Eaux usées au lac à la Tortue: pas de nouvelle, bonne nouvelle

Pierre Giguère... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Pierre Giguère

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La rencontre tant attendue sur le projet d'assainissement des eaux usées et d'aqueduc autour du lac à la Tortue avec le ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Pierre Moreau, s'est finalement déroulée la semaine dernière, à Québec. Même si le gouvernement ne cogne pas encore à la porte d'une annonce, le député de Saint-Maurice s'encourage avec le fait que le dossier demeure actif.

Le maire, Michel Angers, n'a pas pu se déplacer pour ce rendez-vous, lui qui devait rencontrer le Groupe tactique d'intervention économique à la même occasion. M. Giguère lui a transmis un bilan de la rencontre.

«Le dossier a avancé d'une autre coche, il est bien vivant», s'encourage le député. «Par contre, j'aurais aimé donner une réponse en 2014 et je n'en serai pas capable. Je suis déçu, mais que voulez-vous.»

La Ville de Shawinigan a transmis son dossier au printemps 2012 et à ce moment, une nouvelle étude de Pluritec évaluait ce projet à 55,1 millions $. La Ville souhaite que le gouvernement défraie environ 80 % de la facture.

De son côté, M. Angers est sorti de sa rencontre avec son député visiblement satisfait de constater que le dossier allume toujours des lumières à Québec, mais las de devoir convaincre le gouvernement des capacités de la Ville à superviser ce projet en même temps que celui de l'approvisionnement en eau potable.

«Les fonctionnaires nous demandent de déposer notre dossier dans un programme», s'impatiente le maire. «Il est sur une tablette à quelque part. Enlevez la poussière et mettez-le dans la machine!»

«Il y a aussi une réserve selon laquelle la Ville de Shawinigan ne serait pas capable de faire deux dossiers en même temps», remarque M. Angers. «Il y a des firmes qui font la surveillance, des firmes qui font les plans et devis, des firmes qui s'occupent de la construction... La Ville ne travaille pas à temps plein là-dessus! Nous coordonnons certaines choses, mais on peut facilement faire deux dossiers en même temps.»

La Ville tentera donc d'identifier le meilleur programme pour qualifier le projet d'assainissement des eaux usées et d'aqueduc au lac à la Tortue. Le maire s'attend maintenant à obtenir une réponse en 2015. «Je trouve ça intéressant», assure M. Angers. «Il n'y a pas de fin de non-recevoir jusqu'à maintenant.»

D'ailleurs, le maire rappelle que l'annonce mémorable de l'ex-ministre Nathalie Normandeau en 2007 prouvait le bien-fondé de la demande. À ce moment, le gouvernement libéral avait confirmé une subvention de 14,3 millions $ sur un projet de 17,6 millions $. «Nous avons toujours cette lettre», fait remarquer M. Angers. «Le problème était l'évaluation du projet, mais le principe était accepté. Reste à voir s'il y a de l'argent. Pour la suite, que personne ne s'inquiète sur notre capacité à gérer un projet comme celui-là. Cet argument ne tient pas la route.»

Conséquences

En attendant, des puits du secteur sont menacés par des fosses septiques usées à la corde et le lac se dégrade. «À toutes les années qui passent, c'est du phosphore qu'on ajoute dans le lac, des coliformes», se désole le maire. «C'est prouvé que l'activité humaine amène une détérioration du lac, qui est toujours un peu plus en péril.»

M. Angers convient que la Ville manoeuvre dans un espace très restreint entre l'exigence de remplacer des fosses septiques non conformes et l'attente de l'investissement pour un réseau d'égout.

«Quand ça n'a plus de sens, on demande une intervention», assure-t-il. «Mais je ne voudrais pas que les gens investissent 15 000 $ ou 20 000 $ dans des fosses septiques avant de payer encore pour un réseau. Ils vont dire non, avec raison!»

Difficile, dans ce contexte, de trouver l'intervention appropriée pour les fosses à remplacer. «On ne peut pas lésiner avec l'environnement», fait remarquer M. Angers. «Sans être trop tolérant, nous tentons d'étirer ça le plus possible. C'est un juste milieu qui n'est vraiment pas facile à trouver.»

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