Sablière Claude Laforme: les entrepreneurs invités à s'approvisionner ailleurs

Claude Laforme... (Photo: François Gervais)

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Claude Laforme

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'exploitation de la sablière de l'homme d'affaires Claude Laforme a rebondi une fois de plus à la dernière séance régulière du conseil municipal de Shawinigan. Cette fois, le camionneur Jocelyn Ricard est venu dénoncer le mot d'ordre imposé aux fonctionnaires de boycotter ce site.

Il s'agit d'un nouveau chapitre dans cette guerre d'usure qui dure depuis deux ans. M. Ricard souhaite procéder à un développement domiciliaire dans le quartier Sainte-Flore, non loin du site litigieux.

La Ville ne veut pas lui donner les autorisations tant que le dossier de la sablière ne sera pas définitivement réglé, car les élus craignent que les éventuels résidents se plaignent de cette exploitation.

En attendant, les activités de la sablière se poursuivent et M. Ricard y travaille. À la période de questions de la dernière assemblée publique, le camionneur s'est avancé au micro pour dénoncer un mot d'ordre visiblement passé aux fonctionnaires.

M. Ricard a lu un courriel dans lequel un représentant des services techniques répond à un employé de Maskimo au sujet du sable nécessaire pour des travaux de réfection d'aqueduc et d'égout sur les 16e et 17e Avenues, réalisés à la fin de l'été. Le conseil municipal avait accordé ce contrat au montant de 594 068 $ à sa séance du 8 juillet.

«Après discussion à l'interne, je te confirme que le CG-14 de la sablière Laforme n'est pas accepté sur le projet de réfection de la 16e Avenue et de la 17e Avenue», écrit Xavier Ouellet, ingénieur aux services techniques de la Ville, à son correspondant de Maskimo. «Si vous avez besoin de CG-14 ou de MG-112 lors des travaux sur la 17e Avenue (advenant que les matériaux en place ne suffisent pas), vous devrez vous alimenter ailleurs qu'à cet endroit.»

Plus loin, le fonctionnaire mentionne que la Ville demeure ouverte à analyser les conséquences de cette solution imposée, notamment si Maskimo devait assumer des coûts supplémentaires pour s'approvisionner plus loin.

La dénonciation n'a pas fait sourciller les élus. Le directeur général, Gaétan Béchard, a simplement mentionné que le sable devait provenir d'un site autorisé par la Ville. «Or, cette sablière ne l'est pas», tranche-t-il.

M. Ricard relève que non seulement la Ville a dû payer des coûts supplémentaires pour le transport, mais qu'il avait convenu avec M. Laforme d'un prix beaucoup plus avantageux que la compétition pour la tonne de sable.

Tout cela parce que la Ville a mis en quarantaine une sablière pourtant reconnue par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, rappelle le camionneur.

Il s'agit des conséquences d'une bataille judiciaire sur l'exploitation illégale d'une sablière contiguë, qui avait fortement perturbé le voisinage en 2012. Au début de l'année, Excavations R.M.G. avait été condamnée à une amende pour s'être approprié du sable sur un lot qui n'était pas zoné à cette fin.

En fait, la Ville avait recensé sept infractions, mais la juge n'en avait retenu qu'une seule. Cette dernière avait été commise sur un site où M. Laforme avait creusé un lac artificiel et non sur la sablière reconnue par le MDDELCC.

Lumière au bout du tunnel?

Pour régler l'imbroglio, la Ville a déjà annoncé son intention de faire l'acquisition de cette sablière. En assemblée publique, le maire semblait encouragé par les discussions en cours.

«Il y a des choses qui avancent», commente Michel Angers. «Je pense que nous serons capables d'en venir à une entente. En attendant, notre position ne change pas.»

Même optimisme du côté de M. Laforme. Il a refusé deux offres jusqu'ici, mais semble confiant que les négociations aboutissent à un résultat satisfaisant pour les deux parties.

«Je pense qu'on devrait s'entendre», estime l'homme d'affaires. «Je mets de la bonne volonté et la Ville aussi. Ça s'en va sur le bon côté.»

M. Laforme convient qu'il est agacé par la décision de l'administration municipale de boycotter sa sablière.

«C'est sûr que ça me dérange», soupire-t-il. «On devrait en discuter lors de notre prochaine rencontre. Pourquoi faire ça? La sablière est légale, ça c'est sûr et ils le savent. Mais en négociation, il faut faire attention. J'espère que ça va débloquer.»

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