Assemblée publique houleuse à Shawinigan

La porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis, Diane... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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La porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis, Diane Borgia, a adressé plusieurs questions aux membres du conseil.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a dû puiser dans sa vaste expérience d'ancien syndicaliste pour garder le contrôle sur l'assemblée publique de mardi soir, à l'hôtel de ville. En plus d'une forte mobilisation pour demander aux élus de renoncer au projet d'harmonisation des noms de rues, le conseil municipal s'est retrouvé dans ses petits souliers en entendant le récit de plusieurs citoyens victimes d'un refoulement d'égouts sur le boulevard des Laurentides, dimanche.

Ça a chauffé sérieusement dans la salle, au point où le maire a menacé de faire appel à la sécurité pour expulser un citoyen un peu trop agité à son goût. Plus d'une centaine de personnes étaient réunies pour cette assemblée publique. Une trentaine d'entre elles ont dû rester debout en raison d'un manque de chaises. La rencontre s'est terminée à 21 h 30, principalement en raison d'une période de questions qui a frôlé la centaine de minutes.

Le regroupement Shawinigan citoyens avertis avait annoncé ses couleurs la semaine dernière et comme prévu, sa porte-parole, Diane Borgia, s'est adressée aux élus en laissant ses gants blancs au vestiaire.

Après avoir refait l'histoire des débats sur la nécessité de procéder à l'harmonisation des noms de rues à Shawinigan depuis la fusion, Mme Borgia a repris les arguments sur la sécurité et la localisation pour les tourner en dérision. Une ville dont la dette s'est appréciée de 73 % depuis quatre ans ne peut se permettre d'investir dans un projet pour régler un problème qui n'a jamais existé depuis la fusion, martèle-t-elle, en faisant remarquer que jamais la population n'avait été consulté sur la pertinence de cette démarche.

Interrompue par de nombreux applaudissements de la salle, la porte-parole de SCA a vraiment soulevé les acclamations lorsqu'elle a abordé l'importance de maintenir l'identité des secteurs.

«Monsieur le maire, vous n'avez jamais eu le mandat pour détruire nos racines et effacer plus de cent ans d'histoire!»

Mme Borgia a aussi profité de sa tribune pour s'adresser aux conseillers municipaux.

«Ne devez-vous pas être sensibles à la grogne exprimée dans vos secteurs respectifs?», questionne-t-elle. «Quel est votre rôle? Est-ce qu'il n'y a qu'un seul maître à bord à Shawinigan?»

«En tant qu'élus, vous êtes censés représenter la population et faire preuve d'écoute. Plutôt que de nous revenir avec des réponses toutes faites, nous vous demandons de renoncer à votre projet. Ce n'est pas déshonorant de reculer.»

Avant elle, Patrice Bolduc, résident du centre-ville, avait mis la table en déposant sa pétition de 2151 noms de personnes qui réclament le maintien de la 5e Rue au centre-ville.

M. Bolduc s'est inspiré de l'actualité du jour pour se demander comment le conseil municipal avait pu envisager de changer la 5e Rue pour la rue Jean-Chrétien alors qu'une simple vérification à la Commission de toponymie du Québec l'aurait découragé d'aller plus loin avec cette idée.

«Quelque chose ne fonctionne pas», soupire M. Bolduc. «Quand on voit ça, disons que ça n'aide pas la crédibilité de l'ensemble du projet.»

Plusieurs autres citoyens sont intervenus sur cette question, dont André Grosleau qui est venu suggérer que si Lise Landry n'avait pas voulu s'embarquer dans le processus d'harmonisation pendant son règne, ce n'était peut-être pas parce qu'elle avait manqué de courage, mais parce qu'elle sentait que la population n'en voulait pas.

M. Grosleau a défié le maire d'organiser un référendum sur cette question, une suggestion que Michel Angers a balayé du revers de la main après la séance. Du reste, il ne semblait pas trop ébranlé par cette soirée assez émotive.

«Ceux qui se font entendre, évidemment, ce sont ceux qui sont contre», rappelle-t-il. «Quand on est incapable de leur parler, c'est un dialogue de sourds. Si 40 villes au Québec ont décidé de procéder à l'harmonisation pour des questions de sécurité et sans avoir les appareils de repérage que nous avons aujourd'hui, je pense qu'il est temps, pour Shawinigan, de passer à l'ère des villes modernes.»

Dégâts

Le maire semblait beaucoup plus perplexe devant les nombreux témoignages de citoyens découragés par le refoulement d'égouts qu'ont vécu une quinzaine de résidences du secteur Saint-Gérard-des-Laurentides dimanche. Les citoyens blâment la Ville pour ne pas avoir fait les travaux nécessaires pour corriger ces débordements printaniers récurrents et surtout, pour ne pas être intervenue avec diligence dès samedi, lorsqu'une première alerte a été lancée. Les dommages sont estimés sommairement à 300 000$ dans le secteur.

Dossier mal géré, sentiment d'abandon, l'administration municipale a encaissé une volée de bois vert sur ce dossier.

«Si j'avais su que j'habiterais sur une rue préhistorique, j'aurais été ailleurs!», déplore Régine Dubuc.

«J'ai eu le même problème en 2005», raconte Louise Gauthier-Marchand. «La Ville nous avait envoyé une lettre d'avocat pour nous dire que nous avions été victimes d'un acte de Dieu. Ne m'envoyez pas la même lettre cette fois-ci parce que vous allez avoir une femme en colère !»

Visiblement déstabilisé par ce dossier, M. Angers a mentionné qu'il n'en avait pris connaissance que mardi matin, grâce au Nouvelliste. Il attend un rapport sur ces événements au cours des prochaines heures.

«Il faut que j'aille vérifier ce qui s'est passé», commente-t-il. «Je vais aller à la rencontre des citoyens cette semaine. Je ne suis pas content de ça, c'est sûr.»

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