Vérificateur à Shawinigan: le conseil municipal ferme la porte

Le maire Michel Angers a dit non mardi... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le maire Michel Angers a dit non mardi à l'embauche d'un vérificateur général.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Il ne faudra pas compter sur le conseil municipal de Shawinigan pour appuyer la demande d'un comité de citoyens qui réclame l'embauche d'un vérificateur général pour éplucher les dépenses de la Ville. Sans surprise, le maire, Michel Angers, a fermé la porte à cette suggestion, en séance publique mardi soir.

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 Bernard Genest est revenu à la charge mardi soir avec la demande de Shawinigan citoyens avertis concernant l'embauche d'un vérificateur général.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

Le 11 novembre, Diane Borgia, porte-parole de Shawinigan citoyens avertis, s'était présentée au micro à la période de questions de l'assemblée régulière pour expliquer la démarche du regroupement. Elle voulait que les élus adoptent une résolution demandant à l'Assemblée nationale de modifier la Loi sur les cités et villes pour obliger les municipalités de plus de 35 000 habitants à engager un vérificateur général. Actuellement, seules les villes de plus de 100 000 personnes sont visées par cette obligation.

Shawinigan citoyens avertis fait aussi circuler une pétition pour inciter le conseil municipal à embaucher cette ressource même si la loi ne l'y oblige pas.

On devine que la discussion n'a pas dû s'éterniser autour de la table. Ménageant sa voix en séance publique hier soir en raison d'un vilain virus, le maire de Shawinigan a retrouvé ses cordes vocales lorsque Bernard Genest l'a interpellé à ce sujet pendant la période des questions.

«Un vérificateur général ne juge pas les décisions d'un conseil municipal», explique Michel Angers. «Il vérifie si les dépenses sont conformes. Si vous pensez qu'il s'agirait là d'un chien de garde, je vais vous rappeler les cas de Laval et de Montréal. S'il y a des endroits où il s'est passé n'importe quoi au cours des dernières années, c'est bien là !»

M. Angers rappelle que la Ville embauche évidemment une firme de vérificateurs externes pour les états financiers annuels. «Venez assister au budget, lundi prochain, et vous viendrez me dire si nous avons les moyens de réserver 400 000 $ ou 500 000 $ par année pour un vérificateur général...»

Portrait global

Le maire a profité de l'occasion pour répondre à la campagne lancée par Shawinigan citoyens avertis sur son site Internet pour convaincre la population de signer la pétition afin d'inciter les élus à embaucher un vérificateur général.

Le regroupement a relevé plusieurs indicateurs qui font mal paraître Shawinigan par rapport à 35 villes comparables à travers le Québec, notamment en ce qui concerne son taux global de taxation uniformisé et son endettement. SCA relève également «sept bonnes raisons» pour embaucher un vérificateur général, en questionnant des investissements réalisés par la Ville au cours des dernières années.

«S'il y a des dépassements de coûts importants, il pourrait demander au conseil municipal de resserrer le contrôle», illustre le maire. «Mais en aucun temps un vérificateur général pourrait nous dire de ne pas construire un garage municipal, un amphithéâtre ou un centre de curling.»

Quant à la dette, M. Angers rappelle que le conseil municipal profite des programmes gouvernementaux pour renouveler des infrastructures qui se dégradent depuis déjà trop longtemps.

«Que faudrait-il faire? Ne pas réparer nos routes?», questionne-t-il. «Quand on ne répare pas, vous venez nous le dire en séance publique et vous avez bien raison.»

«Vous pouvez scruter nos dépenses, nos règlements d'emprunt», ajoute le maire, s'adressant toujours à M. Genest. «On ne s'est pas payé de luxe, pas d'extras, pas de dépassements de coûts. Si on ne prend pas les subventions, d'autres villes vont en profiter.»

Au sujet des indices de performance des municipalités, le maire souhaiterait que SCA véhicule un portrait plus complet plutôt que de surligner uniquement les statistiques qui font mal paraître la ville.

«Quand on isole un ou deux indices, on peut faire direce qu'on veut aux tableaux», déplore-t-il. «Ça prend une vue d'ensemble.»

Ainsi, il martèle qu'une famille qui achète une maison à un coût moyen de 142 000 $ à Shawinigan fait une bonne affaire.

«Elle aura une hypothèque moins chère et une charge fiscale plus basse par rapport à la même maison ailleurs. Il faut dire toute la vérité», suggère-t-il.

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