«Ça ne peut pas être une recette unique»

Suzanne Roy, présidente de l'Union des municipalités du... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Suzanne Roy, présidente de l'Union des municipalités du Québec, s'est arrêtée à Shawinigan mardi, dans le cadre de sa tournée provinciale. Elle a été reçue par le maire, Michel Angers.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La dernière étincelle provoquée par le gouvernement du Québec pour attirer CGI à Shawinigan ne doit pas porter ombrage à la nécessité, pour les administrations municipales, d'obtenir plus de pouvoirs en matière de développement économique.

Voilà la nuance apportée mardi après-midi par la présidente de l'Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, lors de son passage à Shawinigan dans le cadre d'une grande tournée provinciale. La visite de la mairesse de Sainte-Julie coïncide avec une effervescence locale provoquée par l'annonce de l'arrivée de la multinationale des technologies de l'information CGI au cours des prochains mois.

Les maires réclament depuis longtemps davantage de pouvoirs pour assurer leur développement économique, mais force est de constater que le gouvernement du Québec peut lui-même propulser la création d'emplois avec des mesures spécifiques. Dans le cas de CGI, une bonification du programme du crédit d'impôt remboursable pour le développement des affaires électroniques et une ponction dans le Fonds de diversification économique créé à la suite de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 ont fait toute la différence pour Shawinigan.

«Ça ne peut pas être une recette unique», prévient Mme Roy. «Nous avons un exemple où le gouvernement du Québec a pu intervenir pour bonifier. Ça fait partie de son rôle, de voir à ce qu'on puisse occuper le territoire partout.»

«Mais quand on a des initiatives locales, quand il arrive de grandes fermetures et qu'il faut faire un plan de redressement en 22 copies, envoyer ça à Québec, faire faire les virgules, le ramener chez nous, le réécrire avec les virgules changées, le retourner à Québec pour approbation... Avant d'avoir l'argent, l'initiative locale est morte et les gens ont quitté la région!»

Malgré l'exemple d'efficacité démontré par Investissement Québec au cours des dernières semaines, Mme Roy tient à ce que les élus municipaux obtiennent les moyens pour soutenir des initiatives locales en création d'emplois.

«C'est beau Québec, mais le maire doit répondre aux citoyens de Shawinigan», fait remarquerla présidente de l'UMQ.

Sur ce point, Michel Angers répète qu'il a remis une liste de projets totalisant vingt millions de dollars au Groupe tactique d'intervention économique et qu'il compte bien les réaliser. D'ailleurs, cette équipe d'IQ se trouvait à nouveau à Shawinigan mardi matin.

«Nous avons besoin de nous bâtir une identité, une façon de faire les choses et nous projeter dans l'avenir», souligne-t-il. «Les PME créent 85 % des emplois au Québec. Il faut absolument bâtir ce tissu.»

Préoccupations

Le caucus régional des maires de l'UMQ était organisé mardi soir, à Shawinigan. Outre le développement économique, de nombreux autres enjeux ont été abordés. Le thème central du Livre blanc adopté en 2012, soit l'autonomie des municipalités, se retrouve sur les lèvres de tous les élus. Surtout dans un contexte où le panier de responsabilités a pris beaucoup d'ampleur au fil des années et que les citoyens en font les frais, puisque 75 % des revenus municipaux proviennent des impôts fonciers, rappelle Mme Roy. La diversification des sources de revenus constitue donc un enjeu central.

Le débat houleux sur les régimes de retraite des employés municipaux se retrouve également en tête de liste des préoccupations de l'UMQ.

De même, la négociation de l'entente fiscale et financière avec le gouvernement du Québec constituera l'un des principaux mandats de l'organisme au cours des prochains mois. Cette entente représente 750 millions $ pour les municipalités du Québec, dont 32 millions $ pour la Mauricie.

Faute de temps, à l'aube de l'adoption des budgets, l'UMQ prône la reconduction de l'entente pour un an en 2015. En contexte d'austérité budgétaire, Mme Roy tient à ce que certains principes soient respectés.

«On ne connaît pas encore les intentions du gouvernement», déplore-t-elle. «On peut s'attaquer à l'efficience, mais pas aux services. Il ne faut pas qu'on fasse le transfert aux citoyens et enfin, on doit moduler en fonction des réalités régionales. Ces trois grands principes sont incontournables dans nos discussions avec le gouvernement du Québec.»

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