L'artillerie lourde pour un vérificateur général à Shawinigan

Diane Borgia, porte-parole de Shawinigan citoyens avertis, considère... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Diane Borgia, porte-parole de Shawinigan citoyens avertis, considère que si le passé est garant de l'avenir, il faut que le conseil municipal embauche un vérificateur général.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le groupe Shawinigan citoyens avertis entreprend une campagne d'information très agressive pour convaincre la population de signer une pétition pour inciter le conseil municipal à ne pas attendre un changement législatif avant d'engager un vérificateur général

Lors de la dernière assemblée publique, Diane Borgia, porte-parole de SCA, demandait aux élus d'adopter une résolution pour que le gouvernement du Québec change la Loi sur les cités et villes afin d'obliger les municipalités de plus de 35 000 habitants à embaucher un chien de garde. Actuellement, seules les agglomérations de plus de 100 000 habitants sont tenues d'avoir un vérificateur général.

Le maire, Michel Angers, a déjà mentionné que les élus réfléchiraient à l'appui à donner à ce changement législatif. Mais SCA ne s'arrête pas là : le groupe fait aussi circuler une pétition à Shawinigan pour que la pression populaire convainque le conseil municipal de procéder à l'embauche d'un vérificateur général dans les plus brefs délais.

«Même si la loi n'oblige pas les villes à avoir un vérificateur, elle n'empêche pas son embauche non plus», nuance Mme Borgia. «Un conseil municipal peut donc très bien décider de rassurer ses citoyens, de rétablir ou d'améliorer un lien de confiance.»

SCA souhaite que 5000 Shawiniganais appuieront cette pétition, dans un délai que Mme Borgia ne souhaite pas fixer dans le temps. Pour convaincre les gens, le site Web du regroupement propose «sept bonnes raisons» pour appuyer cette démarche. Huit tableaux ont également été préparés à partir de données obtenues au ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire pour illustrer la performance de Shawinigan par rapport à 34 autres villes comparables sur divers indicateurs.

Queue de peloton

Mme Borgia mentionne que son équipe a procédé à une minutieuse compilation au cours des derniers mois. Selon elle, il ressort de l'exercice que Shawinigan possède l'un des taux global de taxation uniformisé les plus élevés au Québec, que son endettement total net à long terme par tranche de 100 $ de richesse foncière uniformisée est le plus élevé parmi les 35 villes comparables, que son endettement total net à long terme a bondi de 73 % entre 2009 et 2013 et, finalement, que Shawinigan possède l'une des plus faibles richesses foncières uniformisées de la province.

À partir de ces constats, SCA avance sept raisons pour embaucher un vérificateur général qui pourrait mieux guider les élus dans leurs décisions.

Ainsi, le regroupement remet sur le tapis les 28,7 millions $ investis pour la construction d'un l'amphithéâtre municipal qui ne remplit pas son mandat multifonctionnel annoncé au départ. Il déplore aussi le projet d'aménagement d'un parc industriel à grand gabarit, qui a coûté 4,5 millions de dollars en acquisitions de propriétés pour une usine qui n'a finalement jamais abouti à Shawinigan.

SCA juge aussi sévèrement la construction d'un centre municipal de curling à Grand-Mère, une affaire de plus de quatre millions de dollars pour «0,003 % de la population». La construction d'un nouveau garage municipal à plus de dix millions de dollars, le programme de contrôle des insectes piqueurs (plus de 800 000 $ par année), les privilèges accordés à la Société protectrice des animaux de la Mauricie pour ses locaux et les trop nombreuses dépenses en infrastructures et en immobilisations devraient inciter les Shawiniganais à réfléchir sur la gestion de leur ville, selon SCA.

«Sans le travail d'un vérificateur général, il y a un risque de se retrouver avec un bar ouvert», craint l'organisme dans un communiqué. «Il importe plus que jamais de freiner les dépenses indues de fonds publics qui semblent prévaloir à la Ville de Shawinigan.»

«On veut que la population soit informée», ajoute Mme Borgia. «Pour moi, la première chose qui me frappe est l'endettement. Par rapport à nos revenus, c'est encore plus préoccupant. On a beau demander aux citoyens de payer, mais n'y aurait-il pas moyen de regarder de près les dépenses ? Assure-t-on un suivi sérieux des organismes à but non lucratif qui reçoivent des subventions de la Ville ? On va nous répondre que ce sont des organismes privés, mais c'est notre argent! Dotons-nous d'un vérificateur général qui pourra rassurer la population, qui sera ainsi certaine que nos taxes sont bien utilisées.»

Rappelons que SCA souhaite aussi être parrainé par un député de l'Assemblée nationale pour déposer une pétition qui demanderait un changement à la Loi sur les cités et villes pour abaisser de 100 000 à 35 000 habitants la barre qui oblige les municipalités à engager un vérificateur général.

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