Noms de rues: un enjeu pour le Service de sécurité incendie

Le directeur du Service de sécurité incendie de... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Le directeur du Service de sécurité incendie de Shawinigan, François Lelièvre, affirme qu'il préférera une ville sans doublons et sans incohérence dans ses odonymes

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La présence de nombreux doublons à Shawinigan a déjà provoqué l'envoi de deux équipes d'intervention du Service de sécurité incendie dans deux secteurs différents pour éviter un risque de tragédie à la suite d'un appel imprécis.

Le directeur du département, François Lelièvre, a assisté un peu en retrait à la plupart des assemblées publiques sur l'émotif processus d'harmonisation des noms de rues. Ce débat le place dans une situation inconfortable, mais à choisir, il préférera évidemment une ville sans doublons et sans incohérence dans ses odonymes.

En 2006 pourtant, l'ex-conseiller municipal Steve Martin, qui agissait comme président du comité de toponymie, estimait que la Ville avait «d'autres priorités» que celle de se lancer dans un coûteux processus d'harmonisation.

«Si ça avait été justifié de changer les noms de rues pour des raisons de sécurité, nous l'aurions fait», déclarait-il. «Mais nous ne croyons pas que ce soit le cas.»

Autres temps, autres moeurs, la Ville insiste aujourd'hui sur l'importance de l'harmonisation, notamment pour des raisons de sécurité. Où se situe la vérité?

«C'est vrai que les gens s'habituent», reconnaît M. Lelièvre. «Mais est-ce que ça veut dire qu'il n'y a pas de complications? Ça, ce n'est pas vrai. Il y en a, mais c'est difficile pour nous de donner des exemples précis. Je ne peux pas arriver sur la place publique et dire qu'à telle adresse, telle journée, ça a pris quatre minutes de plus pour nous rendre parce que c'était difficile d'avoir la bonne adresse ou que le secteur n'avait pas été bien ciblé.»

«Est-ce que la situation actuelle a des conséquences au bout du compte?», questionne-t-il. «J'aime autant penser que non. Mais je ne peux pas me mettre la tête dans le sable en disant que ces situations n'arrivent pas, ou prétendre qu'il n'y a pas de risques. Il y en a.»

M. Lelièvre rappelle qu'en situation d'urgence, une personne en panique peut débiter son adresse à un rythme qu'on devine avant de raccrocher. Or, dans l'état actuel des choses, il faut le bon numéro civique, la bonne rue et le bon secteur.

«Parfois, la centrale doit rappeler et pendant ce temps-là, nous nous demandons si on part, si on va à gauche ou à droite», résume le directeur. «C'est arrivé dans le passé. L'harmonisation est une solution, c'est sûr.»

M. Lelièvre souligne également que les premiers répondants sont devenus des professionnels exigeant une formation pointue, qui proviennent de partout au Québec. Pour eux, les appellations appartenant au jargon local les laissent dans le brouillard.

«Si on recule de plusieurs années, les gens de la place devenaient des pompiers, des policiers ou des ambulanciers», rappelle le directeur. «Aujourd'hui, les gens viennent de collèges de l'extérieur. Le policier de la Sûreté du Québec peut venir de Chibougamau, le pompier, de Louiseville, et l'ambulancier, de Bécancour. Quand ils voient deux noms de rues pareils sur leur territoire, ça devient compliqué!»

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