Le comptoir alimentaire du secteur Grand-Mère est inauguré

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On retrouve sur la photo François Donaldson (curé de la paroisse), Annie Vaugeois (agente de projet), Michel Angers (maire de Shawinigan), et Sylvie Gervais (directrice du Centre d'action bénévole de Grand-Mère).

Photo: Émilie O'Connor Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Huit mois après son ouverture, le comptoir alimentaire du secteur Grand-Mère répond déjà aux besoins de 217 familles sur un territoire fortement ébranlé par la pauvreté et les pertes d'emplois.

Mardi matin, l'organisme a officiellement inauguré ses locaux au centre communautaire Saint-Jean-Bosco. Même si les activités ont débuté le 6 février, les derniers mois ont permis aux bénévoles de rafraîchir et décorer les deux anciennes classes du primaire occupées dorénavant par ce service essentiel.

Ce dernier a été créé par la volonté de plusieurs partenaires, dont le Centre d'action bénévole de Grand-Mère. La sonnette d'alarme a été déclenchée l'an dernier, lorsque le milieu a pris conscience que 84 familles du secteur faisaient appel, sur une base régulière, à Partage Centre-Mauricie et à l'Armée du salut pour se nourrir. Cette situation a fait saisir toute l'importance de créer un service de proximité permanent pour la population du secteur Grand-Mère.

Les premier ou troisième jeudis du mois, les bénéficiaires reçoivent donc leurs denrées. Le prix varie de 3 $ pour les familles de trois personnes ou moins à 5 $ pour les foyers plus nombreux.

Bien entendu, la création de ce service donne une idée des besoins de la population. La déprime économique des derniers mois ne risque pas d'améliorer la situation. Le maire, Michel Angers, considère qu'il faut tout de même voir le nouveau comptoir alimentaire comme un «centre de solidarité».

Une image reprise par le curé François Donaldson, responsable des paroisses Saint-Jean-Baptiste, Saint-Paul et Sainte-Flore.

«Il existe une concentration de pauvreté ici», reconnaît-il. «Mais il y aussi autre chose dont on ne parle jamais: la solidarité, l'entraide, le dynamisme et la joie de vivre d'une population. Il faut se lever debout et dire qu'on se tient! Quand chacun apporte sa contribution, le miracle s'opère.»

La forte demande pour obtenir des denrées au comptoir alimentaire laisse entrevoir une période des fêtes particulièrement difficile dans le secteur. À moyen terme, il n'est pas exclu que des employés de l'usine Laurentide, qui doit cesser sa production au cours des prochains jours, doivent cogner à la porte de ce service de première ligne.

«Les gens qui travaillent à la Consol avaient le train de vie pour aller avec leur salaire», fait remarquer Annie Vaugeois, agente de projet pour le nouveau comptoir alimentaire. «C'est possible que, pour une petite période, certains doivent demander nos services. On s'attend à ça.»

Depuis l'ouverture en février, Mme Vaugeois observe d'ailleurs que des personnes qui ont perdu leur emploi se sont résignées à réclamer de l'aide pour quelques mois, le temps de redresser leur situation.

«Nous offrons avant tout un service de dépannage, mais la paroisse Saint-Paul est vraiment très défavorisée. Nous avons donc aussi des personnes démunies, qui ont moins de ressources pour aller sur le marché du travail.»

Déjà des défis

À peine fondé, l'organisme s'attend à rencontrer d'importants défis financiers dès 2015. La fin du Fonds québécois d'initiatives sociales du ministère de l'Emploi et de la solidarité sociale risque de provoquer des maux de tête au comptoir alimentaire. La directrice du Centre d'action bénévole de Grand-Mère, Sylvie Gervais, reconnaît qu'une solution devra être trouvée pour compenser la perte de ces revenus qui ne survivront pas à septembre 2015.

Ce programme a permis à l'organisme d'obtenir une aide financière d'un peu plus de 52 000 $ pour engager une ressource et procéder à l'achat d'équipements. Le même programme a permis à la Corporation de développement communautaire du Centre-de-la-Mauricie de verser 175 $ par mois pour l'achat de viande. De gros montants à remplacer.

«Si on veut de bons paniers, avec des éléments nutritifs, ça prend au moins 6000 $ par année», estime Mme Vaugeois.

De nombreux partenaires sont donc mis à contribution pour supporter le nouvel organisme. La population sera également invitée à faire un don lors de la journée portes ouvertes «Une entrée... une denrée!» qui se déroulera le 17 octobre, de 10 h à 15 h.

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