Michel Angers pas trop mal à l'aise avec le soutien financier consenti à CGI

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le maire de Shawinigan, Michel Angers, ne s'attend pas à ce que les avantages consentis à CGI pour convaincre la multinationale de s'établir dans sa ville alimentent les murmures à travers le Québec. Dans son esprit, le gouvernement provincial ne peut faire autrement pour assurer la prospérité des régions, en raison de la compétition internationale.

Rappelons que la bonification de six points de pourcentage accordée au crédit d'impôt remboursable pour le développement des affaires électroniques permettra à CGI d'économiser des millions de dollars sur une période de 13 ans. Cette aide supplémentaire sera obtenue via le Fonds de diversification économique créé à la suite de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

La valeur de ce soutien demeure difficile à quantifier pour le moment, puisqu'elle dépend du nombre d'emplois créés et des salaires qui y seront rattachés. On sait, par contre, que l'appui gouvernemental s'appliquera jusqu'à un maximum de 25 000 $ par emploi, montant qui serait obtenu pour une rémunération annuelle de 83 333 $.

Selon ce scénario, 5000 $ seraient puisés dans le Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie, tandis que 20 000 $ proviendraient du crédit d'impôt normal pour le développement des affaires électroniques. Il ne s'agit évidemment que d'une illustration, puisque dans les faits, les quelque 300 employés de CGI à Shawinigan ne toucheront pas tous un tel salaire annuel.

C'était visiblement la rançon à payer pour convaincre la multinationale de s'établir à Shawinigan. Au moment de l'annonce la semaine dernière, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, avait utilisé l'allégorie du petit frère qui reçoit des bas neufs pendant que le reste de la famille se contente de bas percés pour commenter la surprenante nouvelle.

«Je ne veux pas entrer dans ce débat», maugrée M. Angers. «Moi, je n'ai pas de parc industriel gouvernemental, je n'ai plus de grande entreprise comme IFFCO qui s'en vient, l'ABI, Olin, Silicium Bécancour...»

«Je suis extrêmement heureux que Bécancour puisse bénéficier de ces entreprises et s'il en arrive d'autres, ce sera tant mieux pour la Mauricie et le Centre-du-Québec», ajoute-t-il. «Mais moi, je n'irai pas dans une discussion de bas percés. Je tente de développer ma ville avec le plus grand nombre de partenaires possible. Tous ceux qui veulent travailler avec nous sont les bienvenus.»

M. Angers serait étonné que les privilèges accordés à CGI pour s'établir à Shawinigan suscitent l'envie étant donné que les règles du jeu sont connues de tous.

«Compte tenu que le gouvernement du Québec possède les leviers pour créer des emplois, il se doit d'investir», fait-il remarquer.

«Il ne le fait pas seulement pour Shawinigan! Au Québec, on doit être capable d'entrer en compétition avec ces pays qui offrent souvent des conditions de travail inférieures aux nôtres. Nos cousins américains bonifient aussi leurs mesures à l'emploi, justement pour attirer les entreprises. On doit être à l'avant-garde. Le gouvernement a fait un excellent choix avec ces mesures car pour chaque dollar investi, il y a un retour important pour l'État. Cet argent permet au Québec de se développer.»

Le maire de Shawinigan craint que sans ces aides financières, les grands joueurs soient tentés de s'établir ailleurs, délaissant ainsi le Québec et plus particulièrement, ses régions.

«Il ne faut pas penser que ça ne se fait que pour Shawinigan», insiste M. Angers. «Ça a été aussi vrai pour FerroAtlántica, qui s'en va à Port-Cartier avec une aide financière très substantielle. Faisons le tour de toutes les grandes entreprises: le Québec est condamné à être en concurrence à l'échelle mondiale et il le fait bien.»

M. Angers souligne aussi que cette association avec CGI, une multinationale qui compte près de 70 000 employés à travers le monde, comporte peu de risque pour le gouvernement en raison de la crédibilité de la compagnie.

«Je fais du développement économique depuis pas mal d'années», rappelle-t-il. «Je vois des entreprises étrangères qui débarquent ici et qui veulent le beurre, l'argent du beurre et le laitier en passant... Cette fois, c'est une entreprise québécoise. Nous avons des conditions de vie à la hauteur de ce que le Québec peut se donner, notre pays est regardé par l'ensemble du monde pour sa qualité de vie. Ça a un prix.»

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