CGI: l'enthousiasme qui fait rêver

Philippe Nadeau, président d'Alchemic Dream.... (Photo: Émilie O'Connor)

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Philippe Nadeau, président d'Alchemic Dream.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La communauté d'affaires de Shawinigan n'a pas encore quitté l'état de grâce qui l'enveloppe depuis l'annonce officielle de la création d'un centre d'excellence de la multinationale CGI. Soudainement, le virage vers l'économie du savoir prend tout son sens, avec des perspectives concrètes.

L'un des pionniers en la matière, Philippe Nadeau, n'a pu participer à la conférence d'information de vendredi matin. Il a toutefois servi de guide chez DigiHub en après-midi pour des élus épatés par le concept, qui sera officiellement inauguré le 6 novembre.

M. Nadeau ne voit que des points positifs à l'arrivée de CGI, notamment parce qu'elle attirera une masse critique de jeunes à Shawinigan. Après avoir prêché les vertus du développement des jeux vidéo, le président d'Alchemic Dream confirme que CGI agira dorénavant comme locomotive dans le milieu.

«Le fait que cette entreprise s'intéresse à Shawinigan signifie que d'autres entreprises de ce type pourraient être incitées à faire de même», croit-il. «Ça va ajouter une attraction supplémentaire. C'est donc très positif.»

Le centre d'excellence de CGI à Shawinigan se spécialisera dans la prestation de services en développement et en intégration de systèmes informatiques. L'entreprise recherchera notamment des chargés de projets, des architectes de systèmes et de logiciels, des analystes informatiques et des développeurs.

René Fugère, vice-président de Recyclage Arctic Béluga, accueille aussi avec enthousiasme l'arrivée de CGI à Shawinigan. En prime, il rappelle que l'ancien centre d'expédition de l'usine Belgo, le joyau des bâtiments acquis d'Abitibi Bowater lors du processus de restructuration de la compagnie, peut très bien abriter ce projet.

«Si on pouvait participer à ça, on serait les gens les plus heureux au monde !», assure-t-il, en ajoutant que les approches n'ont pas encore été faites.

En 2012, Recyclage Arctic Béluga avait passé par un site spécialisé d'annonces en ligne pour offrir ce bâtiment pour la somme de 2,7 millions de dollars. Peu d'acheteurs sérieux se sont manifestés, convient M. Fugère. Des espaces ont été loués au cours des derniers mois, notamment à Kruger.

«Ça prend un gros joueur comme CGI pour s'intéresser à un immeuble comme ça», croit M. Fugère. «C'est clair qu'un jour, nous aurons un projet pour cet endroit.»

Rappelons que le Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins et le site actuel de l'usine Laurentide ont également été mentionnés comme terres d'accueil potentielles. Le fondateur de CGI, Serge Godin, mentionnait vendredi qu'il privilégiait l'intégration à un bâtiment existant.

Aide financière

En attendant de trouver le site, les informations au sujet de l'aide financière dont bénéficiera CGI à Shawinigan continuent de tomber au compte-gouttes.

Dans son communiqué de presse, le gouvernement du Québec parle d'admissibilité à un crédit d'impôt remboursable pour le développement des affaires électroniques, qui s'établit habituellement à 24 % du salaire, jusqu'à un maximum de 20 000 $ par emploi.

Dans le cas de CGI à Shawinigan, le gouvernement ajoute 6 % à cette mesure générale. Le crédit d'impôt remboursable atteint donc 30 %, jusqu'à un maximum de 25 000 $.

Le salaire maximal admissible demeure plafonné à 83 333 $ par employé, comme dans le programme général.

Mélissa Turgeon, attachée de presse du ministre Jacques Daoust, confirme que cette mesure pourra être appliquée sur une période de 13 ans.

«C'est vraiment spécifique», réitère la porte-parole. «La situation le demandait. Le contexte économique était difficile dans la région, donc c'est une mesure spécifique au cas de CGI pour la Mauricie.»

Si, par exemple, l'entreprise maintient 300 emplois à Shawinigan à compter de 2017, cela signifierait que le gouvernement lui accorderait 54 millions de dollars en crédit d'impôt sur la masse salariale pendant dix ans, selon l'hypothèse arbitraire d'un revenu moyen de 60 000 $.

Mme Turgeon ne peut évidemment plancher sur un scénario précis, puisque le nombre exact d'employés et leurs salaires au cours de cette période demeurent inconnus.

CGI avait bénéficié du même programme pour l'implantation de son centre d'excellence à Sherbrooke, en 2008. À ce moment, la mesure prévoyait un crédit d'impôt équivalent à 30 % du salaire admissible, jusqu'à un maximum de 20 000 $, et ce, jusqu'en 2015.

Difficile également d'obtenir une confirmation du montant exact puisé à même le Fonds de diversification économique Gentilly-2. Des sommes de 17 et 18 millions $ ont circulé depuis vendredi, mais il semble que cette précision viendra un peu plus tard.

«Le gouvernement Couillard peut agir par décret sans problème», explique Réjean Hardy, coprésident du fonds. «Nous ne savons même pas le montant qui a été décidé.»

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