Tablée populaire: «On dirait qu'on est laissé à l'abandon»

Les bénévoles de la tablée Marcelle-Mallet ont servi... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Les bénévoles de la tablée Marcelle-Mallet ont servi plus de 160 000 repas depuis son ouverture en 1995.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La manifestation de mardi pour la survie de la tablée Marcelle-Mallet ne pourrait constituer qu'une mise en bouche pour une autre activité de mobilisation prévue jeudi soir, juste avant l'assemblée générale extraordinaire de la Tablée populaire de Shawinigan qui se déroulera au point de service Mère d'Youville, au centre-ville. Les utilisateurs et les bénévoles veulent faire connaître leurs inquiétudes quant à l'avenir de l'organisation.

Après avoir bénéficié d'aides financières exceptionnelles de la Ville de Shawinigan, du gouvernement du Québec et des Oeuvres des abbés Martel et Marcil, la Tablée populaire de Shawinigan est demeurée extrêmement discrète en 2014. Par exemple, la campagne des Cents pour sans n'a permis de récolter que 100 $ pour la période de 15 mois qui s'est terminée le 31 mars 2014. En 2012, cette initiative avait permis d'amasser 14 880 $ et en 2011, 12 745 $.

«Au cours de la dernière année, il n'y a rien eu pour la campagne des Cents pour sans, il n'y a pas eu de publicité», déplore Nathalie Desrosiers, responsable des opérations à la Tablée populaire de Shawinigan. «On dirait qu'on est laissé à l'abandon.»

«Ça faisait plus d'un an que je travaillais ici et je n'avais jamais rencontré le président du conseil d'administration avant qu'il vienne m'annoncer qu'on fermerait», déplore Thérèse Ayotte, responsable de la tablée Marcelle-Mallet.

L'ordre du jour de l'assemblée générale de jeudi laisse aussi perplexe. Par exemple, aucune période de questions n'est prévue. De plus, le principal point porte sur une «fusion» avec le Centre Roland-Bertrand, une formulation qui fait grimacer le directeur de cet organisme, Frédéric Trudelle.

«Je ne pense pas que ce soit le bon terme», commente-t-il. «Ce n'est pas une fusion. Le Centre Roland-Bertrand n'a jamais résolu une fusion avec la Tablée populaire. Ça reste des termes légaux, mais ce n'est pas celui que nous voulons utiliser. Ça a une finalité semblable, mais pas la même finalité légale.»

Il s'agit d'un enjeu important, surtout pour l'entrepreneur Rémi Gélinas, qui attend toujours après un montant de près de 25 000 $ pour les travaux de rénovation effectués dans le cadre du déménagement de la tablée Mère d'Youville. L'homme d'affaires ne souhaite surtout pas perdre sa créance à la suite des changements qui se profilent.

Plutôt inconfortable à commenter l'éventuelle récupération des activités de la Tablée populaire de Shawinigan, M. Trudelle réitère toutefois l'importance de cette mission.

«Le Centre Roland-Bertrand considère qu'il s'agit d'un service essentiel à la population», avance-t-il. «Les membres de la Tablée devront voter pour ou contre la proposition de leur conseil d'administration. Dans toutes les circonstances, nous vivrons avec la décision.»

«Le Centre Roland-Bertrand ne se cherche pas d'ouvrage!», ajoute M. Trudelle. «L'avantage que nous y voyons, c'est une pérennité du service de la tablée populaire. Pour un organisme comme le nôtre qui vient en aide aux personnes vulnérables de Shawinigan, on ne pourrait pas penser que ce service n'existe plus sur le territoire. On serait en mesure d'assurer la pérennité si c'est ce que les membres de la Tablée votent. Mais le Centre Roland-Bertrand n'a jamais couru après la Tablée populaire. Le but, c'est que le service reste en vie.»

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