêtent une oreille et c'est normal, ça amène une opposition et ça fait partie de la vie démocratique.»

Le maire est toutefois agacé de constater que les arguments qu'il avance pour justifier la nécessité de cette opération ne sont pas entendus par les opposants. Mardi soir, quand il a voulu répondre aux nombreuses interrogations qui lui avaient été adressées sur le dossier d'harmonisation des noms de rues, il a été chahuté.

Malgré cette soirée houleuse, M. Angers ne laisse pas la moindre ouverture aux opposants. L'harmonisation des noms de rues se réalisera au cours des prochaines semaines, principalement pour des raisons de sécurité, martèle-t-il.

Le maire de Shawinigan continue de banaliser la contestation. Dans son esprit, il ne fait aucun doute que la majorité de la population appuie ce projet d'harmonisation.

«On s'entend que Shawinigan citoyens avertis, avec Mme (Diane) Borgia en tête et son équipe de dix ou douze personnes qui sont à peu près contre tout ce qui se passe ici, est capable de faire une certaine mobilisation», observe-t-il.

«Mais je vais dans plein de secteurs, incluant Grand-Mère, et les gens me disent que c'est important de s'inscrire dans cette démarche. Vous entendez la partie la plus critique, la plus contestataire, mais moi, j'entends aussi d'autres personnes qui se disent que le projet d'harmonisation se fait correctement.»

«Nous avons beaucoup d'informations que les citoyens n'ont pas», fait-il remarquer. «Souvent, les gens n'ont qu'une partie de l'information ou ne sont informés que de façon sélective. Quand Mme Borgia dit que l'harmonisation va nous coûter entre 800 000 $ et un million $, elle prend ça où?»

Sur ce point précis, M. Angers mentionne qu'en 2014, le conseil municipal avait prévu un budget de 90 000 $ pour l'harmonisation des noms de rues, sur un investissement total de 300 000 $. Or, à la fin de la dernière année, seulement 65 000 $ ont été finalement dépensés. Le maire est maintenant convaincu que le budget de 300 000 $ ne sera pas entièrement engagé.

«Il se dit toutes sortes de choses, de faussetés par des gens qui savent très bien qu'ils disent des faussetés», se désole le maire.

Autres actions

Du côté de Shawinigan citoyens avertis, Diane Borgia n'est pas impressionnée par l'intransigeance du maire sur sa volonté de réaliser l'harmonisation des noms de rues malgré l'opposition qu'il rencontre. Elle prévoit au moins un autre coup d'éclat d'ici la prochaine séance publique régulière, le 12 mai.

«C'est sûr qu'on ne laisse pas tomber», lance-t-elle fermement. «Les gens commencent à se réveiller!»

Mardi soir, Mme Borgia a défié le maire de produire les relevés de tous les appels d'urgence des dix dernières années, que ce soit pour les policiers, les pompiers ou les ambulanciers, pour démontrer qu'il existe réellement un risque de confusion fatal pour les premiers secours.

«Pour nous faire accepter le projet, il se base sur le fait que nos vies sont en danger», explique-t-elle. «Si le maire nous sort des statistiques qui nous démontrent des cas problématiques, je ferai amende honorable sur la nécessité de changer certains noms de rues. Mais pourquoi ne l'ont-ils pas déjà fait? Le maire dormait bien avec ça?»

«Il ne s'est pas basé sur des éléments rationnels, mais émotifs», ajoute Mme Borgia. «Sur l'interprétation de son fameux sondage selon lequel les gens étaient prêts à devenir Shawiniganais. On ne base jamais un objectif sur un aspect émotif. Ça prend du concret. Démontrez-moi que c'est une nécessité et personne ne se serait levé. Mais c'est de l'improvisation depuis le début.»

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