Marcher pour avancer

C'est toute la famille Guilbert qui a décidé... (Olivier Croteau)

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C'est toute la famille Guilbert qui a décidé de s'impliquer dans le Relais pour la vie de la MRC des Chenaux. Andréanne Guilbert a fait partie du comité organisateur, en plus d'être la capitaine de l'équipe Les Étoiles avec sa cousine Nancy Guilbert. Frédérique, la soeur de Laurence, ne s'est pas faite prier pour s'élancer sur le parcours, alors que la petite Léa encourageait tous les marcheurs.

Olivier Croteau

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(Saint-Maurice) Lorsque le cancer frappe et apporte une vie avec lui, les plaies qu'il laisse chez les proches de la victime peuvent être très longues à cicatriser. Nancy Guilbert, elle, a décidé de marcher pour aller de l'avant.

C'est avec cette attitude que cette mère de deux filles a attaqué le Relais pour la vie de la MRC des Chenaux ce week-end à Saint-Maurice. Un endroit où elle ne se serait probablement pas retrouvée si sa fille aînée, Laurence Mongrain, n'avait pas été emportée par la maladie en 2014.

La jeune femme avait été diagnostiquée d'une leucémie alors qu'elle était âgée de 19 ans. La progression de ce cancer des cellules de la moelle osseuse avait été fulgurante, et Laurence avait rendu l'âme trois jours plus tard.

À Saint-Maurice, la nouvelle avait été un choc pour la communauté. La mère est originaire de l'endroit, alors que sa fille travaillait dans un centre pour personnes du troisième âge situé au milieu du village.

Puisque cette année, le Relais pour la vie se tenait à cet endroit, Mme Guilbert a décidé de faire preuve de courage et de s'impliquer, en l'honneur de Laurence. «Je ne pouvais pas faire autrement. Avec le courage qu'elle nous a donné, nous n'avions pas le choix de le faire», souligne-t-elle.

Samedi, les lampions achetés en l'honneur de la jeune fille étaient nombreux autour du parcours, et certains avaient été placés en forme de coeur avec, au centre, des photos de Laurence. Malgré la difficulté de cette épreuve et les nombreux souvenirs qui remontaient à la surface, lorsque les 29 équipes ont amorcé leur marche d'une durée de 12 h, Nancy Guilbert était en mesure de sourire.

«M'apitoyer sur mon sort, elle n'aimerait vraiment pas me voir faire ça. Ma Laurence, elle voudrait que je sois ici aujourd'hui. C'est sûr qu'il y a des émotions, de l'adrénaline, mais je regarde en avant, pas en arrière. La force que j'ai, c'est ma fille qui me la donne. Je pense à ce qu'elle serait devenue. Regarder en arrière, ça ne me donnerait rien.»

On retrouve 89 Relais pour la vie au Québec, où se côtoient les survivants, vêtus en jaune, les aidants naturels, en orange, les membres des équipes qui ont amassé 1500 $, en blanc, et aussi plusieurs personnes qui viennent encourager ceux qui marcheront toute la nuit, à la lueur des 2000 luminaires. Nancy faisait partie de l'équipe des étoiles, dont la capitaine est sa cousine

«Les gens aiment beaucoup vivre l'événement. Les cérémonies sont touchantes, les gens peuvent se rassembler et vivre ce moment entre eux. Pour ceux qui ont eu le cancer, ça leur donne beaucoup d'énergie de venir ici un soir, voir les gens qui les appuient et qui amassent de l'argent pour le soutien et la recherche», mentionne Maude Paquette-Normandin, agente de développement de la Société canadienne du cancer.

Dans des Chenaux, avec un record de 29 équipes, l'objectif de 30 000 $ a facilement été atteint.

«Le décès de Laurence a beaucoup sensibilisé. Ça touche les gens de Saint-Maurice. Nous avons quinze équipes seulement de Saint-Maurice, c'est beaucoup», ajoute Mme Paquette-Normandin.

Même dans la classe de Frédérique, la soeur de 9 ans de Laurence, le départ prématuré de son aînée aura permis de sensibiliser les enfants à la cause. Plusieurs lanternes avaient été décorées par les élèves de l'école Val-Marie pour l'occasion, ce qui a aussi permis d'aborder le sujet de la maladie et de la mort.

«Ils ont demandé aux jeunes s'ils voulaient faire un dessin sur les lampions pour Laurence. Ils ont tous dit oui», raconte Mme Guilbert, qui ajoute que si le cancer ne l'avait pas frappée, Laurence aurait assurément participé au Relais pour la vie, elle qui ne reculait devant aucun défi. Ce sera maintenant à sa petite soeur de prendre le flambeau.

«Frédérique me demande si on va faire le Relais chaque année. Je lui ai répondu que nous allons continuer de le faire tant que tout le monde ne sera pas guéri du cancer», conclut sa maman.

Maskinongé: des marcheurs généreux

Les marcheurs de la 8e édition du Relais pour la vie de la MRC de Maskinongé ont fait preuve d'une générosité sans borne alors qu'ils ont amassé plus de 80 000 $, soit près de 18 000 $ de plus que l'an dernier. Cette année, ils ont été 26 équipes à se relayer pendant douze heures.

Heureusement, la température a été clémente pour les 288 marcheurs, ce qui n'était pas le cas dans les dernières années. «La température, pour une fois, était de notre côté. On a mangé la claque dans les six dernières années. Cette année, on était très satisfait», concède Julie Gadbois, agente de développement à la division de la Mauricie de la Société canadienne du cancer.

Malgré tout, le Relais de Maskinongé n'a jamais cessé de grossir, un succès dû à l'emplacement, soutient l'agente de développement. «Avec les années de déluge, en étant en dessous de la Place Canadel, les gens sont super confortables. Ça a l'air d'un petit village et ils sont au chaud et au sec», constate-t-elle. «Marcher sous la pluie, ça ne les dérange pas, mais camper sous la pluie, c'est ce qui rentre dans le corps des participants».

Ils étaient 68 à prendre part à la marche des survivants. Plus de 1300 luminaires ont été allumés pour éclairer le parcours des marcheurs. Certaines équipes du relais sont issues d'entreprises motivées qui souhaitent s'impliquer pour la cause. Julie Gadbois se réjouit de voir que deux nouvelles équipes corporatives se sont jointes au groupe pour cette édition. Souvent, c'est lorsque le cancer les touche que les gens se sentent mobilisés. «Malheureusement, ils ont beaucoup d'employés qui ont été touchés par la maladie alors ils ont décidé de former une équipe. Dans l'une d'elles, ils ont un collègue de travail qui en est décédé».

Déjà, on pense à la prochaine édition. «Il y en a déjà qui sont partis avec des fiches pour commencer à financer leur équipe pour 2017.»

Avec la collaboration de Laurie Noreau

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