Entente entre Québec et l'UMQ: Angers avait des réserves

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, en compagnie... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers, en compagnie du directeur général de la ville, Gaétan Béchard, lors de la présentation du budget 2015 à la presse régionale, lundi après-midi.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le maire de Shawinigan confie qu'il était parmi «ceux qui étaient en désaccord» sur la façon de présenter l'entente intervenue entre l'Union des municipalités du Québec et le gouvernement le 5 novembre.

Michel Angers a glissé cette information en réponse à Robert Houle en fin d'après-midi lundi, lors de l'assemblée extraordinaire portant sur l'adoption du budget 2015. Le citoyen du secteur Lac-à-la-Tortue se demandait pourquoi le maire dénonçait maintenant une entente dûment signée le mois dernier. Il se questionnait à savoir si M. Angers avait alors bien saisi les conséquences de cette entente sur son budget.

Le maire de Shawinigan rappelle que l'UMQ s'est fait accueillir avec une demande de ponction de 300 millions de dollars et que le gouvernement ne laissait aucune place à la négociation sur ce point. Par contre, les élus se faisaient dire qu'ils pourraient récupérer les pertes dans le prochain pacte fiscal.

«Personne n'avait le goût de rire, nous avions le couteau sous la gorge», rappelle le maire. «Nous l'avons finalement fait, mais je ne suis vraiment pas sûr que nous l'avons bien fait. J'étais de ceux qui étaient en désaccord, mais je me suis rallié à la majorité et c'était correct de le faire.»

Invité à préciser ce point en entrevue, M. Angers mentionne qu'il fait allusion à la façon dont l'entente a été présentée en conférence d'information. «J'avais beaucoup de difficultés à me retrouver en avant», explique-t-il. «Montréal et Québec voulaient y être, mais plusieurs maires ne souhaitaient pas être là. Moi, dans la vraie vie, j'aurais préféré qu'on soit simplement assis dans la salle. J'avais cette réserve. Tout ce que nous avons entendu par la suite, c'est que les partenaires municipaux acceptaient quasiment les bras ouverts. Mais entre les discussions que nous avions eues et la conférence de presse, il y avait un monde.»

Pour préciser encore davantage le contexte, M. Angers rappelle qu'aux assises de l'UMQ, Philippe Couillard et Pierre Moreau avaient émis le souhait de reconnaître l'autonomie des municipalités.

«C'était quasiment l'amour entre le gouvernement et le monde municipal», résume-t-il. «Nous, on partait de là! Les deux étaient allés très loin dans leurs déclarations. Tout à coup, on se retrouve avec un couteau sous la gorge. Le gouvernement a été habile en récupérant ça et en disant que les partenaires étaient d'accord.»

Pire, M. Angers se demande maintenant si Québec compensera vraiment les municipalités lors du prochain pacte fiscal. «On devait être en mesure de retrouver nos billes, mais j'en suis de moins en moins sûr. On a coupé 300 millions $ aux municipalités cette année et (Lucienne) Robillard nous parle de 1,3 milliard $.» 

«Qu'est-ce qui va nous arriver, je n'en sais trop rien.»

Chose certaine, le conseil municipal de Shawinigan ne s'est pas gêné pour mettre en évidence l'impact du pacte fiscal transitoire lundi après-midi. Non seulement les allusions crèvent les yeux dans les communiqués de presse du budget, mais le manque à gagner de 1,2 million $ est rappelé dans le préambule des résolutions portant sur les gels de subventions aux organismes. «Arrêtez de me dire que ça ne fait pas mal. Ça fait mal!», tonne le maire à l'endroit du gouvernement. «C'est pour ça que j'insiste sur le 1,2 million $.»

Concrètement, ce manque à gagner comprend une coupe de 500 000 $ en compensations tenant lieu de taxes, parce que Québec a changé les règles en ne remboursant dorénavant que 80 % du compte de ses immeubles. En assemblée publique lundi, André Jourdain se prenait la tête à deux mains lors de la période de questions, après avoir pris connaissance de cette décision. «C'est carrément du vol!», s'exclame-t-il. «Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. C'est désolant que nous n'ayons aucun recours contre le gouvernement du Québec.»

«Vous me volez les mots de la bouche», a répliqué le maire.

La Ville de Shawinigan accuse aussi une diminution du remboursement de la taxe de vente du Québec, qui représente des dépenses supplémentaires de 250 000 $ pour la Ville.

Enfin, le maire inclut également la ponction de 450 000 $ faite au centre local de développement, une décision qui mènera à une «importante restructuration».

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