La Foire en ville menacée

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Un manque de relève et des coupes dans l'aide financière mettent en péril la traditionnelle Foire en ville, à Shawinigan-Sud.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le traditionnel rendez-vous du début juin dans le secteur Shawinigan-Sud est sérieusement compromis. La 15e édition de la Foire en ville pourrait bien ne pas avoir lieu cette année, en raison d'un manque de relève et d'un coup de masse dans le budget, à la suite de la décision de la Ville de suspendre le versement d'un montant annuel de 15 000 $ à chacun des trois regroupements de commerçants de son territoire.

Jean-Pierre Hamel, président de l'Association des gens d'affaires... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Jean-Pierre Hamel, président de l'Association des gens d'affaires du secteur Shawinigan-Sud.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Cette période d'instabilité est devenue caractéristique de l'Association des gens d'affaires du secteur Shawinigan-Sud. Le président, Jean-Pierre Hamel, avait pris la relève en désespoir de cause en 2012, à la suite du départ de Sylvie Picard, épuisée après de nombreuses années à la tête du regroupement. La femme d'affaires déplorait alors le manque de relève et son successeur émet maintenant le même constat.

«J'ai fait des démarches pour trouver quelqu'un pour organiser l'activité, mais personne ne semble intéressé», déplore M. Hamel. «Est-ce que ça va mourir? Est-ce que ça va continuer? Je n'en sais rien.»

Non seulement l'AGASSS se cherche un nouveau président, mais la perle rare devra se débrouiller, à son entrée en poste, avec une coupe significative dans son budget.

«Ça n'aide pas non plus», se désole M. Hamel. «J'avais aussi Emploi Québec qui payait le salaire d'une secrétaire pendant six mois pour la Foire en ville et nous ne sommes plus admissibles au programme. Je me retrouve fin seul pour tout faire et sur le bord de la retraite, je me suis dit que c'était assez!»

Le président a fait le tour de son conseil d'administration et personne n'a levé la main pour prendre en charge un événement qui nécessite au moins trois mois de préparation. Disons que ça regarde plutôt mal pour 2015.

«Je suis prêt à aider si quelqu'un veut prendre la relève», souligne M. Hamel. «Les commerçants de Shawinigan-Sud ont beaucoup à perdre, parce que cet événement entraîne de belles retombées économiques.»

À chaque année, autour de 350 tables défilent sur la 5e Avenue en juin pour cette mégavente de garage, qui attire au-delà de 10 000 personnes. Il s'agit de la plus importante activité de l'AGASSS.

M. Hamel estime qu'environ la moitié de la subvention était utilisée pour l'organisation de la Foire en ville et l'autre moitié pour la fête de la famille, en août, qui risque aussi d'y passer.

Rien à faire

Les deux autres associations de commerçants de Shawinigan sont également touchées par la perte de leur subvention de 15 000 $. Pour le moment, elles encaissent le choc.

Au Regroupement des gens d'affaires du centre-ville de Shawinigan, les ressources financières ne semblent pas poser problème. Le président, Laurent Beaulieu, rappelle qu'un fond avait été conçu pour soutenir les commerçants pendant les travaux, par exemple en organisant des campagnes promotionnelles. L'organisation avait même engagé une coordonnatrice, qui vient de quitter ses fonctions.

«C'est certain que c'est décevant», convient néanmoins M. Beaulieu. «C'est important pour des organismes comme les nôtres, qui vivent de subventions et de cotisations. Mais j'ai confiance en la Ville et aux dirigeants et probablement que la décision a été prise pour des raisons valables.»

Le RGACVS organisera une assemblée générale annuelle au cours des prochains jours et un nouveau président devra jongler avec ce trou dans le budget.

De son côté, Lucie Bourbeau, présidente de l'Association des gens d'affaires de Grand-Mère, fait contre mauvaise fortune bon coeur.

«C'est sûr que ce n'est pas facile et qu'il n'y a rien d'amusant là-dedans, mais je me dis qu'il faudra chercher des sources de financement ailleurs», indique-t-elle. «On va continuer à faire nos activités, mais on va s'organiser autrement.»

«On comprend aussi qu'avec la fermeture de la Consol, de l'Alcan, de la Belgo et les mesures d'austérité, je me sentirais mal d'en remettre sur le dos de la Ville!», ajoute Mme Bourbeau. «On va se relever les manches et on va se trouver des activités de financement.»

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