Une poignée d'irréductibles qui tiennent à leur tablée

Thérèse Ayotte, responsable de la tablée populaire Marcelle-Mallet.... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Thérèse Ayotte, responsable de la tablée populaire Marcelle-Mallet.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Richard Boissonneault était sans doute parmi les derniers citoyens de Shawinigan à croire qu'il fréquenterait une tablée populaire un jour. L'ex-travailleur de la Belgo a pourtant intégré cette visite à sa routine depuis environ deux ans, après plus de 30 ans de loyaux services et de salaires enviables.

«Se trouver un emploi à 50 ans...» soupire-t-il. «J'ai appliqué partout, personne n'est intéressé.»

Mardi, M. Boissonneault se retrouvait parmi la douzaine d'utilisateurs et de bénévoles qui ont manifesté devant la tablée Marcelle-Mallet pour que le service soit maintenu intégralement.

«Pour plusieurs personnes, c'est leur seule sortie de la journée», observe-t-il. «Le contexte économique n'ira pas en s'améliorant à Shawinigan: toutes les usines ferment! C'est un service essentiel.»

Un jeune sympathisant a passé la matinée sur la 5e Avenue pour exprimer sa solidarité. «Les gens n'ont pas tous les moyens pour se rendre au centre-ville. Il faut soutenir ça!», souhaite Alexandre Duchesne.

Tania Richard avait fini son quart de travail de nuit chez McDonald's à 6 h mardi, mais trois heures plus tard, elle préparait des pancartes pour soutenir la tablée Marcelle-Mallet, où elle offre son temps à la cuisine depuis un an.

«Je voulais manifester parce que c'est important que la tablée reste ouverte», indique-t-elle. «Les gens de Shawinigan-Sud ont autant besoin qu'ailleurs pour manger. Ce n'est pas seulement le service, c'est l'échange et le partage entre les gens.»

Céline Huard, l'une des fondatrices de la tablée Marcelle-Mallet, espère aussi que les usagers ne seront pas pénalisés par la réorganisation.

«Ça a été long à démarrer, à trouver un local», explique-t-elle. «C'est une oeuvre. Il faut que ça continue! Je sais que le propriétaire de l'immeuble a eu la permission de louer le local. Ils ont donc l'intention de ne pas continuer ici.»

Pierre Lampron, Sylvain Bérard et Michel Aubry, représentants des Bikers Fondation, un club de motards de Trois-Rivières, ont également fait du piquetage hier avant-midi. En décembre, sept familles du secteur ont bénéficié de leur générosité pour le temps des Fêtes à la suite d'une collecte de denrées. Le club s'associe à de nombreuses oeuvres caritatives depuis sa fondation, en 2013.

«Il y a beaucoup de monde dans la pauvreté, des gens qui ne mangent qu'une fois par jour et qui ne mangent pas du tout la fin de semaine», observe Caroline Milette. «Il faut vraiment sauver la tablée populaire, c'est important dans la vie des gens.»

Présence remarquée également, celle du curé Jacques Casaubon, responsable des paroisses Saint-Sauveur et Notre-Dame-de-la-Présentation, qui s'est déplacé à la tablée Marcelle-Mallet pour offrir son soutien mardi matin.

«Ça fait une vingtaine d'années qu'ils sont installés et ils jouent un rôle important», commente-t-il. «On sait que pour certaines personnes, c'est leur repas du jour. On ne voudrait pas que ce service parte.»

En début d'après-midi, Thérèse Ayotte, responsable de la tablée Marcelle-Mallet, paraissait un peu déçue de la participation. Elle se réjouissait tout de même des nombreux dons reçus et des signatures qui continuent à être recueillies pour la pétition qui demande le maintien de ce point de service.

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