Les démolisseurs ont la Laurentide à l'oeil

Les 500 000 mètres carrés occupés par l'usine... (Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste)

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Les 500 000 mètres carrés occupés par l'usine Laurentide permettent d'envisager les projets les plus fous, mais à court terme, il s'agit surtout d'une manne pour les démolisseurs.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Malgré les commentaires acerbes véhiculés sur la place publique au sujet de son travail dans le chantier de démolition de l'usine Belgo, l'entreprise Recyclage Arctic Béluga compte bien déposer une offre à Produits forestiers Résolu pour prendre possession de l'immense propriété de l'usine Laurentide.

«Est-ce que c'est un beau site? Oui!», lance spontanément René Fugère, vice-président de cette PME. «C'est dans notre cour. A-t-on de l'intérêt? Certainement !»

Recyclage Arctic Béluga et la Ville de Shawinigan maintiennent des relations tendues en raison du déroulement du chantier de l'ancienne papeterie Belgo. L'été dernier, un juge de la Cour supérieure a même accordé une injonction interlocutoire à la Ville de Shawinigan, qui voulait forcer l'entreprise à obtenir un permis de démolition conforme avant de poursuivre les travaux. Les deux parties ne parvenaient pas à s'entendre sur le montant de la garantie d'exécution.

Le chantier a finalement repris, mais de façon intermittente. Michel Angers répète qu'il ne veut pas d'une copie de la Belgo sur le site Laurentide. «Idéalement, dans l'esprit du maire, nous aurions dû engager 250 gars et tout faire la même année, avec des arbres et de la pelouse sur le bord de la rivière», détecte M. Fugère.

«Le site est à nous. Quand j'ai un contrat à l'extérieur, j'arrête le site. Quand nos employés ont terminé, ils reviennent à la Belgo plutôt que d'aller sur le chômage. C'est la différence entre la vision d'un maire et celle d'un entrepreneur qui veut créer de l'activité économique.»

«C'est quoi le problème avec la Belgo?», questionne M. Fugère. «Ça faisait 100 ans qu'il y avait un moulin à papier à cet endroit! Est-ce qu'on est à deux ou trois ans près ?»

M. Fugère rappelle que la cause de l'été dernier a fait perdre du temps. «Nous avons dû arrêter pendant un mois et demi dans la période où on sort habituellement le plus de matériel», souligne-t-il.

Robert Fer et métaux

En 2009, l'entreprise Robert Fer et métaux avait aussi manifesté son intérêt pour le site de l'usine Belgo. Son président, Pierre Robert, assure qu'il reviendra à la charge. «Oui, il y a de l'intérêt pour la Laurentide», confirme-t-il. «C'est un beau site et je suis certain qu'il y a des projets à faire.»

En réfléchissant un peu, M. Robert voit très bien la marina prévue un peu plus au nord débarquer sur le site de l'ancienne papeterie. Pas de problème de stationnement, ni d'accès à la rivière, fait-il remarquer. Certains bâtiments pourraient être recyclés en immeubles à condos.

Le président de l'entreprise souligne que le travail effectué à l'ancienne usine Norton, acquise en 2002, donne une idée de ses compétences dans la reconversion d'un site industriel.

L'ancien complexe de la rue D.-R.-Wilson a été rapidement transformé en centre de traitement de résidus d'aluminium.

Et la Ville? Pour le moment, le maire écarte la possibilité qu'elle fasse l'acquisition de cette propriété industrielle au prix du marché.

En 2014, cette superficie de plus de 500 000 mètres carrés est évaluée à 38,6 millions $, mais le site sera évidemment vendu à une fraction de cette somme.

«Je n'ai pas l'intention de mettre des centaines de milliers de dollars là-dedans», assurait M. Angers, vendredi dernier.

«Il me semble que ce serait la moindre des choses de pouvoir acquérir ce terrain pour une somme nominale, à l'image de ce que fait Rio Tinto Alcan qui, lui, est un citoyen corporatif plutôt exemplaire.»

Or, M. Fugère ne digérerait pas ce scénario si les pressions politiques le rendaient possible.

«Je demeure à Saint-Jean-des-Piles et mes taxes ont triplé», rage-t-il. «La Ville voudrait prendre cet argent pour entrer en compétition avec notre entreprise, alors que ce n'est pas son rôle?»

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