Un vérificateur général réclamé par Shawinigan citoyens avertis

L'intervention de Diane Borgia, porte-parole de Shawinigan citoyens... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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L'intervention de Diane Borgia, porte-parole de Shawinigan citoyens avertis, n'est pas passée inaperçue mardi soir, en assemblée publique.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Fort discret depuis sa création, le regroupement Shawinigan citoyens avertis (SCA) est sorti de l'ombre mardi soir, à la séance régulière du conseil municipal. Sa porte-parole, Diane Borgia, souhaite que les élus appuient sa démarche de demander à l'Assemblée nationale du Québec de modifier l'article 107.1 de la Loi sur les cités et villes afin d'obliger les municipalités de plus de 35 000 habitants à engager un vérificateur général.

SCA fera circuler une pétition au cours des prochains jours pour inciter les citoyens à appuyer cette démarche. Rappelons qu'actuellement, la loi exige la présence d'un vérificateur général dans les villes de plus de 100 000 habitants.

Dans le communiqué lu en assemblée publique, Mme Borgia rappelle que «certaines villes ont malheureusement fait l'objet de malversations, fraudes et abus de confiance et doivent maintenant revoir leurs pratiques de gestion selon des principes d'éthique rigoureux. L'initiative du SCA, si elle porte fruit, amènerait les municipalités de taille moyenne à bénéficier de l'encadrement d'un vérificateur général, ce qui favoriserait une gestion plus transparente, réaliste et responsable des deniers publics.»

La porte-parole ajoute qu'un signal positif du conseil municipal identifierait Shawinigan comme un modèle de bonne gouvernance.

En entrevue, Mme Borgia assure qu'elle possède l'appui d'un député qui s'est engagé à déposer cette pétition à Québec. Elle n'a toutefois pas voulu l'identifier pour le moment.

Diane Borgia s'était présentée comme candidate dans le district de la Rivière aux élections municipales de novembre 2013. L'embauche d'un vérificateur général faisait partie de ses priorités. Elle souligne que pendant son porte-à-porte, les citoyens souhaitaient un contrôle plus serré des finances municipales.

«Je n'accuse personne, mais je me dis que si on veut aller de l'avant, pourquoi ne pas favoriser les villes de 35 000 habitants et plus à avoir leur vérificateur général?», questionne-t-elle. «Si on arrive avec 5000 signatures de citoyens qui veulent un vérificateur général, je pense que ça aura un effet.»

Mme Borgia est convaincue que l'initiative de SCA fera boule de neige à travers le Québec. «Nous aurons sûrement des appels de citoyens d'ailleurs qui seraient bien contents de voir qu'on oblige les villes de 35 000 habitants et plus à avoir leur vérificateur général.»

La porte-parole mentionne que le seuil minimum a été arrêté en analysant les budgets des municipalités à travers le Québec. Selon SCA, les villes de cette ampleur peuvent se permettre l'embauche de cette ressource.

«Ça pourrait aussi être un vérificateur à temps partiel, une équipe volante», illustre-t-elle. «On pourrait ainsi rassurer la population. J'ai fait du porte-à-porte et ce n'est pas vrai que les citoyens sont vraiment contents de tout ce qui se passe en terme de dépenses. Je n'accuse personne, mais n'y a-t-il pas lieu de vérifier? Nous avons des organismes paramunicipaux qui reçoivent des millions de dollars, qui émettent un bilan financier à la fin de l'année sans qu'il se passe autre chose. On essaie d'avoir l'accès à l'information dans certains dossiers, mais on a de la misère. Au cours des prochaines semaines, nous vous amènerons de l'information où on pense qu'il pourrait y avoir de l'amélioration.»

Question sensible

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, a reçu la demande en mentionnant que la question de l'appui serait discutée entre les élus.

«Mais ce qui est ironique, c'est de faire allusion à des malversations alors que de notre côté, nous sommes blancs comme neige depuis cinq ans», glisse-t-il. «Ça, je peux vous l'assurer.»

M. Angers rappelle que le gouvernement du Québec avait déjà asséné des coupes d'environ 1,2 million de dollars pour la Ville de Shawinigan la semaine dernière. «Si on ajoute un vérificateur général par-dessus ça, je ne suis même pas convaincu qu'il trouvera une marge de manoeuvre. Mais nous vous reviendrons avec une décision.»

Les commentaires du maire ont chatouillé l'ex-député de Saint-Maurice, Robert Deschamps, qui participait à l'assemblée publique. Il percevait déjà une réponse négative dans ces propos. Le maire l'a assuré du contraire, en répétant qu'il trouvait ironique que la demande vienne d'un endroit où aucune irrégularité n'avait été soulevée.

«Ça, on ne le sait pas», a répliqué M. Deschamps. Cette phrase lapidaire n'a pas du tout plu au maire.

«Je n'accepterai pas qu'on mette en doute l'intégrité ou l'honnêteté du conseil municipal», prévient-il.

«Nous sommes au-dessus de tout soupçon et je vous invite à faire attention à ce que vous dites dans cette salle.»

En entrevue après la séance, M. Angers a réitéré que la demande serait étudiée, mais qu'il n'appréciait pas ce qu'elle sous-entendait.

«Je me méfie toujours des allusions, comme si un vérificateur général était plus capable que mon organisation», mentionne-t-il. «Mais nous allons en discuter, c'est sûr.»

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