Les maires surpris et curieux par les propos d'Angers

Plusieurs maires des municipalités limitrophes de Shawinigan questionnent... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Plusieurs maires des municipalités limitrophes de Shawinigan questionnent la volonté du maire Michel Angers d'exiger une compensation financière pour les services utilisés sur ce territoire.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Les maires dont les municipalités ceinturent Shawinigan ont appris avec une certaine surprise la volonté de Michel Angers d'exiger une compensation financière pour les services utilisés sur son territoire. Les réactions vont de l'incrédulité à l'ouverture, mais tous souhaitent en savoir davantage le plus rapidement possible.

À Saint-Boniface, Claude Caron tranche tout bonnement que l'appel du maire lancé devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan, mercredi, ne le concerne pas.

«Nous les avons, les services!», commente-t-il. «Nous avons un aréna, des terrains de balle, des terrains de soccer. À Saint-Boniface, ça ne nous touche pas. Pourquoi on devrait payer? Je ne vois pas quels services les citoyens de Saint-Boniface vont chercher à Shawinigan.»

À Saint-Mathieu-du-Parc, Claude McManus paraît tout aussi étonné de la proposition de son homologue. Il a particulièrement sursauté en apprenant que les enfants ou les citoyens des municipalités qui ne voudront pas payer ne pourront bénéficier des infrastructures shawiniganaises.

Sur ce point, M. Angers nuance sa position. Il précise maintenant que si une Municipalité refuse de verser une compensation, ses familles qui pratiqueront des activités à Shawinigan devront payer le plein prix.

«L'objectif, ça demeure l'équité pour nos citoyens», martèle M. Angers.

Une tarification un peu plus élevée pour les gens de l'extérieur ne pose pas problème pour M. McManus. Mais il ne voit pas pourquoi ses contribuables devraient être pénalisés pour des raisons administratives.

«Nous sommes avec la MRC de Maskinongé et nous payons déjà des quotes-parts pour toutes sortes d'affaires», fait-il remarquer. «Il va falloir qu'on s'assoit et qu'on regarde.»

Bernard Thompson, maire d'Hérouxville, se questionne également sur les détails de ce plan. Là aussi, une quote-part est déjà versée pour divers services, à la MRC de Mékinac cette fois.

«Nous sommes une municipalité limitrophe qui est très limitée pour les activités», fait-il remarquer. «Mais quand je vais à Shawinigan, j'y dépense de l'argent et c'est Shawinigan qui en profite. Ce côté de la médaille n'a peut-être pas été exposé. Est-ce que les gens de Shawinigan viennent à Hérouxville pour faire vivre nos commerces?»

M. Thompson anticipe beaucoup de difficultés à établir une compensation juste et précise pour les services que ses citoyens utilisent à Shawinigan. De plus, il fait remarquer que la Ville omet déjà d'exiger certains frais pourtant tout à fait légitimes.

«On n'a pas beaucoup d'échanges avec Shawinigan», déplore-t-il. «Pour le lac à la Tortue, j'aurais souhaité que le maire nous parle plus souvent. Il y a un barrage sur notre territoire et c'est Shawinigan qui le gère. Si Shawinigan veut que nous participions aux efforts pour que la Petite tortue soit harnachée adéquatement, pas de problème, nous sommes prêts à les compenser. Mais nous n'avons jamais reçu une seule facture. Ils ont passé la faucardeuse du côté d'Hérouxville à plusieurs reprises et je n'ai jamais reçu de facture. Je ne comprends pas.»

Transparence

Le cas de Notre-Dame-du-Mont-Carmel est venu immédiatement à l'esprit lorsque le maire de Shawinigan a exposé son plan.

Luc Dostaler confirme qu'une première approche a été réalisée l'an dernier. Il endosse le principe, mais il attend la proposition finale avant de se prononcer.

«Il faudra que ce soit un montant raisonnable», prévient M. Dostaler, qui précise que la Municipalité verse déjà 30 000 $ à Shawinigan pour permettre aux jeunes de pratiquer le hockey dans les arénas de la ville.

«Il faut aussi tenir compte du fait que Shawinigan a besoin des jeunes de Mont-Carmel et des municipalités autour pour compléter ses équipes», pointe M. Dostaler. «Si on n'était pas là, des équipes tomberaient.»

M. Angers ne peut encore préciser combien de municipalités seront sollicitées dans cette démarche. Il assure toutefois que les élus recevront tous une copie de l'étude en cours, réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton, afin de guider leur réflexion.

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