Harmonisation des noms de rues: le fruit est mûr, croit Lise Landry

Lise Landry... (Photo d'archives: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Lise Landry

Photo d'archives: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Neuf ans après avoir mis le couvercle sur la marmite parce qu'elle redoutait la réaction populaire, la Ville de Shawinigan se prépare à présenter son scénario de changements des noms de rues à ses citoyens lundi à compter de 18 h 30, à l'Auberge Gouverneur.

Mercredi dernier, l'administration municipale a testé la température de l'eau en organisant une soirée d'information avec une dizaine d'ex-maires des anciennes municipalités qui forment aujourd'hui Shawinigan. Une délicatesse qui a été appréciée.

«Nous leur avons présenté le scénario de changement», explique François St-Onge, membre du comité de toponymie de la Ville et directeur des communications.

«Pour nous, c'était une marque de respect pour des gens qui se sont beaucoup investis dans leur communauté respective. Nous voulions leur faire une salutation et recueillir leurs premiers commentaires. Nous avons eu des questions, mais règle générale, les gens ont trouvé que nous avions fait du bon travail.»

Parmi ces invités, seule Lise Landry aurait pu se lancer dans cette délicate opération d'harmonisation avant Michel Angers. Elle a guidé les rênes de Shawinigan de la fusion en 2002 jusqu'à son retrait de la vie publique, en 2009.

La question a longtemps couvé au conseil municipal, surtout que Trois-Rivières n'a pas tardé à se lancer dans cet exercice. Au début du deuxième mandat, au printemps 2006, l'administration Landry repoussait l'harmonisation des noms de rues aux calendes grecques. Estimée à 300 000 $, elle trouvait l'opération inutilement dispendieuse, d'autant plus que selon son évaluation, les appréhensions sur les questions de sécurité n'étaient pas justifiées.

Mais surtout, les gens n'étaient pas prêts, convient l'ex-mairesse.

«C'était prématuré», explique-t-elle. «Les gens n'étaient pas prêts à ce moment. La fusion, c'était un sujet chaud, elle n'était pas acceptée partout. Si on était arrivé avec l'harmonisation, ça aurait fait un autre tollé.»

«Aujourd'hui, le temps était venu de procéder», ajoute Mme Landry. «Je pense que c'était devenu une nécessité. Comme toute chose, quand la vague est trop forte, on attend que ça s'apaise un peu. Je pense que les gens comprendront mieux aujourd'hui.»

Lise Landry n'hésite pas à qualifier de «colossal, d'extraordinaire» le travail qui a été abattu par le comité de toponymie. Rappelons que près de la moitié des 810 noms de rues posent problèmes actuellement à Shawinigan, en raison des doublons et des incohérences.

Qu'a donc pensé l'ex-mairesse du scénario présenté mercredi soir?

«J'ai trouvé que c'était bien fait», opine-t-elle. «Les noms des secteurs vont disparaître et je crois qu'il est temps que ça disparaisse, car on n'est qu'une seule grande ville. Par contre, chaque citoyen pourra retrouver un point d'attache.»

Habituellement très habile à flairer le vent, Mme Landry s'attend évidemment à quelques sursauts à compter de lundi soir, mais elle croit que la réaction générale s'annonce positive.

«Dans l'ensemble, je pense que les gens vont apprécier le travail», confie-t-elle. «Je ne penserais pas que les gens soient insatisfaits. Mais comme dans toute chose, d'autres vont dire qu'ils n'auraient pas retenu cette solution.»

«Il fallait prendre le temps», convient Mme Landry. «Au moment de la fusion, on m'avait dit que ça prendrait dix ans avant de rassembler tout le monde, de créer un sentiment d'appartenance et c'était vrai. Malgré tout, il restera toujours un petit quelque chose...»

Après la présentation de lundi, le travail ne sera pas complété, puisque le comité de toponymie donnera un mois supplémentaire aux citoyens pour commenter la carte qui leur sera présentée.

Après le 13 mars, il analysera les dernières observations recueillies et soumettra sa recommandation au conseil municipal.

Ce dernier statuera sur le scénario définitif, qui devrait être adopté en assemblée publique au printemps. Les nouveaux odonymes apparaîtront en 2016.

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