Une infime marge de manoeuvre prévue en 2014 pour Shawinigan

Le maire de Shawinigan Michel Angers.... (Photo: Émilie O'Connor, Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan Michel Angers.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le rapport sur la situation financière de la Ville de Shawinigan laisse entrevoir un très léger surplus pour l'année qui s'achève. Dans son exposé présenté à la séance ordinaire du 11 novembre, le maire estime à 132 000 $ l'excédent qui serait dégagé en 2014, sur un budget de 81,7 millions $.

Si cette prévision s'avère, il s'agirait du plus faible surplus enregistré par la Ville de Shawinigan depuis la fusion, à l'exception de la première année. En 2002, les états financiers affichaient un déficit de 189 000 $.

Il faut évidemment prendre cette prévision avec beaucoup de réserve, puisque l'histoire confirme qu'il existe pratiquement toujours une forte variation entre ce qui est prévu au début novembre et les états financiers qui sont présentés au printemps.

À tout le moins, les indicateurs de 2014 tendent à démontrer que la Ville marche sur un fil de fer et que de fortes précipitations de neige d'ici la fin de l'année pourraient faire basculer le budget. Il s'agit d'ailleurs du principal facteur qui explique le faible surplus anticipé, selon Michel Angers.

«Il ne faut pas qu'il neige!», tranche-t-il. «Ça nous a déjà coûté une beurrée en début d'année.» Rappelons qu'en 2013, la Ville avait dégagé un surplus de 381 500 $, qui constituait la plus faible marge depuis les 154 000 $ de 2006.

Déjà que l'administration municipale doit jongler avec des coupes estimées à 1,2 million de dollars en raison du pacte fiscal de 2015 avec le gouvernement du Québec, un déficit de l'année en cours ajouterait aux défis financiers. Malgré tout, le maire exprime clairement sa volonté de maintenir le niveau et la qualité des services, ainsi qu'un compte de taxes qui respecte «la capacité de payer des citoyens».

«Je ne veux pas couper les services», maintient-il. Et pour lui, le contrôle des insectes piqueurs en fait partie, même si certains jugent qu'en période difficile, il s'agirait d'une dépense facile à éliminer.

«Très majoritairement, les gens sont favorables à cette mesure», assure le maire. «Bien sûr que je pourrais la couper, mais ce serait un service de moins. Ce n'est pas précieux pour moi, mais pour la communauté. Pour les jeunes familles, pour les amateurs de sport.»

M. Angers fait remarquer qu'au 31 décembre 2013, l'excédent non affecté de la Ville s'élevait à 3,1 millions $. Il rigole un peu quand il entend le gouvernement libéral dire que les municipalités n'ont qu'à piger dans leurs surplus pour avaler l'effort budgétaire imposé en 2015.

«Si, au lieu d'avoir 250 centimètres de neige, nous en recevons 400, je passe à travers ma marge de manoeuvre», illustre-t-il. Le maire cite aussi l'exemple de réparation d'un ponceau sur le chemin du Parc-National. Un règlement d'emprunt de 415 000 $ a été adopté à cette fin lors de la dernière séance régulière, une dépense totalement imprévue.

«Si je n'ai aucune marge de manoeuvre, que j'ai un surplus de 132 000 $ en 2014 et que je n'en anticipe pas vraiment plus en 2015 parce que nous sommes en période de compression et que les revenus manquent... Il faut naviguer à travers tout ça. C'est un exercice extrêmement difficile.»

Sans vouloir s'avancer trop rapidement, M. Angers indique qu'il vise «à peu près» l'inflation pour l'augmentation du compte de taxes en 2015. Selon Statistique Canada, elle s'établissait à 2 % en septembre. Au Québec, l'inflation s'arrêtait plutôt à 1,6 % au cours du même mois.

«La priorité, c'est de couper dans les dépenses», insiste le maire. «Pas dans les services. On peut couper dans les montants d'argent qu'on accorde à des organismes. Mais en même temps, je dois composer avec un organisme de développement économique qui sera réduit. Tout arrive en même temps!»

Lors de la même séance publique, Jean-Pierre Dufresne a dressé une liste de suggestions pour guider le conseil municipal en cette période de restrictions budgétaires. Des dépenses à éliminer avant de songer à augmenter les taxes, selon lui.

Ainsi, la Ville pourrait économiser en révisant la politique pour le contrôle des insectes piqueurs, les subventions versées à la Cité de l'énergie et à divers organismes, ainsi que les frais de représentations «à Toronto ou à Vancouver».

Il suggère même d'éliminer les boissons alcooliques, jugeant que la population n'avait pas à payer les consommations des élus qui souhaitent se détendre à l'hôtel de ville.

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