Nouvelle offensive contre la «réforme toponymique»

Porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis, Diane Borgia... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Porte-parole du regroupement Shawinigan citoyens avertis, Diane Borgia croit que le conseil municipal devrait tenir compte de l'opposition publique et annuler son projet d'harmonisation des noms de rues.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le regroupement Shawinigan citoyens avertis affûte ses armes pour une nouvelle offensive afin d'inciter les élus municipaux à revenir sur leur décision de procéder à l'harmonisation des noms de rues sur le territoire.

Tout d'abord, une mobilisation se déroulera le dimanche, 12 avril à 13 h 30, devant l'hôtel de ville et dans les rues du centre-ville. Deux jours plus tard, les représentants de SCA se présenteront à la séance régulière du conseil municipal pour marteler leurs doléances.

Rappelons que la commission de toponymie étudie présentement les suggestions formulées par les citoyens après avoir diffusé les changements proposés lors d'une grande assemblée publique et lors de trois rencontres de secteurs, en février. Le scénario définitif doit être présenté aux élus au cours des prochaines semaines, pour une adoption au plus tard en juin et une application en 2016.

Diane Borgia, porte-parole de SCA, croit toutefois que le mécontentement exprimé par une partie de la population jusqu'ici peut encore faire réfléchir les élus sur la pertinence de ce projet.

À la base, la Ville souhaite éliminer les quelque 365 doublons et incohérences sur son territoire. Depuis le dévoilement du projet, des voix s'élèvent contre l'élimination du système numérisé au centre-ville, où la rue Jean-Chrétien prendrait la place de la 5e Rue.

La disparition des noms de secteurs dans les adresses postales fait aussi partie des récriminations.

Des citoyens se sont également mobilisés dans les secteurs Lac-à-la-Tortue et Grand-Mère pour dénoncer le premier plan présenté.

Pour Shawinigan citoyens avertis, la «réforme toponymique» se résume à un gaspillage d'argent, en plus de ne pas tenir compte de l'histoire locale et d'imposer des changements inutiles.

Pour le moment, le coût du processus d'harmonisation des noms de rues est estimé à 300 000 $.

«La Ville de Shawinigan n'hésite pas à augmenter nos taxes sous prétexte du désengagement du gouvernement, mais du même coup, elle s'apprête à engloutir des centaines de milliers de dollars dans ce projet de réforme toponymique superflu et non justifié», tonne le regroupement.

Ce dernier rappelle que Shawinigan doit relever le défi d'un endettement très élevé par rapport aux municipalités de taille comparable. Il utilise aussi l'exemple de Saguenay, qui a conservé les noms de toutes les municipalités fusionnées dans les adresses postales.

Sur ce point, Mme Borgia se demande à quoi jouent les élus municipaux. Lors de la séance régulière du 10 mars, le maire a assuré que les noms de secteurs seraient maintenus sur les panneaux de signalisation, mais qu'ils ne pourraient être utilisés dans la correspondance postale.

«Une position tout à fait incohérente», constate la porte-parole.

Shawinigan citoyens avertis reprend les propos de l'ex-conseiller municipal Steve Martin pour souligner que la sécurité ne constituait pas non plus un enjeu pour justifier cette grande opération.

De plus, le rapport 2014 du Service de sécurité incendie démontre que la toponymie actuelle ne nuit pas à son efficacité.

Au cours des deux dernières années, les pompiers de Shawinigan ont réussi à circonscrire les flammes à leur foyer d'origine dans plus de 85 % de leurs interventions.

Difficile d'estimer le nombre de personnes susceptibles de participer à la manifestation du 12 avril, mais Mme Borgia évalue qu'une personne qui se déplace à une mobilisation en représente sans doute plusieurs autres qui partagent les mêmes préoccupations, mais qui restent à la maison.

Pour la représentante, le coeur du débat ne consiste pas à savoir si les noms proposés sont adéquats, mais si le jeu en vaut la chandelle. Elle croit que dans les circonstances, la Ville devrait à tout le moins organiser un référendum pour que la population se sente vraiment impliquée dans cette décision.

«Ça n'a pas de sens l'argent qui sera dépensé pour ça, dans tous les secteurs», insiste-t-elle. «Le citoyen n'est plus capable de payer à Shawinigan, il n'est même plus capable de vendre sa maison à cause des taxes qui sont trop élevées. Peut-on arrêter de dépenser? On ne peut pas éviter de changer l'aqueduc, les trous dans les rues, je suis bien d'accord avec ça. Mais peut-on se passer du projet d'harmonisation?»

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