Je suis 5e Rue!

La 5e Rue au centre-ville de Shawinigan pourrait... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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La 5e Rue au centre-ville de Shawinigan pourrait devenir la rue Jean-Chrétien.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

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Le Nouvelliste

«On veut s'attaquer à mon intégrité ancestrale! Mes géniteurs m'ont baptisée dès ma conception, avant que je naisse quelques années plus tard. J'ai vécu une existence relativement calme et ma vie a connu un essor remarquable dans les années 50. J'ai survécu a plusieurs avatars; certains m'ont modifiée positivement, d'autres m'ont blessée profondément.»

«Durant toute mon existence, j'ai survécu à plusieurs incendies, mais rarement on a détruit mes immeubles pour y laisser un terrain vacant. La 5e Rue, tel le phénix, a pu renaître de ses cendres.»

«Toutefois j'ai vécu un drame qui m'a vidée de mon sang!»

«Par crainte du pouvoir d'attraction du centre commercial qui se construisait au nord et viderait le centre-ville, on a voulu y reproduire un petit centre commercial. On a alors détruit le centre-ville: la Place du Marché. Cette place était formée d'une esplanade et d'un grand bâtiment de services à deux étages et comprenait quatre sections. Cet arrangement ressemblait à ce qu'on voit dans des vieux pays où on prend soin du patrimoine.»

«On y trouvait d'abord un grand marché public, à deux étages. La deuxième section logeait des bureaux administratifs: au premier plancher se trouvaient le greffe de la Cour du magistrat et le secrétariat de la police et l'étage au-dessus était le lieu de pratique de l'Union musicale. Venaient ensuite, au premier plancher, les trois sorties des camions de pompiers et au-dessus, une salle où la Cour siégeait. Dans la quatrième et dernière partie se trouvaient le poste de police, ses officiers et les policiers-pompiers. À l'étage supérieur demeurait le chef de police, tout près de ses hommes... Tout ceci a été rasé pour faire place à une construction insipide qui n'a jamais été un vrai centre d'achat mais qui heureusement reprend vie avec un aspect plus agréable depuis les dernières rénovations.»

«Ensuite est arrivé un autre malheur! Après l'effervescence des années 50, de nombreuses grèves et des délocalisations sont venues assombrir ma ville de sorte qu'aujourd'hui il ne reste plus aucune grande industrie et j'ai perdu un peu de mon éclat.»

«Plus positivement, depuis quelque temps, la vie reprend. L'optimisme revient. On prend même soin de mon artère. C'est donc un signe qu'on tient encore à moi et qu'on anticipe que je vivrai encore longtemps!»

«Après tous les malheurs que j'ai vécus, arrive une proposition de changer mon nom. On m'a baptisée avant ma naissance je ne veux pas être débaptisée avant ma mort!»

Après ces confidences de la rue où je suis né et vécu ma jeunesse jusqu'à l'âge de 12 ans, j'ai mal à la rue de mon enfance! On parle de lui enlever son identité.

Je suis 5e Rue!

Jacques Rainville

Trois-Rivières

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