Le projet de mosquée à Shawinigan suscite moins de controverse

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La mosquée de Shawinigan sera ouverte au 2483 de l'avenue Saint-Marc.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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(Shawinigan) Le Centre culturel musulman de Shawinigan pourra installer sa mosquée sur l'avenue Saint-Marc sans que la Ville ne puisse s'y opposer, comme ce fut le cas précédemment devant une importante levée de boucliers de la population. Par ailleurs, les futurs voisins de la mosquée rencontrés lundi par Le Nouvelliste ne sont pas froissés par l'ouverture imminente du lieu de culte musulman.

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Le conseiller du district de la Cité, Alain Lord.

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Le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

«Nos concitoyens ne peuvent pas imaginer le bonheur que nous ressentons de savoir que nous pourrons finalement avoir notre propre lieu de culte où nous réunir», a affirmé lundi, dans un communiqué, Philippe Bégin Garti, le président du Centre culturel musulman de Shawinigan, qui doit rencontrer les médias vendredi. «Les dernières semaines ont été fortes en émotion. Toutefois la poussière est retombée et pour nous, c'est du passé. Nous désirons tourner la page.»

Le conseiller municipal du district de la Cité, Alain Lord, ne voit aucun problème avec l'ouverture d'un lieu de culte musulman dans son secteur de la ville. Celui qui est membre du conseil municipal depuis 1994 soutient que plusieurs églises ou lieux de rassemblements religieux sont présents dans son quartier sans que personne n'y voit de problème. Le commerçant tient également un bar sur la rue Saint-Marc, non loin du local choisi par le Centre culturel musulman de Shawinigan.«Les gens qui fréquentent ces lieux ne font aucun bruit et ne dérangent personne», note le conseiller.

Si les élus de Shawinigan ont dû se prononcer sur le changement de zonage le 10 février dernier - ils ont refusé de permettre des activités religieuses dans le parc industriel Albert-Landry -, ceux-ci n'ont pas à prendre position cette fois. «Le zonage le permet. Il y a même déjà une église [Église ambassadeur pour Christ inc.] juste à côté du local choisi pour la mosquée. Ce qu'on n'avait pas accepté au conseil c'était le changement de zonage. Il y avait 62 endroits où ils pouvaient s'installer, le local sur l'avenue Saint-Marc est un de ces endroits. Ce n'est pas de notre ressort, ils ont le droit d'y aller», explique Alain Lord.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, n'était pas disponible pour une entrevue, lundi. Le porte-parole de l'administration municipale, François St-Onge, a toutefois affirmé que la Ville n'avait pas de commentaire à émettre.

Le député libéral de Saint-Maurice, Pierre Giguère, affirme avoir facilité le dialogue entre les membres de la communauté musulmane et les élus de Shawinigan. «Nous avons écouté les dirigeants du Centre culturel avant d'organiser une rencontre avec le maire. Le dialogue a toujours continué et ça c'est bien passé. Je suis content pour la population musulmane. Ces membres sont ici à Shawinigan et veulent rester ici. Ils ne veulent pas déménager et leurs enfants vont à l'école.»

Pierre Giguère est d'avis que la perception des Shawiniganais envers les membres de la communauté musulmane s'est transformée ces dernières semaines. Lorsque la levée de boucliers s'est manifestée, forçant les élus à refuser le changement de zonage, les événements de Paris étaient frais dans les mémoires. «J'ai senti que la population s'est informée beaucoup plus ces dernières semaines. J'ai senti un changement d'attitude. Oui les événements survenus ailleurs ont eu un impact, mais il faut comprendre que ces gens [les membres du Centre culturel] sont nos voisins. Ils sont intégrés à la communauté et y travaillent», précise Pierre Giguère.

Un vox pop réalisé dans le voisinage des locaux choisis pour la mosquée semble donner raison au député libéral. Sébastien Labrecque est orthésiste juste devant le site de la nouvelle mosquée. Celui qui a résidé à Québec durant plusieurs années n'est aucunement dérangé par la venue de ses nouveaux voisins. Sa collègue des cliniques Orthésium Manon Mercure partage sa position.

«Tout le monde a droit à un endroit pour prier. Ils sont des gens comme tout le monde. Il y a des extrémistes dans toutes les religions», estime-t-elle.

Michel Raymond de la boutique d'antiquités Les objets oubliés partagera le bâtiment avec l'Église ambassadeur pour Christ inc. ainsi qu'avec la mosquée. Il souligne d'emblée qu'il ne voit rien de mal à cette situation et que ses futurs voisins «ont le droit» de s'installer à cet endroit.

Rencontré sur la rue, Lise Racine, affirmait quant à elle que les musulmans «ne sont pas violents». Elle estime que trop de personnes confondent musulmans et djihadistes.

Les commentaires publiés sur la page Facebook du Nouvelliste allaient généralement lundi dans le sens contraire des citoyens et commerçants rencontrés près des futurs locaux de la mosquée. Les auteurs de ces lignes dénonçaient souvent l'ouverture du lieu de culte.

Quelques badauds rencontrés sur la rue ne souhaitaient toutefois pas faire de commentaires au sujet de l'établissement de la mosquée sur l'avenue Saint-Marc.

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