Des emplois plutôt que de la ferraille à la Laurentide, réclame Angers

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«J'ai des projets industriels dans ma manche» - Michel Angers

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le site de l'ancienne papeterie Laurentide suscite beaucoup d'intérêt dans le milieu des affaires, mais deux tendances tout à fait opposées se dessinent pour l'avenir de cette vaste propriété. D'un côté, les démolisseurs et les récupérateurs y voient un invitant terrain de jeu tandis que de l'autre, des industriels sont attirés par les possibilités qu'offrent certaines installations en excellent état.

Le maire de Shawinigan ne fait pas de cachette, il veut à tout prix éviter un autre chantier qui ressemblerait à l'usine Belgo. Voilà pourquoi il souhaite que Produits forestiers Résolu tendra l'oreille à la volonté de la Ville de Shawinigan de voir réapparaître des emplois durables sur cette propriété.

«Il y a beaucoup de potentiel», s'enthousiasme M. Angers. «Nous avons des repreneurs, pas seulement un, intéressés pour certains dossiers. Les bâtiments sont très importants pour eux. Ces repreneurs ne transigeront pas avec des démolisseurs. Idéalement, il faudrait que nous puissions acquérir ces terrains.»

Une fois propriétaire, la Ville accorderait un contrat de démolition pour certains bâtiments, mais conserverait les actifs qui font rêver des investisseurs potentiels. Le maire pousse même sa réflexion en mentionnant que le Fonds Résolu pourrait être sollicité comme mesure incitative pour convaincre une compagnie de s'installer sur ce site.

Cet outil a été mis en place en 2011, dans le cadre de la restructuration de l'ancienne AbitibiBowater. Produits forestiers Résolu s'est engagée à investir deux millions de dollars par année dans ce fonds, pour une période de cinq ans.

Il est administré par le gouvernement du Québec et l'enveloppe est réservée aux communautés directement touchées par les pertes d'emplois provoquées par cette compagnie. Shawinigan répond plutôt bien à ce critère; elle a d'ailleurs bénéficié d'une contribution d'un million de dollars au printemps 2013 pour le Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins.

«J'ai des projets industriels dans ma manche», insiste M. Angers. «Moi, je veux remettre des emplois à cet endroit. L'avantage concurrentiel que nous possédons actuellement sur les autres villes avec des sites semblables, c'est que nous avons de bons bâtiments. Celui de la machine à papier no 11 a été construit dans les années 90. C'est une structure super solide, avec un pont roulant. Construire le même bâtiment, ça coûterait des millions de dollars aujourd'hui.»

La Ville accompagne évidemment les investisseurs qui se sont montrés intéressés au cours des dernières semaines. M. Angers indique que PFR ne peut ignorer le potentiel des projets industriels qui se discutent à l'hôtel de ville.

«Ça fait deux fois qu'on visite», précise-t-il. «PFR sait très bien qui sont ces promoteurs. Ils savent que c'est sérieux.»

«Les dirigeants nous ont dit très clairement qu'ils seraient à l'écoute si la Ville avait des projets», rappelle le maire. «Nous en avons! On souhaite donc que Résolu nous fasse confiance, nous permette de transiger. Au lieu d'avoir un ferrailleur qui va tout raser, on pense que des affaires intéressantes pourraient être faites.»

Difficile d'établir la valeur recherchée par la multinationale pour cette propriété. M. Angers précise toutefois que la compagnie a obtenu autour de 1,5 million $ dans d'autres cas similaires.

«Habituellement, ils vendent ça pour le prix du métal», fait-il remarquer.

Intégrité des équipements

Les parties intéressées aux bâtiments savent que Produits forestiers Résolu a interrompu le chauffage la semaine dernière, malgré les demandes du milieu qui souhaite conserver l'intégrité des équipements. Le syndicat Unifor poursuit tout de même ses revendications en sensibilisant le gouvernement du Québec à l'importance d'attirer de nouveaux emplois industriels sur le site Laurentide.

Rappelons que la compagnie se donne jusqu'au 31 décembre pour recevoir les propositions des promoteurs. Karl Blackburn, directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales chez PFR, estime qu'un délai de quatre mois suffit pour identifier la meilleure opportunité, autant pour la Ville que pour l'entreprise.

M. Blackburn précise que les devis pour l'appel de soumissions seront envoyés ces jours-ci aux investisseurs qui ont démontré de l'intérêt.

«Ce n'est pas juste une question de prix», assure le porte-parole. «Par exemple, il faut aussi tenir compte du respect de la responsabilité environnementale. Tout le monde part sur le même pied.»

À l'usine, la très grande majorité des quelque 275 travailleurs mis à pied ont quitté leur poste. D'ici une semaine, M. Blackburn ne s'attend plus à retrouver qu'une dizaine de personnes sur le site.

Rappelons que 84 employés pouvaient se qualifier pour une retraite ou une retraite anticipée au moment de l'annonce. Jusqu'ici, une douzaine de travailleurs ont été embauchés dans d'autres divisions de PFR. Treize cadres ont aussi accepté un transfert.

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