Budget 2015: des compressions à Shawinigan

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, s'attend à... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers, s'attend à un retour d'ascenseur du gouvernement du Québec l'an prochain, après avoir digéré le pacte fiscal transitoire pour 2015.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le conseil municipal de Shawinigan n'a pas voulu imposer des compressions draconiennes pour l'exercice financier 2015, mais des services seront inévitablement touchés par les choix qui seront présentés en séance extraordinaire, lundi après-midi.

Le maire, Michel Angers, ne veut évidemment pas vendre la mèche avant l'adoption du budget, mais il ne cache pas qu'il sort d'une démarche particulièrement difficile. S'il avait affirmé, à la mi-novembre, que l'indice des prix à la consommation servirait de baromètre aux élus, les considérations ont changé en cours de route.

«Nous n'avons pas nécessairement travaillé avec l'IPC, mais surtout à l'interne», explique-t-il. «L'an dernier, nous avons gelé les dépenses de la Ville. Nous avons tenté de faire la même chose pour 2015, mais deux années de suite, c'est quelque chose. Nous n'avons pas tout à fait réussi.»

En 2014, la Ville a réduit ses dépenses de 104 000 $ par rapport à l'année précédente, une première depuis 2003. Tout indique donc que le budget 2015 surpassera les 81 673 000 $ de l'année en cours. Rappelons qu'en novembre, en faisant le point sur la situation financière de Shawinigan, le maire prévoyait un très léger surplus de 132 000 $ pour 2014.

Même si les valeurs de l'aluminerie de Rio Tinto Alcan et de la papeterie de Produits forestiers Résolu ne tomberont pas à zéro, le conseil municipal a pris la décision de provisionner dès maintenant l'équivalent des revenus de taxes qu'entraînait l'exploitation de ces grandes usines. Il s'agit d'un montant total de 1,8 million $, auquel s'ajoute le fameux trou de 1,2 million $ provoqué par le pacte fiscal transitoire avec le gouvernement du Québec.

Ces trois millions de dollars à combler représentaient donc un défi additionnel pour 2015. M. Angers ne peut s'empêcher d'envoyer une pointe aux libéraux de Philippe Couillard pour expliquer ce qui a guidé la réflexion du conseil municipal. «On ne voulait pas faire comme le gouvernement», explique-t-il. «Je ne voulais pas dire aux responsables de services de couper 3 % n'importe où. Ça ne peut pas fonctionner comme ça.»

L'intensité de l'effort inspire une réflexion au maire, qu'il communiquera sans doute dans le cadre officiel de la présentation du budget lundi, à 16 h. «Si jamais le gouvernement ne respecte pas son engagement et ne nous redonne pas ce qu'il nous a pris cette année, on va être sérieusement dans le trouble», prévient-il. «En terme de surplus, à trois millions $, on est sur le fer. Trois tempêtes de quarante centimètres et je n'ai plus une cenne.»

En assemblée publique lundi soir, Robert Beaudoin a profité de la période de questions pour demander pourquoi les députés de Saint-Maurice et de Laviolette, Pierre Giguère et Julie Boulet, ne s'étaient pas publiquement élevés contre ce cadeau empoisonné aux municipalités.

«Je n'ai pas entendu nos deux députés faire de commentaires sur le sujet», déplore-t-il. «Est-ce qu'ils travaillent pour leur comté ou pour le gouvernement? C'est nous qui allons payer ce 1,2 million $. Ce n'est un secret pour personne! Il faudrait leur rappeler leurs responsabilités. Ont-ils peur de ne pas avoir d'avancement?»

Services

Le maire ne cache pas que certains services subiront les frais de l'exercice 2015, sans encore préciser lesquels. «On ne peut plus couper les dépenses à l'interne, puisque nous l'avons déjà fait l'an dernier», rappelle M. Angers. «Par la force des choses, certains services subiront les conséquences de tout ça.»

Le maire laisse entendre que le conseil municipal n'a pas trop voulu s'avancer sur la hausse de tarifs pour générer plus de revenus. «Non, parce qu'une nouvelle tarification, ça représente une augmentation de taxes», indique-t-il. La stratégie semble plus portée vers la réduction de certaines enveloppes spécifiques. «C'est ce qu'on n'aura pas le choix de faire», convient-il. «Mais est-ce que ce sera aux organisations, sur les subventions... Tout a été regardé. Nous présenterons le topo lundi de ce que nous avons été obligés de faire pour garder le taux de taxation le plus bas possible, sans marge de manoeuvre. Dans mes cinq ans, ça été mon exercice budgétaire le plus difficile.»

Malgré le contexte, le maire tient à poursuivre la réfection des infrastructures municipales, tant que le support gouvernemental demeurera au rendez-vous.

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