Manifestation contre l'harmonisation des noms de rues à Shawinigan

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Environ 200 personnes se sont rassemblées dimanche sur le parvis de l'hôtel de ville de Shawinigan pour signifier leur opposition au projet d'harmonisation des noms de rues.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Peu importe les raisons avancées par l'administration municipale de Shawinigan pour procéder à l'harmonisation des noms de rue, les quelque 200 personnes réunies dimanche n'en démordent pas: «Non, non, pas de changement de noms».

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Raymond Gosselin estime que Shawinigan n'a tout simplement pas les moyens financiers de dépenser 300 000 $ pour éliminer les doublons dans les rues de la ville.

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

S'ils se montrent ouverts à des modifications au projet déposé sur la table de travail du comité de toponymie, les manifestants assurent que d'autres moyens de pression pourraient être mis en branle si la Ville continue à faire, selon eux, la sourde oreille. Malgré tout, le maire Michel Angers, rejoint par téléphone, persiste et signe: l'harmonisation aura bel et bien lieu.

On aurait pu penser que la sortie médiatique du maire, vendredi dernier, aurait refroidi les ardeurs de certains opposants. Il n'en est rien. «Notre chien n'est pas mort», estime Claude Côté. Selon lui, cette volonté toponymique est un «non-sens», «une régression» qui, ni plus, ni moins, «effacera l'histoire de Shawinigan». Un avis partagé par la plupart des gens rencontrés dimanche. La question identitaire et le sentiment d'appartenance que certains nourrissent tantôt envers leur secteur, tantôt envers la rue où ils tiennent pignon, ont tenu le phare des revendications et des slogans exprimés.

«Je suis ici parce que je veux garder mon identité. Je ne veux pas m'appeler Shawinigan», affirme, catégorique, Marc Tellier du secteur Saint-Gérard-des-Laurentides. «On ne lâchera pas le bâton. Shawinigan, c'est une Ville qui nous appauvrit, pis là on en a assez. Le maire est un syndicaliste habitué de piger dans les poches du patron, mais là, le patron, c'est moi.»

Pour d'autres, c'est l'argument financier qui justifie le report de ce projet qui traîne de la patte depuis une dizaine d'années. Évaluée à 300 000 $, l'harmonisation des noms de rues et l'élimination des doublons n'est pas, pour certains, une priorité qui participera à relever l'économie de Shawinigan.

«Le maire se lamente qu'on perd des usines, qu'on augmente les taxes, pis là il faudrait qu'on paye pour les noms de rues? Si le maire ne veut pas bouger, les gens vont se tanner et ils vont faire des révolutions comme on en voit un peu partout. Moi, le maire, je n'ai rien contre lui. À date, il a fait une bonne job, mais là il vient de se mettre un pied dans la bouche. Ce n'est pas le temps de dépenser de l'argent. Je suis convaincu que ça va coûter beaucoup plus que 300 000 $», craint Raymond Gosselin.

«Les dépassements de coûts, je suis allergique à ça», mentionne le maire Angers, déterminé à respecter le budget prévu. «On va s'assurer d'être capable de rentrer dans ce 300 000 $. Au nom de la sécurité, on n'hésite pas à acheter des camions de pompiers qui coûtent plusieurs centaines de milliers de dollars, voire des millions. Alors comme notre objectif est de s'assurer qu'en matière de sécurité, on ne fera plus jamais d'erreur, je pense que c'est un prix tout à fait raisonnable et réaliste.»

Mais les arguments d'ordre sécuritaire ne trouvent aucun écho favorable auprès des Shawiniganais rassemblés sur le parvis de l'hôtel de ville. «J'ai entendu le maire jouer les grands violons de la sécurité dans les journaux. Ce n'est pas une question de sécurité. On n'est pas obligé de changer tous les noms de rues de la Ville pour régler des problèmes bien spécifiques. On pourrait changer une dizaine de rues, point final, pas 365», lance André Hamel dans un porte-voix.

«Il n'y a pas de compromis possible», répète le maire Angers. «Quand on est responsable d'une ville, la responsabilité de la sécurité est primordiale. Mon directeur de police et mon directeur des incendies me disent que ça devient de plus en plus compliqué, alors je vais davantage me fier à eux.»

Quant à retoucher le projet actuellement à l'étude, le maire Angers certifie que plusieurs modifications ont déjà été adoptées et qu'il est maintenant temps de passer de la parole aux actes. «On en a fait plein de modifications. On a rencontré les gens à de nombreuses reprises. On leur a demandé d'y aller de leurs suggestions, de leurs propositions. Continuellement, on reçoit de nouvelles propositions. On a toujours été à leur écoute et ma porte leur sera toujours ouverte», assure-t-il.

«Je m'attends à un petit recul stratégique de la part du maire qui va essayer de nous enfirouaper. Il va faire des ajustements, des petits ajustements. Il va reculer juste un peu parce qu'il nous prend pour des valises, pis qu'il pense qu'avec ça, on va accepter tout le reste. Mais on va continuer, on va se tenir debout et on ne se laissera pas endormir au gaz», renchérit M. Hamel.

Demain, les manifestants comptent se présenter au conseil municipal afin de faire entendre leur voix. «Il n'y a aucun problème, qu'ils viennent me voir et je leur dirai à peu près les mêmes réponses que je leur dis depuis un an», conclut M. Angers. «L'avenue de l'Hôtel-de-Ville deviendra l'avenue de la Contestation», a-t-on clamé dans la foule, hier, avant d'entreprendre une marche à travers les rues de la ville.

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